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L’ONG baptisée Alliance for international medical action (Alima) a réalisé en 2017 les essais d’un nouveau protocole de prise en charge de la malnutrition aiguë chez l’enfant.
 
Cette nouvelle approche consiste à former les mamans à l’utilisation d’un petit bracelet pour mesurer le périmètre brachial de l’enfant en vue de la détection des premiers signes de malnutrition et de sa prise en charge.
 
Soutenus par le Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef), ces essais qui ont eu lieu au Burkina Faso ont produit des résultats qui amènent l’ONG à croire que ce protocole sera adopté bientôt.
 
Pour mieux comprendre cette nouvelle approche, SciDev.Net a interrogé Susan Shepherd, médecin pédiatre et coordinatrice de recherche opérationnelle chez Alima.
 

En quoi consiste le nouveau protocole intégré que vous essayez dans la lutte contre la malnutrition ?

 
Il s’agit d’un nouveau protocole de prise en charge de la malnutrition aiguë, qui est simplifié. Nous utilisons le périmètre brachial comme un outil simple et nous formons les mères pour qu’elles sachent comment surveiller les enfants à domicile. Et quand la mère trouve que le périmètre brachial diminue et tombe dans la catégorie jaune (inférieur à 125 mm) ou rouge (inférieur à 115 mm), elle se présente au centre de santé où l’agent de santé va confirmer le résultat et décider si l’enfant peut être admis au programme nutritionnel. Si oui, on lui administre l’aliment thérapeutique prêt à l’emploi (ATPE). Ce traitement est donné en fonction du degré de malnutrition. Et au fur et à mesure que l’enfant progresse dans sa guérison, on réduit progressivement la dose jusqu’à ce que le périmètre brachial dépasse les 125 mm (couleur verte).
 

Comment se mesure le périmètre brachial de l’enfant ?

 
Il se mesure autour du bras, entre l’épaule et le coude à l’aide d’un bracelet très simple avec des codes couleurs. La mère place le bracelet autour du bras de l’enfant et tire avec douceur jusqu’à ce que le bracelet adhère à la peau et elle regarde la couleur qui s’affiche dans la fenêtre de lecture. Si le muscle maigrit, le périmètre diminue ; et inversement. Les enfants qui ont un périmètre brachial de 125 mm et plus courent moins de risque de souffrir de maladies courantes comme la diarrhée, le paludisme ou la pneumonie que ceux qui ont un périmètre de 115 mm et en deçà.
 

Où trouve-t-on ce bracelet ?

 
Jusqu’à présent, c’est l’Unicef qui le fournit. C’est un outil qui ne coûte pas cher : à tel point qu’on peut se permettre de donner un bracelet à toutes les mamans qui participent aux essais. Nous avons même des activités qui consistent à aller dans les villages et former les mères en donnant un bracelet à chacune d’elles.
 Susan Shepherd
Susan Shepherd

Il s’utilise sur des enfants de quel âge ?

 
Jusqu’à présent, cette mesure est validée et acceptée pour les enfants à partir de six mois. Mais, les études sont en cours pour établir les valeurs normales et anormales, pour les enfants dès leur naissance.
 

Et qu’est-ce que l’aliment thérapeutique prêt à l’emploi (ATPE) ?

 
C’est un sachet de pâte d’arachide mélangée à du lait en poudre avec des vitamines et des sels minéraux qui sont nécessaires pour la croissance de l’enfant. Donc, l’enfant qui prend cet aliment va grandir plus rapidement et rattraper le poids qu’il a perdu et son périmètre brachial va grandir simultanément. C’est le traitement essentiel pour l’enfant atteint de malnutrition aiguë ; c’est-à-dire l’enfant qui a maigri, qui a des œdèmes ou le kwashiorkor.
 

Pourquoi a-t-il fallu mettre en place un nouveau protocole ?

 
L’ancien protocole était plus coûteux et plus compliqué à mettre en œuvre. En plus, le nouveau protocole nous permet de prendre en charge les enfants plus tôt, quand ils sont dans la zone jaune (entre 115 et 124 mm). Ainsi, on évite qu’ils atteignent le stade de malnutrition sévère. Ce faisant, on réduit les hospitalisations ainsi que la quantité d’ATPE utilisée.
 

Quels résultats avez-vous obtenus au cours de ces essais ?

 
Notre étude a commencé le 1er janvier pour se terminer le 31 décembre 2017. Nous avons traité plus de 4000 enfants selon ce protocole et les résultats sont très encourageants. Nous avons un taux de guérison qui dépasse 90%. Et même pour les plus dénutris, c’est-à-dire ceux qui ont le périmètre brachial dans le rouge (moins de 115 mm), on a des taux de guérison qui dépassent 80%.
 

Quelle est la prochaine étape à présent ?

 
C’est la première fois qu’on utilise ce protocole. Maintenant, il faut passer à son utilisation dans d’autres contextes ; parce que la malnutrition est très contextuelle. Ce n’est pas la même chose en milieu urbain qu’en milieu rural. Or, nous sommes à Yako en milieu rural. L’année prochaine, nous allons essayer de l’implémenter par exemple à Ndjamena. Et c’est en l’essayant de manière itérative dans d’autres contextes qu’on pourra, dans deux ou trois ans, savoir quelles adaptations appliquer selon le contexte.

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