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Les TIC au service du développement durable en Afrique
  • Les TIC au service du développement durable en Afrique

Crédit image: Adam 121

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  • L’Internet et les TIC offrent des opportunités uniques pour les ODD

  • Tout aussi important est le nombre de jeunes en ligne – 830 millions

  • Selon l’UIT, ces deux facteurs combinés offrent un socle solide pour le développement

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Selon le dernier rapport de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), les nouvelles technologies de l’information offrent à l’Afrique une opportunité unique d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).
 
Au regard de l’interconnexion des mécanismes de développement, l’Internet constitue un moyen fiable, selon l’organisation, d’avoir accès, non seulement aux informations, mais aussi à des applications permettant d’agir efficacement à la fois aux plans économique, politique, social et culturel.  
 
Ivan Vallejo Vall, analyste de marché de la division des statistiques de l’UIT, est l’un des experts ayant participé à la réalisation du rapport 2017 de l’organisation.
 
Il précise à SciDev.Net que sur le plan agricole par exemple, "la connectivité peut donner accès à des informations susceptibles d’être ensuite transférées par messagerie (SMS) pour une meilleure exploitation".
 
Entre autres informations susceptibles d’être partagées, figurent les prix des marchandises, les coûts des matières premières et l’emplacement des marchés où se font des échanges spécifiques de produits. 

“Internet est aujourd’hui un maillon clé du développement comme l’était l’électricité il y a quelques années, ou même aujourd’hui encore, dans certains pays en développement.”

Ivan Vallejo Vall
UIT

 
"Internet est aujourd’hui un maillon clé du développement comme l’était l’électricité il y a quelques années, ou même aujourd’hui encore dans certains pays en développement", renchérit-il, en soulignant qu’il offre "l’accès aux informations basiques sur la santé et les produits agricoles, surtout dans les zones rurales, la plupart éloignées des grande villes". 
 
Fatimatou Isso est comptable à New York et promotrice d’un verger dans le Nord-Est du Bénin, sa région d’origine.
 
En plus des conseils qu’elle prend sur place pour développer ses activités agricoles, l’Internet est sa meilleure référence en ce qui concerne le choix des engrais et des pesticides.
 
"C’est vrai que j’ai des gens sur place qui font le travail et qui me conseillent. Mais je vais toujours sur Internet, non seulement pour vérifier ce qu’ils me disent, mais aussi pour m’informer d'éventuelles autres possibilités qui existent".
 
Il en est de même de Boubacar Fofana, mécanicien de formation et propriétaire d’un poulailler à Abidjan, en Côte d’Ivoire. "Moi j’achète même parfois en ligne certains produits qui entrent dans la composition des nourritures de volailles que j’envoie à Abidjan. Et ça marche", confie-t-il.   
 
Dans le domaine de l’éducation, le rôle que joue l’Internet n’est plus à démontrer, se félicite pour sa part Leonard Wantchekon, professeur des sciences politiques et économiques à l’université de Princeton dans l’Etat du New Jersey aux Etats-Unis.
 
"Non seulement il facilite les recherches, mais il permet aussi désormais aux étudiants de suivre des cours à distance sans forcément se rendre physiquement sur un campus", estime-t-il.  
 
Disparités entre hommes et femmes
 
L’étude révèle par ailleurs une grande disparité entre les hommes et les femmes dans l’utilisation des technologies de l’information et de la communication, notamment l’accès à l'Internet.
 
Au plan mondial, 51% des hommes utilisent l’Internet, contre 45% des femmes.
 
Cet écart est assez prononcé au niveau africain : 25% d’hommes contre 19% de femmes, à l’exception du Botswana et du Swaziland. 
 
Pour remédier à cette situation, il faudrait mettre en place, selon Ivan Vallejo Vall, une politique d’éducation inclusive à partir de laquelle, les femmes seraient aussi au centre des intérêts du développement. 
 
Enfin, l’UIT révèle dans son rapport 2017 que les jeunes restent les premiers utilisateurs de l'Internet dans le monde.
 
Selon l'étude, 830 millions de jeunes sont en ligne, ce qui représente plus de 80% des jeunes de 104 pays.
 
En Afrique, le pourcentage de la jeunesse en ligne est de 44%.
 
Le document souligne aussi que le nombre d'abonnements aux réseaux mobiles à large bande devrait s'établir à 4,3 milliards, avec une présence active sur Internet des jeunes Africains évaluée à 44%.
 
La publication, intitulée "Faits et chiffres sur les TIC pour 2017" fait également apparaître une forte progression de l'accès aux réseaux large bande, ainsi que du nombre d'abonnements.
 
Dans les pays en développement, environ 35% d'internautes sont âgés de 15 à 24 ans, contre 13% dans les pays développés et 23% dans l’ensemble du monde.
 
L’Afrique à elle seule compte 44% sur un taux global de 22%, une opportunité dont le continent peut se servir pour renforcer son développement, selon les Nations Unies.
 
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