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Le Togo s'est doté de moyens mobiles (laboratoire et kits d'expérimentation) d'apprentissage de la science dans les milieux scolaires.
 
Appelé Molab (Mobile laboratory), le dispositif consiste en un bus équipé de kits d’expérimentation scientifique (microscopes, éprouvettes graduées, modèles moléculaires etc.), ainsi que d’un centre de robotique et d’une imprimante 3D.
 
Le tout, alimenté par des panneaux solaires, ce qui confère au laboratoire une autonomie énergétique.
 

Ce qu’il nous faut, ce sont des laboratoires fixes dans les établissements, pour permettre aux élèves de lier la pratique qui est l’essence-même des matières scientifiques, à la théorie.

Eho Afi Ablodevi


Doté d’ordinateurs et de tablettes avec un accès à l'Internet, ce laboratoire mobile se propose de sillonner les établissements situés dans les zones rurales où le désintérêt pour les filières scientifiques et technologiques est plus prononcé, selon Dodzi Aglogon, l'un des coordonnateurs du projet.
 
"Parce qu’ils n’ont pas accès à l'Internet, certains apprenants de ces zones finissent leur scolarité sans savoir à quoi ressemble un microscope", a-t-il confié à SciDev.Net.
 
La vision, à terme, poursuit-il, c’est d’encourager les élèves qui utiliseront ce laboratoire mobile "pour se projeter dans le futur, en imaginant les possibilités scientifiques et technologiques les plus audacieuses" et le but, de permettre aux élèves de réaliser des expériences pratiques dans les domaines de la science et de la technologie.
 
Au Togo, l’apprentissage des matières scientifiques est seulement théorique dans la plupart des établissements scolaires.
 
Selon un rapport de l’Unesco, 93,7% des établissements secondaires et 82,4 % des lycées ne disposent pas de laboratoires. [1]
 
C’est pour pallier ce manque et susciter l’intérêt des élèves pour les STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) que le Molab a été lancé.
 
Expériences
 
Pour Antoinette Oulobe, élève en classe de première scientifique au lycée d’Adamavo, dans la banlieue est de Lomé, le passage du laboratoire mobile dans son établissement a été une aubaine.
 
Elle confie avoir été impressionnée par les expériences en électricité qu’elle y a effectuées. "C’est la première fois que je fais une expérience pareille, j’ai pu voir se matérialiser ce que je ne faisais qu’écrire en classe".
 
L’enthousiasme est plus modéré du côté du chef d’établissement. Selon la proviseure Eho Afi Ablodevi, le caractère mobile du laboratoire ne permet de résoudre le problème qu’en partie.
 
"Ce qu’il nous faut, ce sont des laboratoires fixes dans les établissements, pour permettre aux élèves de lier la pratique qui est l’essence-même des matières scientifiques, à la théorie", indique-t-elle.
 
Alternative
 
Une inquiétude partagée par le professeur Kouami Kokou, directeur de la Recherche scientifique et technologique. Pour ce dernier, le Molab est une bonne alternative sans pour autant être la solution idéale.
 
"Un seul bus qui circule d’école en école ne règlera pas le problème du désintérêt pour les filières scientifiques au Togo ; parce que le besoin logistique est plus important", dit-il.
 
L’idéal, ajoute-t-il, serait que l’Etat puisse s’inspirer de cette idée pour une plus grande couverture du territoire national, à défaut de construire des laboratoires dans les établissements.
 
Au-delà du manque de laboratoire, l’enseignant-chercheur relève également le manque d’éducateurs qualifiés pour l’enseignement des matières scientifiques dans les établissements scolaires.
 
Et le professeur Kouami Kokou de conclure : "le mal de la filière scientifique et technologique au Togo est plus profond".
 

Références

[1] Togo : Rapport d'état du système éducatif

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