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Selon un rapport, les décès dus à la tuberculose pharmacorésistante coûtent aux économies mondiale et africaine au moins 17,8 milliards de dollars américains et 2 milliards de dollars américains par an respectivement, ce qui représente une perte anticipée en termes de production de biens et services.
 
Le rapport souligne le besoin urgent de s'attaquer à ce problème de santé, car l'économie mondiale perd également au moins 3 milliards de dollars par an, à cause des absences au travail.
 
Sept des pays les plus touchés, en proportion de la taille de leur économie, se trouvent en Afrique subsaharienne : Botswana, Comores, Mozambique, Namibie, Afrique du Sud, Zambie et Zimbabwe. 

“Nous avons les outils pour traiter et guérir la tuberculose à bacilles pharmacorésistants, il est donc impératif de nous concentrer sur la recherche de ces patients.”

Cat Oyler, Johnson & Johnson

« Pour chaque année de prévalence de cette maladie, ces pertes s'accumulent, ce qui pèse de plus en plus lourd sur les économies des pays les plus touchés », ajoute le rapport, publié le 7 mai. 
 
Le document indique qu'il y a eu 558.000 cas et 230.000 décès attribués à la tuberculose pharmacorésistante en 2017.

Figure TB 1
 

Selon Rob Cooke, directeur clinique de la société britannique Economist Intelligence Unit, qui a mené l'étude, ses conclusions sont le résultat d'une analyse documentaire, d'entretiens avec des experts et d'une estimation du nombre de personnes décédées en raison de la tuberculose pharmacorésistante et qui auraient pu contribuer à l'économie, si elles n'étaient pas décédées de manière prématurée en 2017.
 
L'étude, financée par l’entreprise pharmaceutique américaine Johnson & Johnson, a également estimé l’impact des absences au travail dues au traitement de la tuberculose multirésistante en 2018.


« Ces chiffres sont des estimations prudentes : ils ne prennent pas en compte les pertes liées aux quelque 400.000 personnes atteintes de cette maladie qui ne sont ni diagnostiquées ni traitées, ni aux 70.000 décès non documentés dus à une tuberculose pharmacorésistante », explique le rapport.
 
Cat Oyler, vice-président de la santé mondiale à Johnson & Johnson et spécialiste de la tuberculose, explique à SciDev.Net que la tuberculose pharmacorésistante contribue à un tiers des décès dus à la résistance aux antimicrobiens (la capacité des microbes tels que les bactéries et les virus à développer une résistance aux médicaments.)
 
« Nous avons les outils pour traiter et guérir la tuberculose à bacilles pharmacorésistants, il est donc impératif de nous concentrer sur la recherche de ces patients », a déclaré Cat Oyler à SciDev.Net.
 
« La tuberculose est une maladie aéroportée et une personne non traitée peut infecter 10 à 15 autres personnes au cours d'une année par le biais de contacts étroits entre personnes. »
 
Selon le rapport, la réponse mondiale en termes de ressources et de préparation ne suit pas la propagation de la menace. « Ce rapport fournit aux pays les preuves dont ils ont besoin pour envisager d'investir dans la tuberculose pharmacorésistante », a déclaré Cat Oyler.

Figure TB2

La tuberculose résistante affaiblit l'économie mondiale
 
Rob Cooke ajoute que les pays d'Afrique subsaharienne pourraient être les plus durement touchés par les pertes à venir, en termes de produit intérieur brut - la valeur totale des biens et services produits par un pays en une seule année -, à cause de la tuberculose pharmacorésistante.
 
« Par exemple, les pertes futures dues à la tuberculose à bacilles pharmaco-résistants au Zimbabwe sont les plus importantes en termes relatifs, représentant 0,21% de son produit intérieur brut en 2017 », explique Rob Cooke.
 
Steve Wandiga, chargé de recherche principal au Kenya Medical Research Institute, a déclaré que l'Afrique ne disposait pas des ressources nécessaires pour identifier activement les personnes atteintes de tuberculose pharmaco-résistante aux fins d'interventions, ajoutant que la mise en place de centres de soutien aux patients pour des maladies spécifiques plutôt qu'une approche intégrée aggrave également le problème.
 
Les technologies médicales modernes telles que Gene Expert - un petit appareil de test de diagnostic automatisé permettant d’identifier Mycobacterium tuberculosis et la résistance - qui donnent des résultats en deux heures font également largement défaut.
 
Mais là où il existe peu de technologies de ce type, il existe des problèmes, notamment le manque d’électricité, en particulier dans les zones rurales d’Afrique, selon Steve Wandiga.
 
« Nous manquons de personnel, les suivis sont inadéquats et très peu d'ambulanciers paramédicaux complètent les tâches des médecins et des infirmières, en particulier chez les patients difficiles à atteindre », explique encore Steve Wandiga.
 
« Nous devons savoir où nous en sommes et où aller du point de vue des politiques, ce qui est extrêmement urgent. Nous devons investir dans des outils de traitement, surveiller les résultats du traitement et investir davantage de fonds dans la prévention, le contrôle et le traitement de la tuberculose ».

Références

Appel à l’action: il est temps de mettre fin à la tuberculose résistante aux médicaments (The Economist Intelligence Unit, mai 2019)

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