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  • Djibouti rejoint le club des producteurs d'énergie géothermique

Flickr/worldbank

Lecture rapide

  • Des projets géothermiques sont prévus ou en exécution dans des pays comme Djibouti

  • Ils contribueront à la mise en œuvre de la stratégie de croissance verte de la Banque africaine de développement

  • Les partenariats entre les secteurs public et privé constituent le moyen de financement de ces projets coûteux

[NAIROBI] La Banque africaine de développement (BAD) met l’accent sur l'énergie géothermique en tant qu’un moyen non seulement d'aider à répondre aux besoins énergétiques des pays de la Corne de l'Afrique et de la Vallée du Rift, mais également comme faisant partie du programme de ‘croissance verte’ dans sa stratégie 2013-2022 pour la transformation de l’Afrique.
 
Des projets sont en cours ou prévus aux Comores, en Ethiopie, au Kenya et actuellement à Djibouti, où le potentiel d'énergie géothermique de la région du Lac Assal de ce pays, qui se trouve dans la vallée du Rift, est à l'étude. La Banque estime que cette région a le potentiel pour produire jusqu'à 200 mégawatts d'énergie géothermique, et injecte US$ 7,5 millions  dans le financement du projet.

Au total, la vallée du Rift pourrait produire jusqu'à 14 000 mégawatts d'énergie géothermique, un type d'énergie propre, renouvelable dont la banque finance l'exploitation.

"Les pays de la région pourraient satisfaire leur demande d'électricité en exploitant des solutions géothermiques", a affirmé Youssef Arfaoui, spécialiste en chef des énergies renouvelables auprès de la banque.

"La stratégie de la BAD pour 2013-2022 sera axée sur le soutien à la transition de l'Afrique vers une croissance verte, en assurant l'accès à des énergies modernes et une voie de la croissance à plus faible émission de carbone et à l’épreuve des changements climatiques", a déclaré Arfaoui à SciDev.Net, ajoutant que la banque s'est engagée à promouvoir l'utilisation accrue de sources d'énergie propres.

La production d'énergie sur le lac Assal pourrait commencer en 2018 pour un coût de US$ 240 millions, générant 40 à 60 mégawatts. La BAD recommande que les partenariats entre les secteurs public et privé développent ces projets d'énergie en raison de leurs coûts élevés, une opinion partagée par l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) dont le siège se trouve à Abu Dhabi.

"L'exploration et le forage d'évaluation sont risqués et coûteux. Les pays africains doivent développer des mécanismes de financement pour réaliser des investissements dans ce secteur viable. Les gouvernements et les partenaires de la région sont en train de constituer  des mécanismes d'atténuation des risques", a laissé entendre Frank Wouters, le directeur général adjoint de l’IRENA.

L'agence est d'accord avec la BAD sur le fait que la vallée du Rift a un potentiel qui devrait être exploité. "Les pays africains, de la Grande vallée du Rift possèdent d'importantes ressources géothermiques, inexploitées en grande partie, qui peuvent produire de l'électricité de manière fiable et à un faible coût, comme le fait déjà le Kenya", a déclaré Wouters à SciDev.Net.

Il a relevé que Djibouti pourrait réduire ses importations coûteuses de combustibles fossiles en utilisant des sources d'énergie renouvelables telles que l'énergie géothermique.

La BAD a au cours des deux dernières années consacré près de 60 pour cent de son financement de l'énergie aux énergies renouvelables, dont l'énergie géothermique.

Une partie dudit financement provient du Fonds des énergies durables pour l'Afrique, qui est administré par la BAD et qui compte actuellement deux principaux bailleurs de fonds que sont l’USAID et le gouvernement danois.

Cet article est une production de la rédaction Afrique sub-saharienne de SciDev.Net.