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[YAOUNDE] Deux ingénieurs camerounais ont mis au point « Smart Home », un système qui permet de contrôler l’éclairage et les équipements des domiciles, tout en simulant la présence des occupants, même quand ils sont absents, afin d’éloigner les cambrioleurs.
 
Le système est constitué de deux éléments. « On a une box, qu’on appelle la safebox, qui est installée chez l’utilisateur et celui-ci, à partir de son téléphone portable, peut donc converser avec sa maison quand il n’est pas là », précise Romaric Talla, l’un des deux concepteurs du système.
 
« Pour celui qui a un smartphone, il aura besoin d’installer l’application « Smart Home ». Quant à celui qui a un téléphone classique, il utilisera les sms », explique Celeo Tchatchouang, l’autre concepteur de l’application. 

“Pour quelqu’un qui se déplace régulièrement, vous pouvez simuler votre présence quand vous n’êtes pas à la maison. À une certaine heure, vous pouvez mettre votre téléviseur en marche, vous pouvez allumer au salon, à la véranda, et on croit qu’il y a quelqu’un à la maison”

Celeo Tchatchouang, co-inventeur de Smart Home

L’utilisateur peut alors dialoguer avec son domicile à travers des sms. « Vous pouvez poser des questions : dis-moi, qu’est qui est branché ? Où est ce que j’ai oublié d’éteindre ? Et la maison vous répond : vous avez laissé le fer à repasser ; c’est allumé au salon ; c’est allumé à la véranda, etc. Et après, vous pouvez dire : arrête-moi le fer à repasser, allume… Voilà à peu près comment le système fonctionne », décrit Celeo Tchatchouang.
 
Face aux cas de cambriolages qui sont fréquents dans les villes du Cameroun, les promoteurs de « Smart Home » affirment que l’application permet aussi de sécuriser les domiciles.
 
« Pour quelqu’un qui se déplace régulièrement, vous pouvez simuler votre présence quand vous n’êtes pas à la maison. À une certaine heure, vous pouvez mettre votre téléviseur en marche, vous pouvez allumer au salon, à la véranda, et on croit qu’il y a quelqu’un à la maison », explique Celeo Tchatchouang.
 
En outre, le système permet également de verrouiller le circuit électrique pour protéger les équipements en cas de coupure d’électricité. « Et lorsque l’énergie électrique revient, vous êtes informés, mais le système maintient le verrou, le temps que l’énergie se stabilise, avant de rouvrir le circuit », précise Romaric Talla.
 

Consommation énergétique

M. Safougne fait partie des premiers utilisateurs de l’application. Ce père de famille qui réside à Yaoundé confirme que les avantages décrits par les promoteurs du système. Ajoutant au passage que sa consommation énergétique a baissé depuis qu’il utilise ce système.
 
Pour Rostand Takam, un autre utilisateur vivant à Douala, c’est un système qui est « pratique ». « Je vis dans un quartier qui n’est pas sécurisé et je suis tout le temps en déplacement, donc je peux simuler ma présence. Mieux encore si je suis dehors et je me demande si j’ai éteint. Je contrôle le statut de la maison à partir de mon téléphone », témoigne-t-il.

safebox
La safebox de Smart Home
Crédit image: Romaric Talla / Celeo Tchatchouang
 
Pour autant, ce dernier déplore le fait qu’il soit absolument nécessaire d’avoir un forfait SMS pour pouvoir utiliser le système. « Si tu n’as pas chargé ton volume SMS, l’application ne te répond pas », regrette l’intéressé.
 
« On s’est rapidement rendu compte que baser la solution sur internet n’était pas l’idéal, avec tout ce qu’on connait comme problème de connexion. C’est la raison pour laquelle on a davantage mis l’accent sur l’utilisation des sms », explique Celeo Tchatchouang.
 

« Une maison capable de se défendre »

C’est après une expérience douloureuse en 2017 que l’idée de la conception de ce système de surveillance a progressivement pris place dans l’esprit de ses concepteurs alors qu’ils finissaient leurs études d’ingénierie biomédicale à l’université des Montagnes à Bangangté, petite ville de l’Ouest au Cameroun.
 
Celeo Tchatchouang raconte qu’il s’était installé chez sa grande sœur à Yaoundé où il effectuait un stage. Un week-end, tous les deux ont fait un déplacement hors de la ville et il n’y avait personne à la maison.
 
« Quand nous sommes revenus, nous avons constaté que les cambrioleurs avaient cassé les cadenas et vidé la maison. Ils avaient tout emporté », se souvient l’ingénieur qui dit avoir dès lors commencé à mûrir la réflexion qui a abouti à la mise sur pied de « Smart Home ».
 
Pour Roger Ossomba, conseiller municipal à la commune de Yaoundé 6, c’est une innovation qui mérite d’être saluée et vulgarisée au regard des nombreux avantages qu’elle offre.
 
Pour l’heure, les concepteurs de l’application dont l’installation revient à 250 000 FCFA (381 euros) pensent déjà à l’améliorer en y associant par exemple une alarme pour arriver à « une maison capable de se défendre ».
 
« Par exemple s’il y a une personne qui s’y introduit, qu’elle puisse alerter le propriétaire et la police. Qu’elle soit capable de se défendre contre tous les imprévus. Que ce soit un incendie, une inondation, qu’elle soit capable d’alerter son propriétaire », espère Romaric Talla.

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