10/07/19

Générer des preuves pour contrer la pollution intérieure

Woman cooking in her kitchen
Femme utilisant du bois de chauffage pour préparer un repas pour sa famille. Crédit image: K. Trautmann/CCAFS,CC BY-NC-SA 2.0

Lecture rapide

  • Environ 80% des habitants d'Afrique subsaharienne cuisinent avec des combustibles solides
  • Mais ces sources d'énergie contribuent à la pollution atmosphérique et ont des effets néfastes sur la santé
  • Les scientifiques appellent les décideurs africains à s'attaquer de front au problème

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Des scientifiques appellent les pays africains à redoubler d'efforts pour mettre au point des systèmes de surveillance et des inventaires d'émissions afin de générer des données factuelles permettant de lutter contre la pollution de l'air causée par les ménages.
 
Selon l’OMS, les maladies imputables à la pollution atmosphérique des ménages contribuent à près de quatre millions de décès prématurés dans le monde chaque année, la plupart survenant dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
 
Mais les scientifiques estiment que l'absence de surveillance adéquate de la qualité de l'air en Afrique subsaharienne sous-estime la part de la pollution atmosphérique intérieure dans l'évaluation du nombre de décès dus à des maladies telles que l'asthme et la pneumonie.
 
« La pollution de l’air tue, tout comme le paludisme et l’eau potable d'origine douteuse. Il est important d’éviter les décès imputables à la pollution de l’air, en surveillant la qualité de l’air et en utilisant les données pour éclairer les politiques de lutte contre la pollution de l’air », déclare Adeladza Kofi Amegah, maître de conférences à l’Université de Cape Coast, au Ghana, dans une interview avec SciDev.Net.
 
« Les gouvernements africains devraient investir massivement dans le contrôle de la pollution de l'air, en se dotant d'instruments de surveillance réglementaires ultramodernes pour évaluer la qualité de l'air dans toutes les zones urbaines. »

“Les gouvernements africains devraient investir massivement dans le contrôle de la pollution de l'air, en se dotant d'instruments de surveillance réglementaires ultramodernes pour évaluer la qualité de l'air dans toutes les zones urbaines.”

Adeladza Kofi Amegah, Université de Cape Coast

Adeladza Kofi Amegah, responsable des évaluations de l'exposition à la pollution atmosphérique, ajoute que les conclusions d'un rapport publié le 30 mai dernier, selon lequel la pollution atmosphérique des ménages est à l'origine de près de 65% des émissions de polluants atmosphériques primaires au Ghana, devraient inciter les décideurs et les chercheurs à agir.
 
Selon le rapport publié par le Health Effects Institute, basé aux États-Unis, 80% de la population de l'Afrique subsaharienne utilisent des combustibles solides tels que la biomasse, le bois et le charbon de bois, mais une évaluation complète de la manière dont ces combustibles contribuent à la pollution de l'air dans la région fait défaut.
 
Le rapport formule des recommandations pour améliorer les estimations des impacts de la pollution atmosphérique des ménages sur les résultats pour la santé au Ghana.
 
« Alors que le Ghana est relativement riche en données et études, comparativement à d’autres pays de la région, les inventaires d’émissions sont limités, en particulier dans les zones rurales », indique le rapport.
 
« Il est essentiel de développer des facteurs d'activité précis (nombre de véhicules, y compris les motos, types de véhicules, qualité des véhicules, qualité du carburant, nombre et capacité des groupes électrogènes et du carburant utilisé) afin de développer des inventaires d'émissions. »
 
Pallavi Pant, co-auteur du rapport et scientifique en environnement au Health Effects Institute, a notamment de grandes perspectives en matière d'utilisation de capteurs émergents peu coûteux pour évaluer périodiquement la pollution atmosphérique des ménages.
 
« De tels efforts pourraient promouvoir la coopération entre les pays de la région, au lieu de se concentrer sur des analyses spécifiques à une ville ou à un pays dans la lutte contre la pollution atmosphérique des ménages », explique Pallavi Pant.
 
Allison Felix Hughes, chargée de cours au département de physique de l'Université du Ghana et membre du groupe de travail sur la pollution atmosphérique des ménages, qui a rédigé le rapport, a déclaré à SciDev.Net que les décideurs devraient subventionner le prix du gaz de pétrole liquéfié au profit des utilisateurs à faible revenu, afin de leur permettre de réduire la dépendance excessive à l'égard des combustibles solides, ajoutant qu'au Ghana, un kilogramme de gaz de pétrole liquéfié coûte environ trois cédis ghanéens (près de 60 cents américains).

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