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Au terme de la 6ème édition des journées d’excellence de la recherche scientifique et de l’innovation du Cameroun (JERSIC) du 21 au 23 février 2018, de nombreuses récompenses ont été attribuées à des chercheurs et inventeurs pour leurs travaux.
 
Parmi ceux-ci, il y a Godefroy Piam Fokam, le promoteur du Gradit international (Groupe de recherche, d’application et de diffusion des technologies), une structure basée à Mfou (près de Yaoundé) et spécialisée dans la conception et la réalisation de machines agricoles.
 
Il a été le bénéficiaire de l’un des cinq prix décernés par le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) pour la décortiqueuse de café qu’il a présentée au public.
 

“L’innovation ici c’est que les déchets ne sont pas pompés dans la nature parce que nous avons tenu compte de l’environnement”

Godefroy Piam Fokam

SciDev.Net est allé à la rencontre de ce technicien qui a déjà été distingué par l’OAPI (Organisation africaine de la propriété intellectuelle) et dont les machines sont déjà utilisées par certaines structures de renom, à l’instar de l’Institut de recherche agricole pour la développement (IRAD).
 
Dans cet entretien, il fait une description de cette décortiqueuse de café, ainsi que celle de son égraineuse de maïs qu’il a également révélée au public à cette même occasion.
 

Vous avez présenté une décortiqueuse de café aux récentes journées d’excellence de la recherche scientifique à Yaoundé. Comment fonctionne-t-elle ?

 
Cette décortiqueuse de café traite aussi bien le café arabica que le café robusta. Elle est une innovation par rapport à mon premier brevet obtenu en 2008 et qui m’avait permis d’être sélectionné dans le cadre d’un concours lancé par l’OAPI pour représenter le Cameroun aux 6ème Salon international de l’invention et de l’innovation à Bamako au Mali. Cette décortiqueuse est un assemblage de cinq machines qui travaillent de manière synchronisée.
 
Il y a en premier lieu un élévateur à godet qui porte dans de petits godets du café pour le verser dans la décortiqueuse qui est la deuxième machine. La décortiqueuse casse la graine et sépare la peau des graines. L’ensemble peau et graine tombe dans un couloir où il y a une turbine d’aspiration qui fait circuler l’air à contre-courant. C’est la troisième machine. Ce courant d’air transporte au passage la peau qui est plus légère que les graines et la dépose dans un silo-filtre qui sépare l’air des déchets qui sont ainsi déposés au fond d’un sac. L’innovation ici c’est que les déchets ne sont pas pompés dans la nature parce que nous avons tenu compte de la protection de l’environnement comme le veulent les normes d’aujourd’hui.

De leur côté, les graines tombent sur une table densimétrique qui est la quatrième machine. Elle sépare les graines qui ont échappé au décorticage des graines décortiquées. Celles qui ont échappé au décorticage sont renvoyées dans l’élévateur pour reprendre le circuit. Parce que la table densimétrique est dotée d’une grille qui ne peut laisser passer que les produits décortiqués. La graine décortiquée tombe quant à elle dans la dernière machine qui est un souffleur, appelé encore Catador, qui fait le dernier nettoyage et on a un café et prêt pour l’exportation ou pour la suite de la transformation.
 

Quelle est l’originalité de votre machine ?

 
Nous sommes les premiers dans l’espace OAPI à construire une telle machine. Jusqu’à présent, elle était importée d’Europe et du Brésil. Une unité comme celle-ci nous revenait à plus de 70 millions de FCFA. Or bien cette machine soit construite avec de la matière achetée dans le commerce, elle coûte entre 15 et 30 millions. Vous voyez ce que le pays et nous-mêmes pouvons y gagner, en plus du transfert de technologie et des emplois créés…

 Décortiqueuse café Cameroun

Quelle est la capacité de transformation de cette machine ?

Elle peut décortiquer jusqu’à trois tonnes de café à l’heure.

Quelle est la capacité de production de ces machines par votre usine ?

On ne peut même pas encore parler d’usine de production parce que nous sommes à la recherche de fonds pour construire une usine de production semi-industrielle. Comme vous le savez, il n’existe encore dans notre pays aucune structure dédiée au financement de l’innovation. En République démocratique du Congo, en République centrafricaine, en Côte d’Ivoire, au Ghana et dans d’autres pays, la demande pour cette machine est très élevée ; mais, nous ne pouvons pas la produire, puisque aucune banque ne nous finance. Ainsi, tout ce que nous avons pu réaliser jusqu’à présent a été fait sur fonds propres et avec beaucoup de sacrifices. Bref, tant qu’il n’y a pas une unité ne serait-ce que semi-industrielle, on ne peut pas répondre à cette question. Sinon, de façon artisanale comme c’est le cas actuellement, on peut fabriquer une machine par mois. Mais, s’il y avait des financements on pourrait produire 50 ou 100 exemplaires par mois.
 

Qu’en est-il de l’égraineuse de maïs que vous avez présentée aussi ?

C’est une machine qui épluche le maïs, l’égraine, le vanne, le calibre, souffle et projette les déchets très loin. Donc, c’est une combinaison de près de sept machines. Même en jetant du maïs dans cette machine avec la tige, elle va tout séparer. C’est la particularité de cet autre appareil.
 

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