Rapprocher la science et le développement

  • Conclusion d'un partenariat positif à l'occasion du sommet UE-Afrique

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La science et la technologie constituent l’un des partenariats prioritaires adoptés par l’Afrique et l’Union européenne dans le cadre d’un plan d’action conjoint à l’issue du sommet UE-Afrique qui s’est tenu la semaine dernière (8-9 décembre) à Lisbonne, au Portugal.

Huit partenariats – comportant chacun des points d’action prioritaires – ont été adoptés. L’un d’eux concerne « la science, la société de l’information et l’espace », dont l'objectif est de bâtir une capacité scientifique et technologique (S&T) en Afrique afin de réduire la pauvreté et promouvoir le développement économique et social.

De l’avis de ses partisans, ce programme est le symbole d’une nouvelle ère de partenariat dans les relations entre l’Afrique et l’Union européenne. « Le partenariat en science et technologie constitue un acquis majeur, un acquis historique. [Il] est un grand vecteur d’espoir en matière de développement », affirme Rudolf Meijer, conseiller pour la coopération internationale à la Direction Générale de la Recherche de la Commission européenne.

Le partenariat scientifique jette les bases des objectifs destinés à combler les fossés scientifique et numérique qui existent entre l’Afrique et l’UE, et contribue à la mise en œuvre du Plan d’Action Consolidé (PAC) pour la science adopté par l’Union africaine.

Par le biais du PAC, ce partenariat prévoit d’accroître le nombre de chercheurs africains, améliorer les infrastructures et établir une coopération renforcée entre l’Union africaine et l’Union européenne en science et technologie.

Ce partenariat met également l’accent sur les technologies de l’information et de la communication pour l’Afrique, à travers la promotion des investissements dans les infrastructures, l’encouragement des partenariats entre les secteurs public et privé dans les domaines de l’information et de la communication à des coûts abordables, mais aussi par l’encouragement de la télémédecine et de l’e-éducation.

L’importance du rôle de la science spatiale dans le développement durable est également posée. Au nombre des activités adoptées d’un commun accord figurent l’analyse conjointe du potentiel de la technologie spatiale dans des domaines tels que la gestion des ressources naturelles, la surveillance du changement climatique et les télécommunications.

“La connaissance et l’innovation étant au centre des stratégies de croissance et de développement de l’UE, il était naturel que la science et la technologie constituent l’une des pierres angulaires du partenariat Afrique-UE », dit Daan du Toit, le haut représentant pour la science et la technologie auprès du Programme euro-sud-africain de promotion de la science et de la technologie.

Il affirme également que la programmation du plan d’action répond à la mise en place d’un agenda africain: « [Le PAC] est l’agenda africain pour la science et la technologie . Mais si le partenariat Afrique – UE dépend déjà d’ un agenda africain, il est surtout soumis à un agenda commun des deux partenaires , qui a pour objectif de mettre la science et la technologie au service du développement ».

Mais certains doutent de la valeur opérationnelle dudit partenariat, à l’instar de Calestous Juma, le directeur du projet Sciences, Technologie et Innovation du centre pour le développement international de l’université de Harvard, aux Etats-Unis, qui affirme : « le maximum que l’on puisse espérer de cette supposée « stratégie » est une profusion de petits projets qui vont davantage écorner l’image de l’Europe en tant que partenaire de programmes de développement sérieux ».

 

Il suggère que « les deux continents devraient cesser leurs rencontres au sommet et tenter de rétablir des liens de confiance mutuels,   base indispensable à la mise en place de nouveaux partenariats ».

Le prochain sommet Afrique-UE est prévu pour 2010. Ce sera alors l’occasion d’évaluer les résultats du plan d’action et d’en adopter un autre.

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