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Une étude réfute l'hypothèse dominante selon laquelle le VIH se propage des grands centres aux zones à faible prévalence et suggère que les interventions dans ces grands centres sont peu susceptibles d'aider à contrôler la transmission dans les zones à faible risque.
 
Les chercheurs disent que la compréhension de la dynamique de transmission du VIH est essentielle pour un déploiement efficace des outils de sa prévention, en particulier dans les pays aux ressources limitées d'Afrique subsaharienne qui, en 2017, comptait 1,2 million de nouveaux cas de VIH, soit 60% de tous les nouveaux cas dans le monde.
 
L'étude, publiée dans The Lancet HIV le 14 janvier dernier, s'est concentrée sur les communautés de pêcheurs vivant sur les rives du lac Victoria en Ouganda et sur les zones environnantes à faible risque.
 
Les résultats montrent que les transmissions intercommunautaires du VIH entre ces grands centres et les populations intérieures environnantes étaient peu fréquentes ; le virus allant le plus souvent vers l’intérieur des centres plutôt que vers l’extérieur lorsque de telles transmissions viennent à se produire. 

Les résultats de notre étude mettent en garde contre la stigmatisation des habitants des grands centres de prévalence du VIH en tant que populations responsables de la propagation de la maladiec”

Kate Grabowski, chercheur, Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health

« Ces données fournissent de nouvelles informations sur les facteurs qui donnent lieu à la distribution spatiale du VIH en Afrique, des informations qui peuvent être utilisées pour déployer plus efficacement des interventions pour le bénéfice maximal de la population », explique Kate Grabowski, co-auteur de l'étude et professeur assistante à la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, basée aux États-Unis.
 
« Les résultats de notre étude mettent en garde contre la stigmatisation des habitants des grands centres de prévalence du VIH en tant que populations responsables de la propagation de la maladie. »
 
Selon l'étude, les interventions dirigées uniquement vers les grands centres ne contrôleront pas l'épidémie chez les populations de l'intérieur des terres.
 
Kate Grabowski explique que les zones à faible prévalence, qui comptent beaucoup plus de cas de VIH en raison de leur population plus importante, sèment plus d'infections dans les communautés de pêche à forte prévalence.
 
Les chercheurs ont évalué les gènes du VIH et leurs fonctions - une approche appelée génomique virale - auprès de 2 439 personnes dans les grands centres autour du lac Victoria et de 2 703 personnes dans les communautés intérieures environnantes.
 
Les individus séropositifs ont été identifiés grâce à des enquêtes de population menées auprès de plus de 25 000 personnes entre 2010 et 2015. Les informations issues de l'analyse génétique ont été utilisées pour suivre la propagation de la maladie dans une population très mobile.
 
« On estime que 80% des transmissions ont eu lieu au sein des communautés de l'intérieur des terres ou au sein des communautés de pêcheurs, 7,8% de l'intérieur vers les communautés de pêcheurs [et] 3,5% des communautés de pêcheurs vers les communautés de l'intérieur », indique l'étude.

Méthodologies innovantes

Selon Kate Grabowski, cette étude peut aider les décideurs à développer des stratégies pour réduire la transmission tandis que les scientifiques peuvent bénéficier de ses méthodologies innovantes, y compris la génomique virale, pour étudier le flux d'infection à travers les communautés et pour étudier d'autres maladies infectieuses.
 
Le grand public quant à lui peut en retenir que les zones voisines à forte prévalence du VIH n'alimentent pas nécessairement la transmission dans leurs communautés et que les personnes vivant dans les communautés à forte prévalence ne devraient pas être blâmées ou stigmatisées pour l'épidémie de VIH.
 
Halima Dawood, scientifique principale honoraire au Centre pour le programme de recherche sur le SIDA en Afrique du Sud, dit que la dynamique de transmission du VIH est plus complexe.
 
« Je pense qu'il s'agit d'une étude unique et en tant que telle, elle peut simplement être un signal pour suggérer différents facteurs entrant en jeu », ajoute Dawood. « Le ciblage des points d'accès aura l'avantage indirect supplémentaire de réduire les nouvelles infections à VIH dans la population en général.»
 
François Venter, directeur exécutif adjoint du Wits Reproductive Health and HIV Institute de l'université de Witwatersrand, en Afrique du Sud, a déclaré à SciDev.Net que l'étude suscitait la nécessité de revoir sur qui se concentrer en termes de programmes de prévention.
 
« Ces nouvelles données peuvent ne pas s'appliquer à d'autres domaines, mais nous devons le vérifier», dit-il
 
« Je pense que c'est une étude provocatrice - tant de choses que nous savons sur le VIH ont été remises en cause par de bonnes études - et ceci est une bonne étude », conclut François Venter.

Références

Kate Grabowski and others Quantifying HIV transmission flow between high-prevalence hotspots and surrounding communities: a population-based study in Rakai, Uganda (The Lancet HIV, 14 January, 2020)

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