Rapprocher la science et le développement

  • La crise kenyane déstabilise la science en Afrique de l'Est

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La violence qui continue à secouer le Kenya à la suite de l’élection litigieuse du mois de décembre dernier a porté un coup sévère au développement scientifique de ce pays – qui abrite de nombreuses institutions internationales de recherche – et de la région de l’Afrique de l’Est en général.

Les directions logistiques des projets scientifiques du Burundi, de certaines parties de l’est de la République Démocratique du Congo, du Rwanda, du sud Soudan et de l’Ouganda sont concernées par ce phénomène

En raison des nouvelles marches de protestation de l’opposition prévues cette semaine, plusieurs universités et instituts de recherche kenyans ont reporté leur réouverture après les congés de Noël.

Masinde Muliro, l’université de science et de technologie de Kakamega, une ville de l’ouest du pays – où six personnes sont mortes des suites de blessures par balles, où des maisons ont été incendiées et où les commerces se sont trouvés à court de produits de première nécessité – reste fermée.

La recherche agricole et zootechnique a été perturbée à l’université Arap Moi, dans la ville de Eldoret, dans la province de la Vallée du Rift – considérée comme la région la plus gravement affectée par les violences.

John Simiyu, chef de la section des secours d’urgence à l’hôpital universitaire d’Arap Moi, et membre de l’université, a déclaré que plus de 325 patients ont été admis pour des blessures liées aux violences.

Miriam Gaceri Kinyua, une enseignante en agriculture à l’université Arap Moi, a déclaré au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net) que si les violences qui ont suivi les élections ont contraint des scientifiques travaillant et vivant dans des zones touchées à partir, les projets de recherche sur le terrain entrepris par l’université n’ont pas été affectés jusqu’à présent. Elle a toutefois relevé que les efforts pour trouver des financements pour des projets futurs sont à ce jour compromis en raison des violences.

“Si le désordre n’a pas mis nos projets en péril, il a néanmoins entravé le fonctionnement normal de nos programmes de recherche », affirme Kinyua, qui a dirigé les projets de l’Institut de recherche agricole du Kenya (KARI) pour la mise au point de variétés de blé résistantes à la rouille, sur le terrain à Njoro - ville qui a été durement touchée par les affrontements entre les partisans des deux camps.

Catherine Mgendi, du bureau de Nairobi du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), a déclaré que si leurs chercheurs ont repoussé la date de reprise de leurs activités, aucun projet de recherche n’a été abandonné et aucun chercheur n’a été blessé. Elle espère une reprise totale des activités dès que le calme sera revenu.

Toutefois, le travail a été sérieusement perturbé à l’Institut de recherches médicales du Kenya qui jouxte Kibera, un quartier pauvre de Nairobi – lieu de résidence des milliers de partisans de l’opposition, et autre zone durement touchée dans un premier temps par la violence et par la suite, par l’apparition de maladies. 

Les projets de recherche devraient théoriquement reprendre sur tout le territoire kenyan après l’annonce de la nomination de Noah Wekesa au poste de ministre de la science et de la technologie dans le gouvernement actuel, un poste qu’il a occupé avant les élections.

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