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[NEW YORK] La semaine dernière (26 septembre), à New York, une réunion de haut niveau sur la lutte contre la tuberculose a mis l'accent sur le déploiement de nouvelles technologies pour éradiquer la maladie, à l'horizon 2030, objectif ultime de l'ODD3.

La réunion, qui faisait partie d'une série de rencontres dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations Unies, a été précédée d'accusations de la part des ONG et d'autres parties prenantes, qui ont souligné le faible intérêt de certains gouvernements et le manque d'accès aux médicaments disponibles, en raison des coûts élevés qui entravent les efforts de lutte contre une maladie responsable de deux millions de morts par an.

“Il est important de tirer parti de ces outils pour détecter la tuberculose latente, afin de l’empêcher de devenir une maladie dangereuse et contagieuse.”

Lee Reichman, Institut mondial de lutte antituberculeuse

Des exposés présentés par des pays tels que la Chine et l'Afrique du Sud ont décrit les stratégies engagées pour mettre fin à la tuberculose.
Le gouvernement indien, par exemple, a décrit la manière dont il avait triplé son budget pour éradiquer la maladie.

Pour sa part, Bill Gates, président de la Fondation Bill et Melinda Gates, a fait remarquer que, bien que le pourcentage de patients atteints de tuberculose "ayant reçu des soins de qualité ait triplé depuis 2000, ce qui a permis de sauver 54 millions de vies, des millions d’autres ont été laissés pour compte."

La tuberculose reste la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde, faisant 1,6 million de morts en 2017, dont 300.000 séropositifs.
L'année dernière, quelque 10 millions de personnes ont contracté la tuberculose, le plus grand nombre de nouveaux cas ayant été enregistré en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental.

Les cinq pays comptant le plus de cas de tuberculose proviennent de la région Asie-Pacifique, à savoir l'Inde, la Chine, l'Indonésie, les Philippines et le Pakistan.

Les chefs d'État et de gouvernement participant à la toute première réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose ont convenu de mobiliser 13 milliards USD (plus de 7300 milliards de Francs CFA) par an d'ici 2022 pour mettre en œuvre des programmes de prévention et de traitement de la tuberculose, et 2 milliards USD (plus de 1135 milliards de CFA) pour la recherche.

Ils se sont également engagés à prendre des mesures énergiques contre les formes de la maladie résistant aux médicaments, à renforcer la responsabilisation et à donner la priorité aux questions relatives aux droits de l'homme, telles que la stigmatisation qui règne autour de la tuberculose dans de nombreuses régions du monde.

Lee Reichman, professeur de médecine et directeur exécutif fondateur du Global Tuberculosis Institute, dans le New Jersey, a déclaré : "Historiquement, il existe une perception selon laquelle les personnes atteintes de tuberculose sont sans importance ou impuissantes. En conséquence, la tuberculose a été tolérée et n’a pas été au centre des programmes de santé publique traditionnels."

Les nouvelles technologies sont les piliers de l’élimination de la tuberculose, a déclaré Lee Reichman, citant l’exemple des tests de détection de l'interféron gamma, une amélioration considérable par rapport au test cutané traditionnel, vieux de cent ans. "Il est important que nous utilisions ces outils pour détecter la tuberculose latente, afin de l’empêcher de devenir une maladie dangereuse et contagieuse", a-t-il poursuivi.

Selon Lee Reichman, la tuberculose multirésistante fait l’objet de beaucoup d'attention dans les médias, en raison de son faible taux de guérison, soit 50%. "Mais si la tuberculose est détectée et traitée alors qu’elle est sous sa forme latente, nous n’avons pas à nous inquiéter des personnes qui contractent la tuberculose, encore moins de celles qui obtiennent une forme mettant leur vie en danger."

Els Torreele, directeur exécutif de la campagne Access de Médecins Sans Frontières, a de son côté déclaré qu’il était difficile de diagnostiquer, de traiter et de prévenir la tuberculose aujourd’hui, et qu’il était urgent de mettre au point de nouveaux outils médicaux.
"Nous avons besoin de schémas thérapeutiques oraux de courte durée avec des taux de guérison élevés et bien tolérés ; des tests de diagnostic rapides, précis, adaptés aux enfants, et des tests de sensibilité aux médicaments au point de service pour savoir quels médicaments sont efficaces chez les patients susceptibles de présenter une infection résistante ; et idéalement un vaccin efficace", a déclaré Els Torreele.

Le responsable de MSF a en outre a estimé qu'une solution ouverte, fondée sur la collaboration et la recherche exclusive, comprenant le développement conjoint de schémas thérapeutiques combinés, constituerait la solution, ainsi que le partage de molécules thérapeutiques prometteuses et de données d'essais précliniques et cliniques, ainsi que l'application de politiques de tarification et d'octroi de licences équitables.
 
"L'année dernière, les pays du bloc BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont annoncé la création d'un Réseau de recherche du BRICS sur la tuberculose, qui prioriserait et coordonnerait la recherche-développement sur la tuberculose", a déclaré Els Torreele.

Adrian Thomas, vice-président de la revue Global Public Health, chez Johnson & Johnson, a déclaré qu'un nouveau prix spécial est immédiatement applicable dans les pays qui achètent actuellement de la bédaquiline - et entrera en vigueur en mars 2019 pour les pays ayant accès au médicament via le programme de dons.

La bédaquiline est approuvée dans 56 pays, y compris dans ceux où la tuberculose multirésistante est la plus lourde. "Outre les autorisations réglementaires officielles, la bédaquiline est disponible dans de nombreux autres pays qui achètent des produits via le centre mondial de médicaments du partenariat Stop TB."

"À ce jour, nous avons fourni près de 70.000 cycles de traitement à des patients dans 107 pays", a déclaré Adrian Thomas.
 
Cet article a été rédigé par le desk Asie-Pacifique de SciDev.Net.