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Une revue des travaux de recherche sur les bienfaits des services d'information basés sur la technologie de la téléphonie mobile sur la vie des agriculteurs n'a trouvé que des preuves partielles de succès.

Le document, qui a examiné 23 études sur ces services en Afrique, en Asie et en Amérique latine, a révélé que même si les utilisateurs signalaient souvent des améliorations, ces avantages n'étaient pas toujours confirmés par des preuves tangibles telles que l'évolution des échanges et des gains en termes de rentabilité.

Les services de téléphonie mobile pour les agriculteurs comprennent des services de messagerie par texte, des lignes d'assistance et des applications qui fournissent des informations sur la formation ou les prévisions météorologiques, ainsi que l'accès aux marchés, au financement et aux intrants tels que les engrais.

“Il est difficile de savoir ce qui fait d'une application un succès.”

Michael Kende

Les promoteurs de ces services, bailleurs de fonds et autres, estiment qu'ils sont porteurs de promesses pour les agriculteurs du monde en développement - en ce sens qu'ils peuvent les aider à améliorer leurs rendements, par exemple, ou à se mettre en meilleure position pour négocier sur le marché.

Mais Heike Baumüller, chercheur au Centre for Development Research de l'Université de Bonn en Allemagne, a déclaré que le fait que les promoteurs fassent peu de cas du contexte dans lequel les agriculteurs utilisent ces services conduit à leur sous-utilisation.

Certaines données montrent que les taux d'utilisation chutent chez les femmes, par exemple, ou que les recommandations ne sont pas suivies, en raison des problèmes de logistique.

"Il n'y a que quelques études qui cherchent à savoir qui utilise ces services et quels sont les besoins des utilisateurs", explique Heike Baumüller. "Si les développeurs ne comprennent pas comment un service s'intègre dans la vie des agriculteurs, il peut facilement arriver que ces services ne soient pas efficaces."

Selon elle, l'information sur les prix pour différents marchés en est un exemple : cela n'aiderait pas les agriculteurs si les mauvaises routes ou le manque de transport les empêchent d'accéder à ces marchés.

L'étude, publiée dans le numéro de janvier du Journal of International Development, a révélé que la plupart des travaux sur les services mobiles dépendaient beaucoup des perceptions des agriculteurs, plutôt que des données vérifiables indépendamment. En outre, les études différencient rarement les hommes et les femmes, même si, dans de nombreux pays, il existe des différences marquantes de genre en matière de pouvoir d'achat et dans l'accès à la technologie.

Certains développeurs ont reconnu le problème de la prise en compte du contexte local dans la fourniture des services mobiles. James Legg, un virologiste des plantes basé à l'Institut international d'agriculture tropicale, en Tanzanie, a passé deux ans à travailler avec des chercheurs sur le terrain et des développeurs de logiciels, pour apporter des améliorations à une application de diagnostic des maladies du manioc.

"Le premier facteur pour apprécier le succès d'une application est évidemment que les agriculteurs peuvent y accéder et l'utiliser", explique James Legg à SciDev.Net. "Vous avez donc besoin de quelque chose de gratuit et dans leur propre langue."

Heike Baumüller ajoute que les développeurs devraient également commencer à mettre au point des applications et des sources d'information qui traitent des problèmes communautaires plus étendus.

Elle a constaté que la plupart des services sont exclusivement axés sur les agriculteurs, notant qu'il y a de la place pour des applications ciblant les fournisseurs de transport et les courtiers, ce qui aiderait les agriculteurs en leur permettant d'attirer de plus grandes entreprises.

"Les services mobiles peuvent être utiles dans d'autres secteurs et profiter aux agriculteurs", estime encore Heike Baumüller. "Si vous voulez soutenir les petits agriculteurs, vous n'avez pas besoin de rendre leur monde si petit", ajoute-t-elle.

Les chercheurs suggèrent que de futures études incluent des données recueillies par des chercheurs indépendants. Ils indiquent également que d'autres études devraient évaluer différents modèles d'utilisation et la manière dont ceux-ci se développent au fil du temps, plutôt que d'évaluer simplement le nombre d'utilisateurs par rapport aux non-utilisateurs à un moment précis.

Michael Kende, ancien économiste en chef de l'organisation Internet Society, reconnaît qu'il existe des lacunes dans les connaissances. Une partie du problème, explique-t-il, est que les boutiques d'applications mobiles et les développeurs n'ont pas l'obligation de partager les données d'utilisation avec les chercheurs.

"Il est difficile de savoir ce qui fait d'une application un succès", explique Michael Kende. "Mais je pense qu'elle doit être conçue et testée dans le contexte local, en utilisant des réseaux locaux pour s'assurer de sa pertinence et s'assurer qu'elle fonctionne."