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[SÃO PAULO] Selon une étude, plus de 20% des bébés à travers le monde naissent par césarienne. La pratique de la césarienne est particulièrement répandue en Amérique latine, où près de la moitié des enfants naissent par ce procédé, mais elle reste encore un luxe pour les plus pauvres.
 
Ces constats proviennent d'une vaste étude publiée le mois dernier dans la revue The Lancet, qui couvrait 98% des naissances dans 169 pays, en 2015.
 
Elle a révélé que la proportion de naissances par césarienne avait presque doublé depuis 2000, année où elle était de 12%. Les césariennes peuvent sauver la vie de bébés dans des situations de travail d'enfantement difficile. 

L’accouchement par césarienne pourrait interférer avec la composition macrobiotique intestinale du nouveau-né, ce qui pourrait affecter à la fois sa fonction immunologique et son schéma métabolique

Heloísa Bettiol, Université de São Paulo

Toutefois, les auteurs de l’étude ont déclaré que la procédure était trop utilisée en Amérique latine et dans les Caraïbes, où son application a bondi de 32% à 44% au cours de la période visée par la recherche.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), compte tenu de la proportion de grossesses présentant des complications, le taux « normal » de césariennes, dans l’hypothèse où les soins médicaux sont adéquats, devrait se situer entre 10 et 15%. 

« Le Brésil, par exemple, a le deuxième taux de césariennes le plus élevé au monde, après la République dominicaine », déclare le pédiatre Fernando Barros, de l’université catholique de Pelotas, au Brésil, l’un des auteurs de l'étude.
 
Le chercheur brésilien dit qu'en 2009, plus de bébés étaient nés par césarienne que par accouchement par voie vaginale - ce nombre peut atteindre 95% dans certains hôpitaux privés.
 
"Depuis lors, il n'y a pas eu de réduction, malgré les tentatives du gouvernement fédéral et des agences médicales de s'attaquer au problème."
 
Les chercheurs ont en outre noté que les césariennes étaient remarquablement courantes chez les femmes instruites et plus de cinq fois plus fréquentes chez un cinquième des personnes riches que chez un cinquième des personnes pauvres.
 
L’étude n’a donné aucune raison pour la hausse des césariennes. Un rapport de l'OMS datant de 2015 a toutefois révélé que de nombreuses femmes les préféraient parce qu'elles permettaient de planifier le moment de la naissance, en particulier dans les cultures où certaines dates sont associées à de la chance.
 
Dans certaines sociétés, les césariennes sont perçues comme plus saines, car elles protégeraient les femmes des complications telles que l’incontinence.
 
En revanche, les césariennes inutiles peuvent être nocives pour le bébé et la mère.
 
Dans ces cas, la procédure est jugée invasive et peut entraîner des problèmes de santé secondaires pour les femmes.
 
Fernando Barros a également constaté que de nombreux bébés venus au monde par césarienne naissaient un peu avant terme, vu que les médecins les suivent selon un planning prédéfini, au lieu d'attendre que des contractions se déclenchent.

PAHO operación
Credit: PANOS/FLICKR.
Par ailleurs, la recherche a montré que les bébés nés par césarienne présentent plus de risques de développer de l'asthme, des allergies et d'autres maladies non transmissibles, ce qui peut être dû au manque d'exposition aux hormones et aux bactéries dans le tractus vaginal, lors de l'accouchement.
 
Heloísa Bettiol, pédiatre à l'université de São Paulo, a coordonné une étude menée auprès de 2 057 personnes nées en 1978 et qui a permis d'évaluer l'impact de leur accouchement sur leur santé tout au long de la vie.
 
« Nous avons observé que les personnes nées par césarienne couraient un risque accru d'obésité à l'âge adulte », a-t-elle déclaré à SciDev.Net. « Le taux d'obésité chez les adultes nés par césarienne était de 15% et chez les personnes nées par accouchement vaginal, de 10%. »
 
Heloísa Bettiol dit en outre que lorsque les enfants passent dans le canal vaginal, ils reçoivent leur première inoculation microbienne. "L'accouchement par césarienne pourrait interférer avec la composition macrobiotique de l'intestin du nouveau-né, ce qui pourrait affecter à la fois sa fonction immunologique et son schéma métabolique", précise-t-elle.
 
L’étude parue dans la revue Lancet a également mis en évidence que la césarienne n’était toujours pas disponible pour beaucoup de femmes dans les pays à faible revenu.
 
Par exemple, en Afrique subsaharienne, seulement 4% des bébés sont mis au monde par césarienne.
 
Cette étude coordonnée par Heloísa Bettiol, est soutenue par le FAPESP, l’un des donateurs de SciDev.Net.

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