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[LOME] Le 18 janvier 2020, sept pays africains (Congo-Brazzaville, Gambie, Ghana, Niger, Ouganda, Sénégal et Togo) se sont réunis dans la capitale togolaise pour signer une déclaration en vue d’harmoniser leurs efforts de lutte contre le trafic illicite de faux médicaments.
 
Ledit sommet s'est tenu à l’initiative de la Fondation Brazzaville, une organisation qui a pour objectif de répondre aux défis du continent africain et qui trouve son origine dans les Accords de Brazzaville signés dans la capitale congolaise le 13 décembre 1988. Des accords qui avaient alors conduit à un règlement pacifique de conflits en Afrique australe et ouvert la voie aux négociations menant à la fin de l’apartheid.

“Nos chefs d’Etats sont engagés vaille que vaille à lutter contre l’accumulation des faux médicaments en Afrique”

Idi Illiassou Mainassara, ministre de la Santé publique du Niger, a signé au nom du président Mahamadou Issoufou, la déclaration ; associant ainsi le pays aux six autres Etats pour criminaliser ce trafic qui entraine de lourdes conséquences économiques et sociales.
 
Il analyse pour SciDev.Net la portée de cette initiative qui marque une prise de conscience collective contre ce fléau.
 

Quel est le message clé du sommet des chefs d’Etats sur le trafic illicite de médicaments qui vient de se dérouler à Lomé ?

D’abord, c’est un appel pour la mutualisation des efforts dans le cadre de la lutte contre les faux médicaments, les médicaments de qualité inferieure ou falsifiés. Parce que les faux médicaments constituent aujourd’hui un véritable problème de santé publique, un véritable danger pour la population africaine. Ce qu’attestent les études qui relèvent que près de 60% des médicaments qui rentrent en Afrique sont des médicaments de qualité inferieure ou des médicaments falsifiés. Or, les médicaments de mauvaise qualité augmentent le taux de morbidité et le taux de mortalité de nos concitoyens.
 
Si le médicament n’est pas de bonne qualité, on ne peut pas avoir une bonne qualité de soin. Nous avons une vision politique et une vision technique. La vision politique, c’est l’engagement des plus hautes autorités, c’est-à-dire de nos chefs d’Etats. Et le sommet de Lomé nous a vraiment démontré que nos chefs d’Etats sont engagés vaille que vaille à lutter contre l’accumulation des faux médicaments en Afrique.

Malgré la récente malheureuse attaque qui a couté la vie à 89 de nos soldats, la délégation du Niger a pris sur elle d’être présente, parce que le trafic des faux médicaments constitue une autre source de la promotion de la criminalité. Aujourd’hui, la promotion des faux médicaments est égale à la promotion de la criminalité transfrontalière et de la criminalité régionale… Les terroristes aujourd’hui utilisent ces faux médicaments pour se faire de l’argent et ensuite s’armer pour créer la désolation sur nos frontières et dans nos pays.
 
Cette initiative n’est pas une initiative de plus, mais une initiative complémentaire pour accompagner nos Etats dans une lutte d’ensemble, pour vraiment mettre fin à la promotion de médicaments illicites, à la promotion de médicaments falsifiés ou de médicaments de mauvaise qualité ou de qualité inférieure. Ce sommet a jeté les bases, c’est un processus qui a démarré depuis des mois et qui va continuer, aujourd’hui le sommet n’en est que la consécration.
 

Vous indiquez que 60 % des médicaments vendus en Afrique seraient de faux médicaments. Y-a-t-il péril en la demeure ?

Bien sûr ! C’est un véritable problème de santé, c’est un danger. Donc, il faut prendre toutes les dispositions. Il faut faire en sorte que les textes qui ont été élaborés puissent être appliqués dans toute leur rigueur. Je me félicite des efforts que déploient chaque pays. Au Bénin par exemple, beaucoup de choses ont été faites avec la fermeture des fausses centrales pharmaceutiques et la lutte acharnée contre les trafiquants. Chez nous au Niger, nous pris les mêmes dispositions, nous avons eu à fermer beaucoup de centrales pharmaceutiques, beaucoup de dépôts ; tout cela pour réduire vraiment le trafic des faux médicaments, puisque les faux médicaments tuent.
 

Quelles sont les caractéristiques générales des faux médicaments ?

Le faux médicament est un médicament qui ne suit pas le circuit normal d’approvisionnement. Un médicament depuis sa naissance (fabrication), doit avoir une autorisation de mise sur le marché, un nom de naissance, une durée de validité, une posologie, les effets secondaires, mais avec les faux médicaments, on ignore l’origine, on ignore l’acte de naissance. La lutte contre les faux médicaments doit être rigoureuse pour décourager les gens qui cherchent à s’enrichir en tuant. Le développement des faux médicaments incite au développement de réseaux de criminalité, parce que c’est l’argent de ces faux médicaments aujourd’hui qui finance  les réseaux criminels.
 

Que dites-vous alors de l’inégale répartition territoriale des pharmacies dans nos pays ?

Ce n’est pas parce qu’on n’arrive pas à couvrir le territoire en pharmacies qu’il faut laisser prospérer les réseaux criminels. L’objectif de nos Etats, c’est d’arriver à une couverture acceptable mais avec de bons médicaments disponibles partout, surtout les médicaments essentiels, génériques ; que ce soit dans le public ou dans le privé. Si l’on arrive à avoir de bons médicaments, il y aura réduction de la morbidité et la mortalité liées à l’accumulation des faux médicaments.
 

La couverture santé universelle peut-elle être l’une des solutions à ce trafic illicite ?

Oui. La couverture santé universelle (CSU) est une solution et on est en pleine mise en œuvre des stratégies de la CSU dans tous nos Etats, à travers la promotion de la santé à base communautaire, la formation accélérée des agents de santé, etc. On est déjà dans la couverture santé universelle quand vous prenez tous nos pays aujourd’hui.

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