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[COTONOU] Réunis à l’initiative de l’Association pour l’innovation professionnelle et le développement professionnel (AIPDP), les participants à un colloque organisé à Cotonou ont noté que l’approche par compétences introduite dans les systèmes éducatifs africains depuis près de deux décennies, a « presque échoué ».
 
La raison, selon Christian da Silva, vice-président de l’AIPDP-Bénin, tient au fait que « les enseignants ont tout simplement transmis la connaissance, mais ils n’ont souvent pas transmis la compétence ». 

“Le numérique en lui-même n’est pas la solution. Il ne viendrait qu’en appui ou accompagnant une solution, une initiative voire une décision politique.”

Lionel Dossou - directeur technique de l’Agence béninoise du service universel des communications électroniques et de la poste (ABSU-CEP)

« A quoi sert-il de former des gens nantis de diplômes, mais qui ne sont pas efficaces sur le marché de l’emploi, car sans compétence ? », s’interroge par la suite Christian da Silva.
 
Selon un état des lieux présenté par l’AIPDP, « malgré de nombreuses actions entreprises en faveur de la formation technique et professionnelle en Afrique, les programmes de formation demeurent inadaptés à l’évolution technologique et scientifique. Malheureusement, cette situation déplorable favorise la formation au rabais des formateurs et contribue au développement perpétuel de l’inadéquation formation-emploi. »
 
Dans la mise en œuvre de l’approche par compétence en Afrique, « il y a un véritable problème de formation des formateurs », selon le président de l’AIPDP, Justin Ngoya.
 
Les principaux constats concernent, entre autres, l’insuffisance de l’outillage des formateurs, le choix des formateurs, leur recrutement, etc.
 
 « Pour former, il faut déjà avoir été formé soi-même », insiste Justin Ngoya.

Apprendre à apprendre et non donner la compétence

 
L’inspecteur pédagogique de second degré Lucien Kokou, soutient par exemple qu’il faut revoir la formation des formateurs et créer un environnement convenable pour l’auto-emploi et la promotion de la diversification de l’offre de formation.

Dans cette approche, il ne s’agit plus d’aborder les apprentissages de manière séparée, mais plutôt de façon intégrée, en insistant sur la capacité de l’étudiant à combiner les ressources qu’il acquiert au cours de sa formation, pour agir efficacement dans un contexte professionnel donné.
 
Il a été répété tout au long du colloque que « le rôle de l’enseignant, désormais, c’est d’apprendre à apprendre plutôt que de donner la connaissance ».
 
Il s’agit d’aller plus loin que les connaissances déclaratives, en forgeant des compétences et de répondre au profil pédagogique clairement défini par l’approche par compétences dès le départ : former des citoyens autonomes, capables de se prendre en charge et capables de créer des emplois.
 

Le numérique, une compétence transversale

 
Etant donné que les institutions de formation doivent proposer les formations les mieux adaptées qui amènent les apprenants à développer des compétences, conformément aux réalités africaines du 21e siècle, il est quasi impossible de concevoir des curricula de formation efficace sans y intégrer l’évolution technologique que constitue le numérique.
 
Les plus grands défis sont alors liés à l’évolution de la technologie et de la communication.
 
Mais comme l’a souligné l’expert canadien en TIC, Robert Proulx, « aucune stratégie d’éducation par internet ne peut réussir sans une infrastructure adéquate et l’accès aux ressources ».
 
D’où les défis liés à la fracture géographique qui défavorise par exemple les unités pédagogiques des régions enclavées ou éloignées des centres de décision ; ceux liés au coût des infrastructures et bien entendu, ceux liés à la formation des formateurs.
 
Plusieurs pays (le Bénin, par exemple) ont initié des programmes pilotes comme la classe numérique facilitant l’accès des apprenants à l’infrastructure numérique.
 
Le directeur technique de l’Agence béninoise du service universel des communications électroniques et de la poste (ABSU-CEP), Lionel Dossou, insiste sur la double-nécessité du matériel numérique (ordinateurs et connexion internet) et du contenu pédagogique.
 
Le technicien béninois relève une nuance : « Le numérique en lui-même n’est pas la solution. Il ne viendrait qu’en appui ou accompagnant une solution, une initiative voire une décision politique ».
 
Le président de l’AIPD, Justin Ngoya, estime pour sa part que « le numérique fait partie aujourd’hui des compétences transversales indispensables pour l’adéquation formation/emploi ».
 

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