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  • Les scientifiques unis pour l'examen des terres arides à Rio+20

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[NIAMEY/RIO DE JANEIRO] Des chercheurs et des décideurs venant d'Afrique, d'Argentine, du Brésil et de France ont demandé une meilleure coopération scientifique et le renforcement des capacités dans les zones arides pour les faire figurer à l'ordre du jour de la conférence des Nations unies Rio +20 de l'année prochaine.

Les participants à la conférence sur la lutte contre la désertification en Afrique, qui s'est tenue au Niger (24-25 octobre). ont invité les dirigeants de la planète qui prendront part à la Conférence des Nations unies sur le développement durable, Rio +20, en juin 2012, à prendre des décisions novatrices pour promouvoir le développement durable dans les régions de terres arides – qui abritent jusqu'à deux milliards de personnes.

La 'Déclaration de Niamey', adoptée lors de la conférence, vise à inscrire la problématique des terres arides à l'ordre du jour de Rio+20, a déclaré Tahirou Amadou, le porte-parole de l'Institut français de recherche et développement (IRD) du Niger, à SciDev.Net. Il a laissé entendre que cette déclaration sera intégrée dans les réunions préparatoires au sommet.

La déclaration recommande la mise en place de politiques qui garantiraient l'écologisation de l'économie à travers le développement durable, y compris l'utilisation accrue des énergies renouvelables.

"Les efforts visant à améliorer la coopération scientifique consacrée aux zones arides devraient être encouragés à tous les niveaux", dit-elle, soulignant la nécessité d'une recherche interdisciplinaire -- dans les domaines de la désertification, de la sécheresse et de la dégradation des sols -- qui prenne en compte les questions sociales, économiques et environnementales.

Cela pourrait être réalisé par la mise en place d'initiatives de recherche locales et de centres régionaux d'excellence, la construction de nouveaux réseaux et d'observatoires, par un meilleur partage des données scientifiques et leur utilisation par les décideurs.

Les activités de recherche devraient contribuer à renforcer l'expertise locale, affirme la déclaration, et ne pas être limitée à la production de publications scientifiques, mais également à produire des résultats qui pourraient être utilisés directement par les décideurs et les autres parties prenantes.

La déclaration appelle également à plus de coopération Sud-Sud et tripartite, à une meilleure gouvernance qui utiliserait les connaissances traditionnelles et renforcerait l'autonomie des populations locales tout en renforçant la coopération régionale ; et à une meilleure communication entre les scientifiques, les décideurs, l'industrie et les groupes civils, ainsi qu'à de nouvelles stratégies pour mieux surveiller les actions contre la désertification.

Koffi Clément, un enseignant au département de la biodiversité à l'Université d'Abobo-Adjamé, en Côte d'Ivoire, a déclaré que la déclaration était un signal adressé aux scientifiques, aux décideurs et aux institutions. "Nous espérons que les recommandations seront appliquées pour une réelle efficacité dans la lutte contre la désertification en Afrique", a-t-il dit.

Esther Bemerguy de Albuquerque, la secrétaire du Conseil du développement économique et social, au Brésil, qui a pris part à cette conférence, a déclaré: "Le Brésil a un grand intérêt pour cette coalition, parce que [les terres arides] représentent 11 pour cent du territoire brésilien".

"Nous espérons que les recommandations de la déclaration serviront de base pour les discussions au sommet Rio+20 qui vise à renouveler la compréhension globale des objectifs et des stratégies pour donner un nouvel élan aux efforts internationaux de lutte contre la désertification, la dégradation des sols et les effets de la sécheresse dans la perspective du développement durable".

Au tout début de cette année, le Qatar a lancé l'Alliance mondiale des régions arides, qui devrait permettre aux Etats membres de mettre en commun leurs efforts de recherche au service du renforcement de la sécurité alimentaire dans les pays arides.

La conférence de Niamey a été organisée par l'Union africaine, l'Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte, en collaboration avec l'Institut français de recherche pour le développement et le Centre brésilien d'études stratégiques et de gestion. Ces deux derniers ont inclus les recommandations de la déclaration dans leurs observations sur le projet de document pour le sommet de Rio+20.

Lien vers la 'Déclaration de Niamey'  [217KB]

Rapports supplémentaires par Luís Amorim.

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