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Les objectifs de développement durable (ODD) ne produisent pas souvent les profonds changements nécessaires à la réalisation des cibles ambitieuses, en raison du manque de coordination dans l'achèvement des 17 objectifs distincts, ont fait valoir des participants à la réunion annuelle de l'Association américaine pour le progrès de la science (AAAS).

« La réalité est que, s'ils sont simplement perçus comme des aspirations, ce qui se passe - ce qui se passe en fait actuellement -, c'est que les gouvernements ne font que présenter de toutes façons leurs actions comme étant une obligation dérivée des ODD », a déclaré Peter Gluckman, de l'Université d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, lors d'une table ronde tenue à Washington, DC, du 14 au 17 février.
 
Les ODD ont été adoptés par les Nations unies en septembre 2015 et invitent les gouvernements à atteindre des objectifs tels que la fin de la pauvreté, l'élimination de la faim et la garantie à tous de l'accès à une énergie propre et abordable d'ici à 2030.

“C’est presque un ordre, si vous assistez à ces réunions, vous devez porter le badge ODD, mais la question est de savoir dans quelle mesure ils comprennent vraiment le besoin de transformation, qui ne s'inscrit plus dans une démarche d'approche progressive.”

Nakao Ishii, directrice générale du Fonds pour l'environnement mondial.s

Paradoxalement, selon le dernier rapport de l'ONU sur la sécurité alimentaire dans le monde, la faim dans le monde augmente pour la troisième année consécutive, tandis que moins de 5% des pays sont en voie d'atteindre les objectifs de lutte contre l'obésité et la tuberculose chez les enfants, selon une étude publiée dans le Lancet, en 2017.
 
De même, les émissions mondiales de carbone devraient également avoir augmenté de 2% en 2018, pour atteindre un niveau sans précédent, selon un rapport de l'université britannique d'East Anglia et du Global Carbon Project, au Royaume-Uni.
 
Cette tendance est portée par l'utilisation accrue du charbon, du pétrole et du gaz.
 
« Ne vous méprenez pas, ces [ODD] sont d’une importance capitale et nous sommes pleinement engagés - mais soyons honnêtes, il y a peut-être plus de mots que d'action », a déclaré Daan du Toit, directeur général adjoint de la coopération internationale au département sud-africain de la science et de la technologie, lors d'une table ronde.
 
Nakao Ishii, directrice générale du Global Environment Facility, une organisation de financement basée à Washington, DC, a pour sa part déclaré que dans son Japon natal, les gens porteraient des badges ODD, lors des réunions politiques, sans que cela signifie qu'ils comprennent les changements nécessaires pour mettre en œuvre les objectifs.

« C’est presque un ordre, si vous assistez à ces réunions, vous devez porter le badge ODD, mais la question est de savoir dans quelle mesure ils comprennent vraiment le besoin de transformation, qui ne s'inscrit plus dans une démarche d'approche progressive », a-t-elle déclaré.
 

Compromis

 
Selon le panel, l'un des problèmes est qu'il existe souvent un compromis entre différents objectifs de développement durable, ce qui signifie qu'un objectif est atteint au détriment d'autres objectifs.
 
Un exemple est celui de la mer d’Aral, à la frontière entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, qui était jadis le quatrième plus grand lac intérieur du monde.
 
Les fleuves qui alimentent ce lac ont été détournés pour irriguer des terres agricoles du désert, ce qui a entraîné une réduction de plus de 90% de sa superficie depuis les années 1960.
 
« L'irrigation des terres agricoles a permis d'atteindre le deuxième objectif des ODD, qui vise à renforcer la sécurité alimentaire», a déclaré Hongbo Yang, du Smithsonian Conservation Biology Institute, basé aux États-Unis.
 
« Mais ces progrès sont réalisés en sacrifiant un autre objectif, l'ODD numéro 14, qui vise à protéger la faune aquatique. »
 
Une solution consiste pour les gouvernements à effectuer une analyse globale de la manière dont des problèmes tels que l'utilisation des terres, la biodiversité et le climat sont interconnectés, lors de la formulation des politiques publiques, a déclaré Guido Schmidt-Traub, du réseau de développement durable, basé en France.
 
Cependant, dans de nombreux pays, cela ne se fait pas. « C’est un peu comme si les banques centrales fixaient les taux d’intérêt sans modèle macroéconomique », a-t-il déclaré.
 
De même, le financement de la science doit également être mieux coordonné, afin de garantir que la nature conflictuelle et interdépendante des ODD soit prise en compte dans les projets de recherche, a déclaré un panel.
 
Par exemple, des organisations telles que la National Science Foundation (NSF), une agence de financement américaine, devraient être créées pour travailler à l'échelle mondiale, afin d'encourager la recherche sur les objectifs de développement durable à être pertinente au niveau mondial et non pas uniquement en fonction des priorités nationales ou régionales, selon Thomas Hertel, de l’Université Purdue, dans l’État d’Indiana, aux États-Unis.
 
« C’est ce qui nous manque actuellement, une entité mondiale », a-t-il déclaré à la réunion.
 
L’important, c’est que les chercheurs et les décideurs politiques se réunissent pour examiner les compromis entre différents objectifs et différentes régions du monde.
 
L’important, c’est que les chercheurs et les décideurs politiques se réunissent pour examiner les compromis entre différents objectifs et différentes régions du monde, ont estimé les participants.
 
« C'est la raison qui a motivé l'organisation de ce symposium", a déclaré Jianguo Liu, de la Michigan State University, qui était l'organisateur de l'une des réunions parallèles sur les objectifs de développement durable. « Essayer de faire le premier pas pour aborder ce genre de problèmes, pas seulement entre ces différents objectifs, mais également les objectifs à travers le monde. »

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