03/11/20

Les hommes qui manient les ordures sont plus en danger que les femmes

waste pile
Crédit image: Image by Pere Serrat de Pixabay

Lecture rapide

  • Des chercheurs ont analysé les pratiques d'hygiène chez les travailleurs de l'assainissement au Ghana
  • Ils ont constaté que les hommes couraient un risque plus élevé de propager des germes que les femmes
  • Les décideurs et les responsables de la santé publique doivent cibler les hommes lors des interventions

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[NAIROBI] Les travailleuses impliquées dans la gestion des ordures sont 60 pour cent moins susceptibles d'avoir les mains contaminées par des germes que leurs homologues masculins, selon une étude menée au Ghana.
 
Dans les bidonvilles d'Afrique, l'élimination aveugle des déchets solides et les pratiques de défécation à l'air libre sont monnaie courante, les travailleurs n'ayant que peu ou pas d'équipement de protection individuelle (EPI), selon l'étude.
 
Selon l'étude publiée dans PLOS ONE le 2 octobre, les manutentionnaires de déchets travaillant dans les zones communautaires périurbaines du Ghana, y compris les toilettes publiques, sont plus susceptibles d'être exposés à la pollution fécale , mais l'ampleur de l'exposition n'a pas reçu une attention adéquate de part de la recherche.
 
Les chercheurs ont utilisé une enquête par questionnaire pour collecter des informations sur l'hygiène auprès de 280 manutentionnaires de déchets à Prampram, une communauté périurbaine de la région du grand Accra au Ghana. Les chercheurs ont également analysé des échantillons d’eau utilisés par les gestionnaires de déchets pour se rincer les mains. 

“Les travailleurs de sexe masculin et ceux de plus de 35 ans sont le groupe le plus vulnérable à la pollution fécale des mains”

James-Paul Kretchy, université centrale, Ghana

« Nous avons cherché à évaluer le niveau de pollution fécale des mains [comme le montre l'identification du germe Escherichia coli ] et les facteurs de risque associés chez les manipulateurs de déchets solides… et à faire des recommandations sur la manière de prévenir et de contrôler les risques pour la santé », explique James-Paul Kretchy, auteur principal de l'étude et maître de conférences à l'École de médecine et des sciences de la santé de l’université centrale au Ghana.
 
« Les résultats indiquent que les travailleurs subissent des concentrations significativement plus élevées de pollution fécale après avoir terminé une journée de traitement des déchets… et qu’environ un cinquième d’entre eux n'utilisent pas d'équipement de protection individuelle pendant le travail », révèle James-Paul Kretchy. « Les travailleurs de sexe masculin et ceux de plus de 35 ans sont le groupe le plus vulnérable à la pollution fécale des mains », ajoute ce dernier.
 
Le chercheur pense que les femmes qui manipulent les déchets auraient peut-être adopté un meilleur comportement de protection au travail en utilisant des équipements de protection individuelle et en adoptant des pratiques d'hygiène personnelle.
 
James-Paul Kretchy affirme que les décideurs politiques, les autorités de gestion des déchets et les entreprises du secteur privé doivent comprendre que la gestion durable de l'environnement, les systèmes d'assainissement améliorés et les pratiques améliorées de gestion des déchets solides offrent des opportunités significatives pour réduire les maladies liées à l'assainissement et à l'hygiène.
 
« Les décideurs devraient également s'efforcer de formuler et de mettre en œuvre des politiques qui permettent aux gestionnaires de déchets de négocier avec leurs employeurs au sujet de leurs exigences en matière de santé et de sécurité », ajoute James-Paul Kretchy.
 
Et ce dernier de conclure : « Les gestionnaires de déchets doivent être dotés d’équipements de protection individuelle et être supervisés pour leur utilisation. Ils doivent avoir accès à des installations d'hygiène, à de l'eau et du savon pour le lavage des mains, ainsi qu'à des examens médicaux périodiques et à un dépistage de la contamination microbienne suivi du traitement. »
 
Vincent Ouma, responsable des programmes au Kenya Water and Sanitation Civil Society Network, convient que les résultats de cette étude brossent un tableau clair de ce qui se passe dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne.
 
« Un assainissement géré en toute sécurité doit inclure des conditions de travail décentes pour les travailleurs de première ligne afin de répondre à nos besoins. Mais malgré la fourniture de services publics essentiels, un grand nombre de travailleurs de l'assainissement dans le monde travaillent dans des conditions dangereuses et stigmatisantes – violant à la fois leur dignité et les droits humains fondamentaux », confie Vincent Ouma à SciDev.Net.
 
Il dit que les responsables de la santé publique devraient cibler les hommes et les personnes âgées qui manipulent les déchets, en particulier ceux qui travaillent dans les toilettes publiques, pour aider à prévenir les risques.
 
« Les résidents des communautés locales doivent également être conscients des dangers de la défécation à l'air libre et éviter cette pratique », ajoute-t-il.
 
Cet article a été produit par le desk anglophone de SciDev.Net pour l'Afrique subsaharienne.

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