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Faut-il suspendre l’interdiction du commerce d’ivoire?

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La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) se réunit à partir du 24 septembre à Johannesburg.
 
Elle devrait se pencher, entre autres, sur la demande de plusieurs pays de suspendre l’interdiction internationale du commerce d’ivoire, dans le but de continuer d’assurer la protection des éléphants, grâce aux revenus issus du commerce.
 
Mais les organismes de bienfaisance et les experts affirment que toute vente mettra une valeur sur toutes les défenses, ce qui expose les animaux à un risque de braconnage et, à terme, d’extinction.
 
Ceux qui sont en faveur du commerce légalisé estiment qu’une augmentation de l'offre d'ivoire fera baisser les prix et découragera les braconniers.
 
Ils estiment en outre que les bénéfices issus de la vente des stocks d'ivoire est une source possible de revenus durables pour les programmes de conservation et de lutte contre le braconnage.
 
Toutefois, une étude publiée cette année indique que lorsque la Namibie, le Zimbabwe, le Botswana et l'Afrique du Sud ont été autorisés à vendre plus de 100 tonnes d'ivoire au Japon et à la Chine en 2008, la contrebande d'ivoire illégale de l'Afrique a augmenté à un rythme stupéfiant de 71%.
 
A l'époque, le Japon et la Chine s’étaient entendus pour maintenir le prix de l'ivoire à un bas niveau sur le marché international, tout en le revendant à des prix élevés au niveau national.
 
Sur la base de cette expérience, des ventes d'ivoire supplémentaires menaceraient de pousser les populations d'éléphants au bord de l'extinction.
 
Sur une population de 300.000 à 630.000 éléphants, 33.000 sont tués chaque année par les braconneurs.
 
Faut-il suspendre l’interdiction du commerce international d’ivoire?
 
Ci-après quelques déclarations fortes à la veille de la réunion de la CITES, à Johannesburg.
 
 Charlie Mayhew
 
"Nous croyons fermement que l'interdiction à l'échelle internationale de l'ivoire doit rester en place indéfiniment, et que toute mesure de réouverture potentielle du commerce doit donc être bloquée, car cela stimulerait davantage le braconnage et accélérerait la disparition des éléphants. Nous pensons qu'un message clair doit être communiqué au monde entier que les éléphants sont protégés à l'échelle mondiale et que l'achat d'ivoire n'est plus socialement acceptable."
 
 
Oppah

"En l'absence d’une sécurité financière ou d’une valeur ajoutée, l'éléphant sera perçu à raison comme un ravageur vexant et omniprésent."
 
Shakir Jeeva
 
"Au Cameroun, la population restante d’éléphants est inférieure à 150 et les écologistes prédisent la possibilité d’une extinction totale.
 
Ce qui est profondément problématique est que les scientifiques estiment que si le taux actuel de braconnage est maintenu, il y a une forte possibilité que 50% de la population d'éléphants de l'Afrique disparaisse.
 
Or en Afrique australe, les tueries illégales ne dépassent pas les morts naturelles. Ces pays ont effectivement mis les ressources provenant de la vente des stocks d'ivoire à contribution pour appuyer des initiatives de conservation et de lutte contre le braconnage."

David Lusseau Banner 

"Nous devons trouver une solution durable à l’exploitation des éléphants. Pour le faire, nous devons mieux comprendre le comportement des consommateurs d’ivoire, explorer les alternatives et trouver des moyens de contrôler la demande. Un marché de l’ivoire n’est pas la solution à ces problèmes."

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