Rapprocher la science et le développement

  • Lancement de Google Earth Engine à Cancun

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[CANCUN, MEXIQUE] Un outil d'imagerie satellitaire, disponible pour tous, et comportant une importante quantité de données sur l'environnement, a été mis en ligne à l'occasion de la conférence de l'ONU sur les changements climatiques (COP 16), qui se tient au Mexique.

Le Earth Engine, mis en ligne par Google la semaine dernière (03 décembre), est destiné à permettre aux scientifiques de surveiller et de mesurer les changements intervenus dans l'environnement terrestre, comme la couverture terrestre mondiale, et tenter, parallèlement, de ralentir le processus de déforestation.

"Le Google Earth Engine exploite l'infrastructure informatique 'dans les nuages' à grande échelle de Google pour bâtir une puissante base de données à partir des milliers de photographies prises par satellite au cours des 25 dernières années, dont beaucoup n'ont jamais été analysées", a expliqué Rebecca Moore, la directrice technique du projet. "Il sera disponible en ligne à l'usage des scientifiques, des chercheurs indépendants et des Etats".

Google a déclaré lors de la conférence qu'il a l'intention de faire don de "dix millions de CPU-heures par an au cours des deux prochaines années sur la plate-forme de Google Earth Engine afin de renforcer la capacité des pays du monde en développement à observation l'évolution de l'état de leurs forêts."

Ademola Braimoh, spécialiste en gestion des ressources naturelles à la Direction de l'agriculture et du développement rural à la Banque mondiale, aux États-Unis, a déclaré que cet outil "constitue un progrès important" et pourrait être "indispensable pour la surveillance de la sécurité alimentaire, la gestion des ressources en eau, la modélisation épidémiologique et la cartographie des maladies ainsi que la surveillance des catastrophes écologiques.

"Dans le passé, les scientifiques des pays en développement étaient confrontés à des sérieuses difficultés pour accéder au satellite et à d'autres données spatiales utiles pour cartographier le processus de déforestation et surveiller les changements d'utilisation des terres, a-t-il dit. "Ce moteur comble potentiellement ces lacunes."

Mais des scientifiques présents à la conférence ont exprimé des doutes sur la capacité de cet outil à fournir des données précises sur les forêts et les écosystèmes dans le monde en développement.

Giovanni Rum, le coordonnateur de la localisation des forêts et du carbone auprès du Groupe sur les observations de la Terre, un organisme basé à Genève, a déclaré que ce service est un outil utile - mais que de nombreux défis subsistent.

"Beaucoup d'explications sont nécessaires sur les questions de certification et de précision des données", a-t-il dit. "L'outil ne peut pas fonctionner sur une base uniformisée, étant donné que la situation environnementale diffère selon les pays et ne peut pas être analysée avec précision uniquement au moyen d'images par satellite".

Marc Steininger, le directeur scientifique de la Surveillance de l'habitat pour Conservation International, aux États-Unis, a ajouté que ce service pourrait faciliter l'accès aux données dans les pays en développement si les scientifiques étaient formés à son utilisation.

Mais Martin Tadoum, le secrétaire exécutif adjoint de la Conférence des ministres des forêts d'Afrique centrale, au Cameroun, a répliqué : "Les données satellitaires sans [collecte des données de terrain au sol] ne donneront pas une image précise et n'aideront pas non plus à surveiller le processus de déforestation."

Voir ci-dessous une vidéo sur Google Earth Engine:

 

Ou voir comment Google Earth Engine est utilisé par les Surui dans l'Amazonie:

 

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