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L’Afrique face aux ravages de la cybercriminalité
  • L’Afrique face aux ravages de la cybercriminalité

Crédit image: Flickr / Intel Free Press

Lecture rapide

  • Les pertes provoquées par les cyberattaques s’élèvent à 500 milliards de dollars

  • En 2015, la Côte d’Ivoire a perdu quatre milliards de FCFA du fait de ce fléau

  • Les pays d’Afrique sont appelés à mutualiser leurs efforts pour la cybersécurité

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"On dénombre en moyenne aujourd’hui 110 cyberattaques réussies par jour dans le monde et le coût des cyberattaques est estimé de nos jours à près de 500 milliards de dollars américains, des chiffres proches de ceux du trafic de la drogue". Ces chiffres sont du lieutenant de Vaisseau Julien Dechanet, des Éléments français au Sénégal (EFS).

L'intéressé s’exprimait à l’occasion de la troisième édition des SecurityDays, un forum qui a rassemblé du 15 au 16 mars 2016 à Dakar (Sénégal) les experts militaires et civils, les décideurs et autres chefs d’entreprises, afin de discuter de la problématique liée à la cybersécurité en Afrique.
 
Un fléau qui est à l’origine d’un préjudice de près de quatre milliards de francs CFA en 2015 à la république de Côte d’Ivoire, comme le souligne Philipe Kouamé, conseiller technique de l’autorité de régulation des télécommunications de Cote d’Ivoire.
 
Face à ces constats, cette édition des SecurityDays qui a eu le soutien de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI française) et de l’Agence de l’informatique de l’état (ADIE) du Sénégal, a porté plus précisément sur la cybersécurité et la confiance numérique.
 
Les nombreux échanges en sessions et en plénières ont montré que face à cette situation, les Etats africains ont pris conscience de la nécessité d’avoir un cyberespace sécurisé.
 
Ils sont aussi arrivés à la conclusion qu’avec l’essor numérique que connaît actuellement l’Afrique, la frontière est très étroite entre les nombreuses opportunités économiques et les risques ou cybermenaces y afférents.
 

“Le combat contre le terrorisme se livre et se gagne aussi dans le cyberespace”

Abdoulaye Daouda Diallo,
ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Sénégal


En effet, les décideurs semblent avoir très tôt mesuré l’ampleur des cybermenaces qui s’étendent à tous les niveaux, en particulier à la vue des nombreuses crises qui frappent actuellement le continent et qui font le quotidien des états ; référence faite au terrorisme.
 
"Le combat contre le terrorisme se livre et se gagne aussi dans le cyberespace", indique à ce titre Abdoulaye Daouda Diallo, ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique du Sénégal.
 
A sa suite, la plupart les participants estiment qu’avec le fort taux de pénétration d’internet que connaît l’Afrique, les cybermenaces sont omniprésentes.
 
Dès lors, "à l’ère du big data et de la dématérialisation sans cesse croissante des procédés en Afrique, acquérir une confiance numérique est plus qu’une obligation pour tout système qui se veut performant", estime Gabrielle Eve Sokeng, l’une des intervenantes.
 
Le souci de la formalisation et de l’établissement d’un cadre juridique régissant le cyberespace africain constituait l’un des principaux objectifs de ces SécurityDays.

Mutualiser les efforts
 
C’est ainsi qu’à l’issue de l’une des sessions, il y a eu la signature d’un protocole d’accord pour établir un cadre d’échanges de bons procédés entre l’ADIE et l’ANSSI.
 
La signature de ce protocole d’accord intervient dans le cadre de la mise en place d’une stratégie nationale pour lutter plus efficacement contre ce fléau qui gangrène l’environnement économique africain.
 
Aussi, du fait qu’il n’existe point de frontières dans le cyberespace, les états africains sont-ils appelés à mutualiser leurs efforts pour garantir la cybersécurité.
 
D’où l’importance de la formation dont il a aussi été question lors de ces travaux. L’amiral Dominique Riban, directeur général adjoint de l’ANSSI a ainsi tenu à rappeler qu’il faut "former du simple citoyen au responsable de l’Etat".
 
Cette formation doit également intégrer l’aspect éthique ; car disent les participants, le facteur humain reste et demeure le cœur de toutes les cybermenaces qui peuvent attaquer un système.
 
Seulement, une frange des participants considère que la cybersécurité n’est pas encore un enjeu majeur en Afrique, comme elle l’est en Europe ou aux États-Unis ; notamment du fait de la faible dématérialisation des procédés et systèmes sur le continent : e-commerce, e-gouvernance, etc.
 
"À part la cyberescroquerie encore appelée la fraude 419 ou scam 419 en référence à l’article 419 du code pénal nigérian punissant ce genre de délit, l’Afrique fait-elle réellement face à d’autres cybermenaces comme l’Europe ou les États-Unis ?", s’interroge par exemple Sophie Andrews, autre participante.

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