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Ebola : Un coût économique

Crédit image: Flickr/ EU Humanitarian Aid and Civil Protection

Lecture rapide

  • Les économies des trois pays les plus touchés par l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest seront durement affectées

  • Le taux d'inflation, maîtrisé jusqu'ici, risque d'augmenter de manière exponentielle, en raison d'un sentiment de panique

  • Les conséquences économiques de l'épidémie peuvent être limitées en cas de réponse rapide pour contenir la maladie.

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Dans une étude sur les conséquences économiques de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, la Banque Mondiale affirme que le Liberia, la Guinée et la Sierra Leone, dont les économies étaient déjà fragiles, risquent de voir l’impact sur leur économie multiplié par huit, essentiellement en raison du facteur de peur et d’aversion qui paralyse les activités économiques.

L'étude précise que ces coûts peuvent être limités si les réponses nationales et internationales rapides parviennent à contenir l'épidémie et la peur de la contagion.

Selon l'institution financière, il importe de vite atténuer le niveau de peur et d’incertitude, en mettant en place le plus tôt possible un confinement adéquat.

L’analyse est basée sur deux scénarios alternatifs pour estimer l'impact à moyen terme de l'épidémie à la fin de l'année 2015 : un premier scénario optimiste construit autour d’un endiguement rapide dans les trois principaux pays et un second scénario pessimiste prenant en compte les données maximales des estimations épidémiologiques actuelles.

Inflation

Selon les données de la banque mondiale, les produits intérieurs bruts cumulés du Liberia, de la Guinée et de la Sierra Leone pourraient diminuer de 359 millions de dollars en 2014.

La baisse du produit intérieur brut (PIB) sera de 11,7 points de pourcentage au Liberia, 8,9  en Sierra Leone, beaucoup moins en Guinée (2,3).
 
John Panzer, directeur de la gestion macroéconomique et fiscale pour l'Afrique à la Banque Mondiale, a déclaré à SciDev.Net que "les estimations sont fondées sur des données collectées sur les activités économiques pour les six premiers mois de 2014 et sur des estimations concernant le 2e semestre 2014, sur la base des hypothèses concernant la performance sectorielle provenant d'indicateurs de substitution qui ont montré un ralentissement de l'économie."
 
Selon l'expert, "pour 2015, le ralentissement de la croissance déjà constaté a été maintenu, avec l'hypothèse que l'épidémie d'Ebola est jugulée vers la fin du premier trimestre de 2015 (scénario optimiste). Le scénario pessimiste a envisagé un plus grand nombre d'infections, un contrôle de la maladie beaucoup plus lent vers la fin de l'année 2015, et un ralentissement plus marqué de l'activité économique."
 
Les analyses concernent les principaux secteurs de l'économie de ces trois pays, notamment l'agriculture, la foresterie, l'exploitation minière, la manufacture et les services.
 
Les experts de la Banque Mondiale précisent que les estimations sont sujettes à beaucoup d'incertitudes, étant donné que l'épidémie continue de se développer.
 
Pour 2014, les marges d’erreur sont bien plus faibles alors que les estimations de l’année prochaine sont plus risquées, du fait de l'incertitude sur la maitrise de l'épidémie.
 
Pour le moment, la Banque Mondiale note que l'inflation a été longtemps maitrisée, mais est en train d'augmenter en réponse à des pénuries, des achats suscités par la panique et la spéculation.

"Les couches les plus pauvres des populations qui étaient déjà vulnérables aux chocs des prix alimentaires sont de plus en plus exposées", explique encore John Panzer.

"Les taux de change deviennent de plus en plus volatiles dans les pays touchés en raison de l'incertitude et de la fuite des capitaux".

Un résident de Monrovia joint par le bureau de SciDev.Net à Dakar, reconnait qu’il "devient de plus en plus difficile de s’approvisionner. Personnellement, par précaution, j’ai fait partir ma famille, ma femme et mes deux enfants, et je reste ici seul. Mais mon approvisionnement hebdomadaire me coûte deux fois plus cher. Tant que je suis en bonne santé et que j’ai les moyens de payer, cela ne fait nullement partie de mes préoccupations."


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