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Dans un document de travail de la Banque mondiale publié en 2008, intitulé ​"Mieux former la population active pour préparer l’avenir", Sajitha Bashir, économiste principale de cette institution, évoquant le cas de Madagascar, indique que "la recherche continue est essentielle pour l’innovation et la croissance, mais elle a été négligée ces dernières années."
 
Ces propos sont renchéris par Jean Eric Rakotoarisoa, enseignant-chercheur et ancien vice-président de l’Université d’Antananarivo, qui a déclaré à SciDev.Net que "les dirigeants [de la Grande île] ne sont pas conscients de l’importance de la recherche pour le développement."
Il regrette, entre autres, que "seul 0,5% du budget général de l’Etat, voire moins [soit] consacré à la recherche scientifique."

En 2013, par exemple, sur un budget total de 1,561 milliards de dollars, le montant alloué à la recherche scientifique n’a été que d’un peu plus de 5 millions de dollars.
 
"Il en faudrait davantage pour permettre à la recherche scientifique de remplir le rôle qui doit être le sien", poursuit l’enseignant-chercheur. Il propose ainsi que davantage de moyens soient octroyés aux Universités pour que ces dernières puissent, entre autres, recruter plus de chercheurs et améliorer les infrastructures de recherche. "Il faudrait que le budget consacré à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique soit d’au moins 5% du budget général de l’Etat, et pas seulement 3% comme c’est le cas aujourd’hui", indique-t-il encore.
 

“Seul 0,5% du budget général de l’Etat, voire moins, est consacré à la recherche scientifique”

Jean Eric Rakotoarisoa
Chercheur 

En plus d’un plus grand investissement de l’Etat dans la promotion de la recherche, Jean-Eric Rakotoarisoa insiste également sur la nécessité de faciliter l’implication des industriels et des secteurs économiques dans l’application des résultats des recherches réalisées par les universitaires. "Les recherches existent et donnent des résultats, mais faute d’application, elles se perdent", regrette-t-il.
 
Reine Razafimahefa, enseignante-chercheuse en géographie, suggère ainsi aux futurs dirigeants  de "négocier et de renégocier avec les grandes sociétés minières, agricoles et touristiques pour qu’elles  valorisent la matière grise locale."

Pour stimuler la recherche, Sajitha Bachir met en avant la nécessité de créer "un cadre pour les jeunes chercheurs dans les domaines prioritaires, un financement compétitif et sélectif de la recherche axée sur la résolution des problèmes cruciaux pour le développement économique national et régional"  et de promouvoir "les contrats de recherche, en particulier pour les entreprises étrangères opérant à Madagascar."
 
"La mise en place d’un département de partenariat public-privé d’enseignement supérieur et de recherche scientifique" est justement l’un des projets soutenus par Saraha Georget Rabeharisoa, présidente du parti Vert Hasin’i Madagasikara et candidate à l’élection présidentielle du 25 octobre 2013. Elle propose également un "allègement fiscal pour les équipements et les matériels d’enseignement supérieur et de recherche scientifique", ainsi que la "subvention ou la prise en charge des recherches jugées hautement bénéfiques aux intérêts nationaux."
 
La candidate des Verts ne précise pas dans son programme quelles sont ces recherches jugées hautement bénéfiques. Mais il faut que celles-ci soient "adaptées à la réalité socio-économique du pays", martèle Benjamin Andriamparany Radavidson, candidat à l’élection présidentielle sous les couleurs du mouvement Unité nationale pour le développement et la solidarité (FFF) et ministre des Finances et du budget de 2003 à 2007, puis de l’Education nationale et de la recherche scientifique, de 2007 à 2008.

A l’entendre, "l’adéquation formation/emploi ainsi que la non-adaptation de la recherche à la réalité socio-économique restent encore problématiques à Madagascar."

L’Etat n’a pourtant pas à définir les secteurs jugés prioritaires, estime-t-il. Pour lui, il revient au secteur privé de déterminer les domaines à prioriser.
 
Hajo Andrianainarivelo, vice-premier ministre chargé du Développement et de l’aménagement du territoire sous le régime de transition, également candidat à l’élection présidentielle, propose, de son côté, que chaque région ait un centre de recherche spécialisé où les potentialités spécifiques peuvent être valorisées. Cette spécialité, en fonction de la région, peut-être la pêche, l’agriculture, les mines et le pétrole, le bâtiment et les infrastructures, la forêt et l’eau, la protection de l’environnement ou la pharmacologie.

Le plus important, estime-t-il, c’est que "la recherche puisse conduire au développement de la région concernée et améliorer ainsi les conditions de vie des populations qui y vivent." Pour ce candidat, le partenariat avec le secteur privé est évidemment d’une importance capitale dans la promotion de la recherche. C’est ce qui permettra "d’obtenir des ressources financières appropriées et d’adapter les axes de recherche aux  besoins des entreprises", indique-t-il.
 
Pour sa part, Guy Rajemison Rakotomaharo, ancien président du Sénat et ancien Représentant permanent de Madagascar auprès des Offices des Nations Unies, candidat du parti Mamafisoa ("Qui sème le bien", en malgache) veut miser sur quatre secteurs : mines et géologie, agriculture et élevage, océanographie et nouvelle technologie de l’information et de la communication. Dans le cadre de sa politique de promotion de la recherche, le candidat de Mamafisoa insiste sur le partenariat avec le secteur privé et suggère la mise en place d’une structure comprenant un système de brevetage et d’intéressement aux résultats.
 
Outre le partenariat avec le secteur privé pour promouvoir la recherche, chacun des candidats reconnaît la nécessité de coopérer avec des Universités et des centres de recherche étrangers. C’est ainsi que les chercheurs peuvent étendre leur connaissance, estiment-ils.