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  • Des chercheurs lancent le dépistage des virus à base de nano-particules

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[LE CAIRE] Une équipe de chercheurs égyptiens a remporté un prix pour avoir développé un test de l'hépatite C à base de nanoparticules d'or. Ce test pourrait devenir un moyen économique et rapide de dépistage des virus chez les personnes et dans les banques de sang.

Hassan Azzazy, chair du département de chimie à l'Université américaine du Caire (UAC), et son équipe, ont occupé la troisième place lors de l'Intel Global Challenge organisé à l'Université de Californie, Berkeley, aux Etats-Unis, le mois dernier (7-10 novembre), remportant US$ 10 000.

"Les nanoparticules sont des outils prometteurs pour le développement de la prochaine génération de tests de diagnostic en raison de leurs propriétés uniques", a déclaré Azzazy à SciDev.Net. Il affirme que les nanoparticules d'or présentent un phénomène connu sous le nom de détection par résonance plasmonique de surface, qui leur fait changer de couleur, passant du rouge vif au bleu quand elles s'agrègent. Le test fonctionne par l'ajout d'un agent cible qui se lie au matériel génétique viral, poussant les nanoparticules à s'agréger et à faire virer la solution au bleu.

Azzazy explique que "la détection conventionnelle de l'hépatite active C nécessite généralement deux tests qui prennent de trois à quatre jours et coûte environ US$ 78  par échantillon, alors que le test à base de nanoparticules d'or peut produire des résultats semblables en moins d'une heure et à un dixième de ce montant. Un gramme de tétrachlorure d'or coûte US$ 260 et est suffisant pour 10 000 échantillons".

D'après l'OMS, l'hépatite C infecte 200 millions de personnes dans le monde entier, mais est particulièrement répandue au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MOAN) où environ 9,2 millions de personnes en sont infectées. Pour la plupart des pays du MOAN, la prévalence se situe entre un et deux pour cent ; l'exception étant l'Egypte, où la prévalence atteint les 14 pour cent chez les adultes âgés de 15 à 60 ans.

"L'identification précoce et le traitement des patients infectés est essentielle pour réduire la transmission de la maladie, et un nouveau dosage biologique rapide et relativement bon marché sera d'un grand secours", se félicite Hala Gabr, professeur d'hématologie à l'Université du Caire.

Amr Aboul-Fotouh, enseignant de médecine tropicale et d'hépatologie à l'Université du Caire, note toutefois que "le test à base de nanoparticules d'or, aussi bon soit-il, n'est pas quantitatif et ne peut donc pas être utilisé pour traiter et suivre les patients, étant donné que pour cela, la quantité de virus doit être détectée par un test par PCR".

Il souligne que le nouveau dosage biologique pourrait être utilisé dans les banques de sang pour freiner l'hépatite C. "Nous avons constaté que le test de ce virus est positif chez près de 20 pour cent des donneurs de sang en Egypte", a-t-il poursuivi.

Sherif Shawky, un boursier en cycle de doctorat à l'UAC, et membre de l'équipe de recherche, a déclaré à SciDev.Net que cette technologie pourrait être adaptée pour détecter d'autres agents infectieux comme la tuberculose, ou être utilisée comme biomarqueur du cancer. Une entreprise dérivée, la NanoDiagX, a d'ailleurs été mise en place pour développer ces plates-formes de bio-nanotechnologie.

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