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Burkina Faso: la biotechnologie doit beaucoup à la société civile

Crédit image: Flickr/CIFOR

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26/07/13

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Mićo Tatalović
Nottingham, Angleterre

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[NOTTINGHAM] Telle est la conclusion de la recherche présentée lors de l’édition 2013 de la Conférence Science in Public, par Evelyne Compaoré, chercheur à l’université de Nottingham, qui a été cette semaine (22-23 juillet) l’hôte de cette rencontre.
 
Mme Compaoré a évoqué le rôle des organisations de la société civile en matière d’innovation et de développement au Burkina Faso, à travers une étude de cas: l'introduction du coton transgénique Bt, réputé pour sa résistance aux ravageurs.
 
Le Burkina a été le premier pays d'Afrique de l’Ouest à adopter les technologies transgéniques, explique Evelyne Compaoré, mais il l'a fait dans un premier temps de façon discrète.
 
Les dégâts causés par les ravageurs, ainsi que la mise au point, à la fin des années 1990 par la firme Monsanto de variétés résistantes de coton, ont conduit le gouvernement à entamer en secret dès 2000 des essais sur le terrain.
 
Ces essais n’ont été rendus publics qu’en 2003, avant la commercialisation des graines de coton transgénique, à partir de 2008.
 
 Les organisations de la société civile avaient été informées de ces essais par hasard, lors d’une conférence au Sénégal, où les résultats de la recherche ont été discutés, explique Mme Compaoré.
 
La nouvelle avait poussé la société civile à lancer une campagne de grande ampleur en faveur d’un cadre réglementaire pour les technologies OGM.  En 2004, le gouvernement burkinabé mettait en place une série de règles encadrant l’utilisation de ces technologies et autorisait, par la même occasion, la commercialisation de semences  transgéniques.
 
Les manifestations de la société civile ont donc contribué à accélérer l'adoption de règles en matière de biotechnologie, explique encore Mme Compaoré. 
 
Toutefois, les organisations de la société civile n'ont pas protesté parce qu'elles s'opposaient à la technologie, mais parce qu'elles luttaient pour le principe d’une “innovation sûre”, assure-t-elle.
 
"Elles ne sont pas contre l'innovation,elles sont favorables à une innovation qui respecte les principes de précaution», a-t-elle déclaré à SciDev.Net.
 
L'accent mis par la société civile sur les implications de la biotechnologie pour la santé, les politiques publiques et l'éthique signifie aussi qu'elle n'a pas eu beaucoup d'influence sur la façon dont les avantages de cette technologie ont été présentés aux agriculteurs.
 
Conséquence: les producteurs de coton vivent à présent dans un monde dans lequel leurs semences proviennent  exclusivement de Monsanto; de plus, ils comptent pour l'ensemble de leurs besoins connexes, tels que les pesticides, sur une seule et même entreprise, avec peu de solutions de rechange, déplore Mme Compaoré.
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