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[KAMPALA] Une étude réalisée en Ouganda révèle que des moustiquaires imprégnées d'insecticide, associées à un nouveau produit chimique, pourraient réduire les cas de paludisme d'environ 25%.
 
Les chercheurs affirment que malgré l'utilisation généralisée de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action en Afrique subsaharienne, leur impact sur la lutte antipaludique est moins important que prévu parce que les moustiques sont de plus en plus résistants aux insecticides appelés pyréthroïdes utilisés pour traiter les moustiquaires.
 
L'organisation mondiale de la santé (OMS) a entre-temps approuvé le nouveau produit chimique appelé pipéronyl butoxyde (PBO) pour renforcer les moustiquaires existantes dans les zones où la résistance est courante, ont ajouté les chercheurs.

Les moustiquaires imprégnées de PBO à longue durée d’action ont été plus efficaces que les moustiquaires conventionnelles en Ouganda, où la résistance aux pyréthrinoïdes est élevée.

Martin Donnelly, École de médecine tropicale de Liverpool

Dans le cadre d'un essai à grande échelle lancé en février 2017 et qui devrait s'achever en avril 2020 en Ouganda, les chercheurs comparent l'efficacité des moustiquaires imprégnées du produit chimique standard et celles utilisant le nouveau produit chimique pour réduire les cas de paludisme.
 
« Les moustiquaires imprégnées de PBO à longue durée d’action ont été plus efficaces que les moustiquaires conventionnelles en Ouganda, où la résistance aux pyréthrinoïdes est élevée », déclare Martin Donnelly, expert en génétique de la résistance aux insecticides à la Liverpool School of Tropical Medicine, basée au Royaume-Uni, qui codirige les essais en Ouganda.
 
Les chercheurs ont présenté les résultats préliminaires de l’étude le mois dernier (21 novembre) lors de la 68è assemblée annuelle de la Société américaine de médecine tropicale et d’hygiène tenue aux États-Unis.
 
Ils affirment que le nouveau produit chimique bloque la résistance des moustiques à l'insecticide contenu la moustiquaire.
 
Selon les chercheurs, les moustiques femelles porteuses du paludisme étaient 80% moins nombreuses dans les ménages dotés de moustiquaires traitées avec le PBO que dans les ménages utilisant des moustiquaires conventionnelles.
 
« Moins de moustiques anophèles femelles signifie moins de piqûres infectieuses pour les membres de la communauté, ce qui entraîne à son tour une réduction de la transmission de l'infection palustre », explique Martin Donnelly.
 
A en croire ce dernier, le nombre d'enfants testés positifs au parasite du paludisme au cours d'une période de 12 mois suivant la distribution des moustiquaires était inférieur de 25% à celui des enfants sous moustiquaires traitées au PBO.
 

Distribution

Les chercheurs ont sélectionné au hasard environ 23 000 enfants âgés de 2 à 10 ans dans 5 200 ménages ougandais et les ont répartis en deux groupes : un groupe dormant sous des moustiquaires renforcées avec le nouveau produit chimique, tandis que l'autre groupe dormait sous des moustiquaires traitées uniquement avec des insecticides à base de pyréthroïde.
 
Les résultats après 12 mois montrent que la résistance du parasite du paludisme était de 10,7% dans le groupe utilisant les moustiquaires au PBO, contre 14,5% chez les utilisateurs de moustiquaires ne contenant pas le nouveau produit chimique.
 
Médard Rukaari, responsable de la distribution universelle des moustiquaires au Programme national de lutte contre le paludisme en Ouganda, a confié à SciDev.Net que « lorsque les moustiquaires imprégnées de DPB ont été distribuées massivement en février 2017, une réduction radicale du paludisme a été enregistrée six mois après sa distribution ».
 
Médard Rukaari ajoute que le gouvernement distribue déjà des moustiquaires imprégnées de PBO dans le cadre de la stratégie de lutte contre le paludisme en Ouganda.
 
Martin Donelly souligne néanmoins que la contribution des moustiquaires traditionnelles à la lutte contre le paludisme ne doit pas être ignorée.
 
« Les résultats montrent que les [moustiquaires] conventionnelles offrent une protection et peuvent encore jouer un rôle dans les programmes de lutte antivectorielle dans les environnements où la résistance aux insecticides et la transmission du paludisme sont faibles », explique-t-il.
 
Cet article a été produit par le desk anglais de SciDev.Net pour l’Afrique subsaharienne.

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