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Selon Seth Berkley et Githinji Gitahi, l'amélioration de la couverture vaccinale est essentielle à la couverture sanitaire universelle.


L’épidémie d’Ebola se poursuit depuis environ six mois en République démocratique du Congo.
 
Chaque vie perdue est une tragédie, mais le programme de vaccination a donné un élan vital à la riposte au virus Ebola, empêchant ainsi des milliers de personnes de contracter cette terrible maladie.
 
Au 24 avril 2019, plus de 104.000 personnes avaient été vaccinées contre Ebola en République démocratique du Congo.
 
Ceci n'est que le dernier exemple en date de la manière dont les vaccins ont transformé la santé publique en Afrique.
 
Au cours des dernières décennies, de nombreux pays ont considérablement amélioré l'accès à la vaccination.
 
Il y a trois ans, les dirigeants africains ont souscrit à la Déclaration d'Addis sur la vaccination, pour faire en sorte que chaque enfant d'Afrique bénéficie pleinement des avantages de la vaccination. [2]

Cet engagement historique inclut des promesses d'accroître les investissements politiques, financiers et techniques dans les programmes de vaccination, ainsi que de faire de l'accès universel aux vaccins une pierre angulaire des efforts de développement et de santé menés en Afrique. 

“Tous les enfants - peu importe leur lieu de naissance - devraient avoir accès à la prévention, ainsi qu'aux soins de santé, y compris aux vaccins vitaux.”

Seth Berkley et Githinji Gitahi

Parallèlement, le soutien politique en faveur de la couverture maladie universelle - l'idée selon laquelle tout le monde devrait pouvoir accéder à des services de santé de qualité sans que leur coût n’entraîne des difficultés financières majeures pour les usagers - gagne du terrain en Afrique.
 
La plupart des pays reconnaissent l’importance de promouvoir la « santé pour tous », à la fois comme moyen d’améliorer les résultats pour la santé et parce que c’est la bonne chose à faire.
 
Cependant, réaliser la couverture maladie universelle pour de nombreux pays peut sembler être un grand défi.
 
Ainsi, une approche par étapes qui consiste à adopter dans un premier temps les interventions les plus rentables, et, au fur et à mesure que les ressources se consolident, des interventions plus poussées pourraient être plus réalisables.
 

Vaccination et couverture sanitaire universelle

 
La vaccination est l’un des points d’entrée privilégiés de la couverture santé universelle : elle constitue l’une des interventions les plus rentables et est couramment utilisée pour mesurer la puissance du système de santé d’un pays.
 
Dans le passé, les pays utilisaient les infrastructures et les moyens mis en place pour la fourniture de services de vaccination afin de renforcer l'accès à d'autres services de soins de santé.
 
Par exemple, lorsque des cas d'Ebola ont été confirmés à Abuja, au Nigéria, en juillet 2014, des réseaux communautaires créés au moment des programmes de vaccination contre la poliomyélite ont été réaffectés pour rechercher activement les cas et suivre les chaînes potentielles de transmission du virus Ebola, aidant le pays à enrayer la maladie en trois mois. [3]
 
Cependant, les maladies évitables par la vaccination continuent de tuer plus d'un demi-million d'enfants de moins de cinq ans en Afrique chaque année. [4]
 
Les taux de couverture ont stagné autour de 74% ces dernières années, ce qui est bien en deçà de l'objectif mondial de 90%. [5, 6]
 

Les enfants ont besoin d'accéder aux soins de santé

 
Tous les enfants, où qu'ils soient nés, devraient avoir accès à la prévention, ainsi qu'aux soins de santé, y compris aux vaccins.
 
C’est un principe fondamental de la couverture maladie universelle.
 
Cependant, les groupes de migrants, marginalisés et à faibles revenus, continuent de faire face à des difficultés disproportionnées pour accéder à la prévention et à des soins de santé abordables et de qualité. 

“Nous devons développer des stratégies efficaces pour la vaccination dans ces environnements, qui seront différentes du statu quo.”

Seth Berkley et Githinji Gitahi 

Atteindre la santé pour tous en Afrique signifie prêter une attention particulière aux besoins de ces populations clés.
 
Les vaccins sont l’une des rares interventions à fédérer ceux dont les réalités sociales et économiques varient.
 
Les vaccins jouent un rôle dans la protection contre les risques financiers en prévenant les maladies (et les traitements à coût élevé qui en découlent) et protègent les enfants contre les maladies dans des endroits où a provision de soins médicaux pourrait prendre plusieurs jours.
 
En ce sens, les vaccins incarnent véritablement le principe de la couverture sanitaire universelle, car les enfants vaccinés sont protégés contre les maladies, quel que soit leur lieu de résidence.
 

Des systèmes efficaces d'administration de la vaccination sont nécessaires

 
En examinant de plus près les données sur la couverture vaccinale, on s'aperçoit que de nombreux pays d'Afrique, tels que la République démocratique du Congo, la Somalie et le Soudan du Sud, où les taux de vaccination sont faibles, ont des systèmes de santé fragiles. Ces pays sont vulnérables aux crises telles qu'un conflit armé, un choc économique soudain, un choc environnemental ou une épidémie majeure telle que l'épidémie d'Ebola.
 
En fait, près des deux tiers des enfants non vaccinés vivent dans des pays fragiles ou touchés par un conflit, et il reste encore beaucoup à faire pour adapter la vaccination à la vaccination.
 
En fait, près des deux tiers des enfants non vaccinés vivent dans des pays fragiles ou touchés par un conflit, et il reste encore beaucoup à faire pour adapter les systèmes de vaccination à ces contextes. [7]

Pour atteindre les enfants non vaccinés, nous devons développer des stratégies efficaces pour la vaccination dans ces environnements, qui soient différentes du «statu quo».

En 2017, près de 9,8 millions d'enfants en Afrique étaient sous-vaccinés et n'avaient pas reçu les trois doses d'un vaccin pour la prévention de la diphtérie, du tétanos et de la coqueluche (DTC). [8]
 
La même année, huit pays africains, dont la République centrafricaine, le Tchad et le Nigéria, affichaient un taux de vaccination inférieur à 50%, un grand nombre de ces pays étant des États fragiles et des États touchés par des situations d'urgence. [9]
 
L’expérience montre que, dans les pays où les taux de vaccination ont chuté de façon spectaculaire, en raison de la fragilité et des conflits, le leadership politique a joué un rôle essentiel dans l’inversion de la situation.
 
En mars, des experts et des institutions de divers secteurs et pays se sont réunis à la Conférence internationale sur le programme de santé pour l'Afrique 2019 au Rwanda pour faire avancer ces discussions sur la volonté politique, la coopération et le renforcement des systèmes de santé dans le but de réaliser la couverture sanitaire universelle sur le continent d'ici à 2030.
 
Avec la Déclaration d'Addis sur la vaccination et les engagements pris en faveur de la santé pour tous, les chefs d'États d'Afrique ont fait preuve d'un leadership audacieux dans la hiérarchisation des progrès en matière de santé.
 
Ce leadership est la clé. Mais pour réussir, ces engagements au niveau politique doivent être associés à des partenariats efficaces et à une société civile engagée, reflétant les circonstances locales et les dialogues nationaux qui doivent déterminer le parcours unique de chaque pays vers la santé pour tous.
 

Seth Berkley est PDG de Gavi, de la Vaccine Alliance, et peut être contacté à l'adresse [email protected]. Githinji Gitahi est PDG du groupe Amref Health Africa et président du comité de pilotage de UHC2030, et est accessible à l'adresse [email protected].

Références

[1] Situation épidémiologique dans les provinces du NORD-Kivu et de l'Ituri (Ministère de la Santé, République démocratique du Congo, 24 avril 2019)
[5] Couverture mondiale de vaccination systématique, 2016 (Instituts nationaux de la santé des États-Unis, Bibliothèque nationale de médecine).

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