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La capitale tchadienne, N’Djaména et la ville d’Am Timan, dans la province du Salamat, frontalière avec le Soudan et la République Centrafricaine, font face à une épidémie de  rougeole.

Afin de lutter contre cette maladie potentiellement mortelle, l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a initié une vaste campagne de vaccination.

Am Timan est une zone difficile d’accès, bien qu’étant considérée comme le grenier du Tchad. La savane arborée rend toute mobilité difficile, ce qui ne facilite pas le travail des humanitaires.

A cette difficulté s’ajoute l’absence d’une cartographie fiable. C’est pour inverser cette tendance que le projet Missing Maps a réalisé la cartographie numérique de la province, afin de la mettre à disposition du grand public pour faciliter le travail sur le terrain.  

Les cas officiellement déclarés de rougeole, une maladie invalidante, remontent à mai 2018. La maladie a affecté 69 des 126 districts du pays.

Au mois de janvier, l’épidémie gagnait en intensité. Entre cette période et le mois de mars, 9.000 cas de rougeole et 68 décès ont été signalés, contre 5.336 et 96 décès répertoriés par le ministère de la Santé sur la période allant de mai à décembre 2018.

Au vu de l’intensité de l’épidémie et pour éviter qu’elle ne touche l’ensemble du pays, l’équipe d’urgence de MSF au Tchad s’est déployée dans la ville d’Am Timan.

Durant quatre semaines, 150 membres du personnel de l’organisation ont vacciné 107.000 enfants à Am Timan ville et dans 13 zones du district d’Am Timan.

Zara Ramadan, 6 ans, est atteinte de rougeole dans le village d'Almourai, dans le district d'Ablelaye, à Am Timan. Un jour, elle est revenue des champs où elle est entrée en contact avec d'autres enfants atteints de rougeole. Deux jours après, leurs parents ont réalisé qu'elle était fatiguée, qu'elle toussait et qu'elle se sentait très malade. Aujourd’hui est le troisième jour où elle a de la fièvre, des problèmes respiratoires et ne peut plus bouger. - Crédit Photo : MSF.



L’équipe a également aidé à traiter les patients atteints de la rougeole à l’hôpital d’Am Timan, ainsi que dans trois centres de santé.  

1.677 enfants souffrant de formes sévères de rougeole ont été traités au cours des trois premiers mois de 2019.

Selon Theresa Berthold, coordinatrice d’urgence de MSF, l’opération de vaccination a duré quatre semaines, à cause de nombreuses difficultés liées à l’absence de routes praticables pour les mener aux villages et ferricks (campements d’éleveurs nomades).

À cette situation, s’ajoute l’absence d’une cartographie fiable de la région. « Il n’y a pas de carte de la province à proprement parler », déplore-t-elle, avant de poursuivre : « Nous avons dû travailler à l’époque avec une carte tracée à la main par l’administration locale. C’était déjà une bonne chose, sauf que la carte en question comportait beaucoup de lacunes. »

À certains endroits, les indications sur les cartes n’étaient pas toujours  exactes, car les villages ne se trouvaient pas forcément aux lieux indiqués ou aux kilométrages donnés. « Nous avons dû mettre quatre semaines pour mener nos enquêtes et vacciner les enfants », indique Theresa Berthold.

Mais pour la deuxième phase, l’équipe a bénéficié de l’apport de Missing Maps. Cette collaboration a été d’un grand bénéfice pour l’équipe d’urgence de MSF.

« Nous sommes parvenus, grâce à l’apport des bénévoles du projet Missing Maps, à faire notre travail en neuf jours. Ces derniers ont réalisé la cartographie de la province et l’ont numérisée. Avec cet instrument, nous avons eu la possibilité d’avoir en notre possession des indications précises sur les villages, ce qui a grandement facilité notre tâche. »

Aujourd’hui, l’application de l’Équipe Humanitaire Open Street Map - en anglais, Humanitarian Open Street Map Team (HOT) -, pour le développement des technologies, des méthodes et des communautés, permet à toutes les ONG nationales et internationales, ainsi qu’aux autorités tchadiennes d’utiliser gratuitement la carte réalisée par leurs soins.

Pour Kamaladine Mahamat Ousman, ingénieur de conception en informatique, Missing Maps est un logiciel intéressant créé par des concepteurs qui travaillent dans l’humanitaire et des universitaires issus de l’université George Washington.

« Missing Maps est le produit d’un projet ouvert, extensible, améliorable, modifiable, personnalisable et adaptable. C’est un logiciel Open Source, ce qui signifie qu’en devenant membre, on peut offrir sa contribution pour son amélioration afin d’avoir une utilisation optimale sur le temps. Et cela, de manière adaptée selon la surface à cartographier ».

Et Kamaladine Mahamat Ousman d’ajouter que Missing Maps, contrairement à d’autres logiciels comme Google Maps par exemple, est totalement gratuit.

Une opportunité pour les personnes ou organisations qui ne disposent pas de grand moyens financiers de pouvoir l’utiliser sans contrainte.
 
 
 

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