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  • Feu vert pour un nouveau réseau à large bande pour l'Afrique

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[DURBAN] Le financement de la première phase d'une initiative visant à créer un réseau de centres de recherche africains et à les connecter à un réseau européen existant vient d'être approuvé par la Commission européenne.

Cette approbation fait suite à un rapport confirmant la présence d'infrastructures de technologies de l'information (TI) en Afrique à un niveau suffisant pour soutenir l'Initiative AfricaConnect, dont le but est de renforcer les collaborations dans le domaine de la recherche et l'accès à l'information.

Ce rapport, rendu public le mois dernier (22 mars), s'appuie sur une étude de faisabilité pour l'interconnexion entre les réseaux africains et européens de recherche et d'éducation (baptisée FEAST), menée pendant un an, financée par la Commission européenne et réalisée par l'Institut royal des Technologies de Suède.

La plupart des réseaux nationaux de recherche et d'éducation en Afrique sont d'ores et déjà proches de l'un des câbles de fibre optique récemment posés dans les océans, ou le seront bientôt, précise le rapport.

Pour Arthur Goldstuck, Directeur général de World Wide Worx, une entreprise de recherche en technologies basée en Afrique du Sud, ces nouveaux câbles sous-marins offrent une opportunité inédite mais posent également des défis à la communauté africaine des chercheurs.

 

"Dans les universités, on note un grand intérêt pour la collaboration et la coopération, et les progrès accomplis en Afrique du Sud…en matière d'interconnexion des universités sans recourir à l'entreprise fournisseur qui jouissait jadis du monopole constitue une preuve palpable de ce qui est possible".

 

Les réseaux nationaux de recherche et d'éducation africains déjà connectés au réseau régional naissant seront probablement les premiers bénéficiaires de ces nouvelles collaborations, à l'instar de UbuntuNet, basé au Malawi. Dans le but de renforcer ce réseau et promouvoir la collaboration à une plus grande échelle, UbuntuNet devrait se joindre à l'initiative AfricaConnect, comme partenaire ou sous-traitant, ainsi que les réseaux européens, suggère le rapport.

Mais Matin Belcher, directeur des programmes au Réseau international pour la Disponibilité des Publications scientifiques, en Suède, estime que "faire parvenir les câbles jusqu'au rivage est une chose, accroître la connectivité pour un individu qui travaille dans un projet de recherche en est une autre".

Les connexions terrestres nécessaires à l'exploitation des nouveaux câbles sous-marins sont encore "largement dépassées"  dans de nombreux pays africains, reconnaît Spiwe Chireka, analyste des tendances de l'information et de la communication chez Frost & Sullivan, une multinationale d'étude et de consultation au service des entreprises.  Cela pourrait réduire la disponibilité de la large bande pour la recherche et la collaboration. Chireka s'attend à ce que les régions côtières profitent des nouveaux câbles plus tôt que celles de l'intérieur des terres.

Le rapport FEAST a également conclu que les coûts de la large bande et le sous-développement ou la mauvaise application de la réglementation en matière de télécommunications peuvent également retarder la mise en œuvre du projet.

Chireka estime qu'il faudrait trois ou quatre années avant que les prix de la large bande dans la région baissent.

Pour Belcher, les plus gros défis auxquels le projet est désormais confronté s'articulent autour des questions de ressources humaines et de cadres de politique au sein des différentes universités et instituts de recherche en Afrique de l'Est et en Afrique australe.

Lien vers le 'rapport FEAST final' [738kB]

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