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Des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) de nouvelle génération «Interceptor G2 » et « PBO» contenant une combinaison de substances chimiques ont été mises au point par des chercheurs du Centre de recherche et de formation sur le paludisme (CNRFP) au Burkina Faso.
 
Elles sont faites pour lutter contre les moustiques devenus résistants aux insecticides présents sur les moustiquaires conventionnelles, dans les régions des Cascades, des Hauts-Bassins, du Sud-Ouest et de la Boucle du Mouhoun.
 
A en croire les responsables du CNRFP, c’est depuis 2004 que des investigations sont menées dans le sud-ouest du pays pour voir la susceptibilité des vecteurs aux insecticides classiques qui sont utilisés pour imprégner les moustiquaires. 

“C’est un nouvel outil qui va permettre de lutter efficacement contre le paludisme au Burkina Faso. Les résultats de la phase pilote permettront à d’autres pays africains d’adopter cette nouvelle gamme de moustiquaires”

Adama Gansané, directeur du CNRFP

C’est dans ce contexte que les chercheurs reproduisent plusieurs espèces de moustiques dans les laboratoires du CNRFP afin de tester l’efficacité des insecticides utilisés sur les moustiquaires.
 
« Nous nous sommes rendu compte que les moustiques dans ces zones devenaient de plus en plus résistants aux insecticides usuels tels que la perméthrine (encore appelée pyréthrinoïdes ou pyréthroïde) qu’on utilisait pour imprégner les moustiquaires dans les campagnes précédentes », souligne Adama Gansané, directeur du CNRFP et l’un des deux investigateurs du programme.
 
Adama Gansané et son collègue Moussa Guelbéogo confirment que dans l’ouest et le sud-ouest, les moustiques ont développé des niveaux élevés de résistance à la plupart des insecticides utilisés dans la fabrication des MILDA classiques, réduisant ainsi la protection des populations.
 
« Les résultats ont montré que même si les moustiquaires conventionnelles sont neuves, la mortalité des moustiques est inférieure à 30%, lorsqu’on les utilise. Ce qui est très peu par rapport au standard de l’OMS qui veut que 95 à 97% de moustiques meurent au contact de la moustiquaire », explique l’entomologiste et co-investigateur Moussa Guelbéogo.
 
Dans le cadre d’un vaste projet appelé «Projet nouvelles moustiquaires » (2019 - 2021), la nouvelle gamme de MILDA, dite de nouvelle génération, a été distribuée dans les régions des Cascades, des Hauts-Bassins et du Sud-Ouest qui ont les niveaux de résistance les plus élevés.
 

Mortalité des moustiques

Des études expérimentales et de terrain effectuées dans les trois localités du Burkina Faso ont pu établir que ces moustiquaires de troisième génération protègent significativement les humains et augmentent la mortalité des moustiques résistants par rapport aux moustiquaires de la même marque imprégnée uniquement de pyréthroïdes.
 
« Les travaux en laboratoires montrent qu’elles sont efficaces. Les populations doivent avoir confiance à ce qui est en train d’être fait. Elles doivent adopter les directives en termes de protection et de prise en charge pour arriver à faire baisser ce fardeau dans notre pays »,analyse Adama Gansané.
 
« Les moustiquaires ont été déployées dans une petite zone du pays. Cela permettra de savoir si les cas de paludisme ont baissé, si les moustiques adoptent de nouveaux comportements… Ce sont de nouveaux outils et il faut comprendre beaucoup de chose avant de faire un plaidoyer pour qu’ils couvrent tout le pays », affirme le chercheur ce dernier.
 
« C’est un nouvel outil qui va permettre de lutter efficacement contre le paludisme au Burkina Faso. Les résultats de la phase pilote permettront à d’autres pays africains d’adopter cette nouvelle gamme de moustiquaires », se convainc Adama Gansané.
 
En 2019, ce sont plus de 12 millions de moustiquaires imprégnées qui auront été mises à la disposition des populations. Mais, selon les chercheurs, 60 % des moustiques, vecteurs de transmission du paludisme, piquent à l’extérieur des moustiquaires.
 
En conséquence, selon le ministère de la Santé, le paludisme demeure le premier motif de consultations, d’hospitalisations et de décès dans les formations sanitaires. En 2017, 11,91 millions de cas de paludisme simple et 514 724 cas de paludisme grave ont été dénombrés dans les formations sanitaires pour 4 144 décès.

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