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Un prototype de liseuse QuickDo-BookBox, présenté au président français, François Hollande, lors du dernier Sommet de la Francophonie
  • L'université de Douala à l'ère de la bibliothèque numérique

Un prototype de liseuse QuickDo-BookBox, présenté au président français, François Hollande, lors du dernier Sommet de la Francophonie
Crédit image: QuickDo-BookBox

Lecture rapide

  • QuickDo-BookBox est un dispositif technique conçu par Dominique Buendé, un informaticien camerounais résidant en France

  • Il permet aux utilisateurs de se rendre dans des centres spécialisés pour télécharger des ouvrages sans connexion Internet et les consulter hors site

  • L'Université de Douala, qui a acquis la technologie, va l'expérimenter dès le mois prochain.

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Le dispositif QuickDo-BookBox, qui permet aux utilisateurs des pays du Sud d'accéder à bas coût à des ouvrages de référence, entrera le mois prochain, dans sa phase pilote, au Cameroun.
 
QuickDo-BookBox est un dispositif inédit de technologies logicielles et matérielles qui permet d'acquérir par téléchargement des ouvrages scientifiques, techniques et littéraires.
 
Mis en place par un ingénieur informaticien camerounais, il ambitionne de favoriser un accès élargi aux connaissances et à la culture, via le livre numérique.
 
Présenté lors du forum des chercheurs et innovateurs d’Afrique de l’Ouest et du Centre, organisé à  Yaoundé le mois dernier (du 11 au 12 décembre), le dispositif permet le téléchargement d'ouvrages de référence, sans que l'utilisateur ait besoin d'une connexion Internet.
 
"Au préalable, il faut qu’un éditeur accepte, sous certaines conditions, de transférer en un clic son contenu vers nos serveurs", explique à SciDev.Net Dominique Buendé, le concepteur.
"Ensuite le contenu est numérisé, converti, crypté et envoyé via l'Internet vers des bornes Q-box  dans des lieux d'acquisition du savoir, comme les universités, les centres de lecture, les centres culturels, etc."

Au bout de la chaîne, explique encore l’inventeur, les utilisateurs, munis d’une liseuse (une espèce d’IPad conçu spécialement pour la  lecture) alimentée à l’énergie solaire, se connectent pour télécharger le livre de leur choix et payer via un téléphone portable.

L'Internet n'intervient, dans la chaîne de transmission, qu'entre les bornes Q-box et les serveurs de QuickDo-BookBox.

En d'autres termes, l'utilisateur n'a besoin, à aucun moment, d'une connexion Internet, pour télécharger des ouvrages.

Il se déplace vers le centre de distribution le plus proche, pour télécharger ses ouvrages.

"C’est un choix volontaire que nous avons fait pour intéresser tout le monde, même les gens des zones reculées dans les villages qui vivent sans électricité", explique encore Dominique Buendé.

"La deuxième raison est d’amener les gens à lire. Il faut redonner le goût de la lecture au public. Avec l’option des liseuses, les parents sont sûrs que l’enfant ne s'amuse pas, mais qu’il lit."

Un livre à un euro

"Les habitants  des zones urbaines, périurbaines, et même rurales d’Afrique peuvent acquérir à moindre coût les livres les plus récents", explique Dominique Buendé, qui dit avoir réussi à convaincre un éditeur français, vendant des livres à 15 euros sur Amazon de les céder à un euro sur QuickDo-BookBox.

Selon l'inventeur, la marge bénéficiaire est réalisée à l’échelle, avec environ 200 millions de consommateurs potentiels en Afrique francophone.

De même, les droits d’auteurs sont sauvegardés avec QuickDo-BookBox: les piratages sauvages via les photocopies illégales sont donc exclus. 


L’ambition du promoteur de  QuickDo-BookBox  est de "démocratiser l’accès au savoir",  en conciliant les intérêts de l’éditeur, de l’auteur et du lecteur.

Parmi les institutions ayant souscrit au projet se trouve l’université de Douala. Elle représente le site pilote du Cameroun.

Début février, précise Chantal Moukoko, de la Bibliothèque de l’Université de Douala, "QuickDo-BookBox sera opérationnel à l’université de Douala."

"La France a octroyé à l’université une subvention de 20.000 euros pour nous équiper en bornes QuickDo-BookBox, de même qu'en liseuses et pour parachever l’aménagement de la bibliothèque avec un pan dédié exclusivement à la bibliothèque numérique", explique-t-elle.

Les Presses Universitaires d’Afrique (une maison d'édition installée à Yaoundé) ont aussi adhéré au projet, en mettant leur catalogue à la disposition des promoteurs.

De son côté, l'Institut Français de Yaoundé évalue encore QuickDo-BookBox, avant son adoption éventuelle.

Des partenaires comme l’operateur de téléphonie mobile Orange accompagnent le projet en facilitant les paiements via sa plateforme Orange Money.

Pour sa part, l’IRD (l’Institut pour la Recherche et le développement), outre un appui logistique, a déjà mis une bonne partie de son catalogue de livres à la disposition de QuickDo-BookBox.

Défis

Mais la popularité de l'initiative sera surtout fonction de sa capacité à satisfaire les besoins des utilisateurs.

Pour l'heure, il reste quelques défis à relever.

Si la version numérique des ouvrages peut être conservée indéfiniment, en revanche, la capacité de stockage des liseuses est encore limitée à 400 ouvrages.

Par ailleurs, il est, pour l'heure, impossible de faire des annotations comme sur du support papier.

Enfin, le coût et la disponibilité des liseuses peuvent aussi être dissuasifs: une liseuse se vend à 65 euros (environ 43.000 Francs CFA).

L’initiateur du projet, qui le reconnait lui-même, essaye de contourner le problème en rendant disponibles les liseuses par des systèmes de parrainage.

Des operateurs de téléphonie mobile ont été mis à contribution au Sénégal ou au Congo, tandis que l’université de Douala a acquis dans un premier temps un millier de liseuses "destinées aux enseignants et aux étudiants".

QuickDo-BookBox, qui dispose d’un brevet d’invention délivré par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), basée à Yaoundé, est à la recherche de partenaires commerciaux et de clients.


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