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Afrique One Aspire [1] un programme de recherche et de formation qui vise entre autres à former une génération de chercheurs et de praticiens d’Afrique dans l'élimination des zoonoses, vient de fêter la publication de son premier article dans la revue scientifique The Conservation.
 
Cet article paru en juin 2018 sonne comme une reconnaissance pour les travaux menés depuis quelques années et qui établissent que certaines plantes qu’apprécient les chimpanzés pourraient aussi bien soigner des maladies chez l’homme.
 
Pour cela, les chercheurs ont étudié les habitudes alimentaires et le comportement de chimpanzés sauvages du parc national de Taï, dans sud-ouest de la Côte d’Ivoire, à travers une identification et une analyse des feuilles, des fruits et des tiges des végétaux que ces primates mangent.
 
"Nos recherches ont porté principalement sur les propriétés médicinales des plantes qu’ils consomment", lit-on dans l’étude qui a analysé environ 132 extraits issus de 27 plantes choisies selon la fréquence à laquelle elles sont consommées, le temps alloué à leur consommation et la quantité consommée.
 
"Vingt-quatre extraits (18 %) de ces plantes éliminent les bactéries et six (5 %) détruisent les levures à l’origine des candidoses", indique l’étude.
 
A titre d’exemple, l’article affirme que "Tristemma coronatum a une activité à la fois sur les bactéries et les levures, tandis que Beilschmiedia mannii est efficace contre les bactéries, les levures et le cancer".
 
Rémi Constant Ahoua, l’un des auteurs de ces travaux, qui est par ailleurs enseignant à l’université Nangui Abrogoua (Côte d'Ivoire) et chercheur au Centre suisse de recherche scientifique en Côte d’Ivoire (CSRS), explique que l'idée de travailler sur le potentiel thérapeutique des plantes consommées par les chimpanzés a été initiée en 2008 par l’universitaire français Luc Montagnier.
 
D’après Rémi Constant Ahoua, l’étude a été focalisée sur les chimpanzés parce qu'ils sont les êtres les plus proches de l'homme, avec 98% d'ADN [2] en commun.

"Aussi a-t-il été démontré que ces êtres résistent à plusieurs pathogènes partagés avec l'homme lorsqu'ils sont dans leur environnement naturel, alors qu’en captivité, ils dveloppent la maladie", fait observer le chercheur ivoirien.

Nouvelles molécules

Dès lors, dit-il, "l'intérêt de cette étude est la découverte de nouvelles molécules (remèdes) pour la science, qui pourraient être utilisées en médecine humaine pour le traitement des maladies".
 
Les conclusions de cette étude ne sont pas surprenantes pour Emile Toukam, psycho-naturopathe et responsable du cabinet médical le Big Bang, basé à Douala et à Yaoundé au Cameroun.
 
Sachant que les primates consomment beaucoup de fruits, il révèle que "les fruits, et en particulier les fruits sauvages, ont de hautes vertus médicinales ; parce que ce sont généralement des fruits qui n’ont pas été en contact avec les produits chimiques".
 
"Je prendrais l’exemple du safoutier, encore appelé prunier. Quand l’homme consomme les prunes, c’est difficile qu’il soit atteint d’une hypertrophie de la prostate. Tout comme la peau d’orange est bénéfique pour les diabétiques quand c’est bio. Sinon, elle devient plutôt néfaste", illustre Emile Toukam.
 
Pour Éric Tamajong, médecin et directeur technique de la clinique Muna sise à Douala, "il n’y a pas de doute que les plantes sont très importantes pour la médecine. Et depuis la nuit des temps, elles ont toujours constitué un élément essentiel dans le traitement des maladies".
 
"Je puis vous assurer que le traitement du paludisme part d’un arbre dont on extrait simplement une substance qui est utilisée pour soigner cette maladie. La quinine par exemple est un extrait d’une plante", illustre l’intéressé.
 
Ce faisant, Éric Tamajong lève une importante équivoque : "le fait que ces substances soient ensuite conservées pour durer longtemps ne change pas tellement leurs propriétés ; sauf s’il y a des ajouts dans la formule".
 

Médecine naturelle

Et quand bien même ce serait le cas, rassure-t-il, ces médicaments semi-synthétiques ne sont pas toxiques parce qu’il y a eu des études pour déterminer les doses qui peuvent éradiquer ou tuer les microbes sans être nuisibles pour l’organisme".
 
De son point de vue, "ce qui est à déplorer est que certains produits utilisés pour protéger nos plantes ou pour éliminer les insectes sont toxiques pour l’organisme".
 
En tout état de cause, le naturopathe Emile Toukam salue l’étude qui, à ses yeux, constitue un pas de plus dans la reconnaissance des exploits de la médecine naturelle.
 
"J’ai d’ailleurs opté pour cette discipline parce que j’ai vu des personnes mourir d’une cirrhose du foie ou d’un cancer du cerveau alors que la médecine naturelle guérit facilement ces pathologies", affirme-t-il, brandissant des preuves empiriques.
 
SciDev.Net a appris que cette étude est basée sur le concept du "One Health" qui, d’après Rémi Constant Ahoua, "stipule que la médecine humaine et la médecine animale sont les mêmes et que les progrès réalisés pour l'une peuvent être utilisés pour l'autre".
 
A en croire l’universitaire ivoirien, ce concept prend en compte les trois entités que sont l'animal, l'environnement et l'homme.
 
"Au niveau des animaux et de l’environnement, il permet de protéger les chimpanzés qui sont d'ailleurs en voie d'extinction dans les pays africains et aussi de protéger les espèces végétales", précise Rémi Constant Ahoua.



Références

[1] African Science Partnership for Intervention Research Excellence consortium (Partenariat scientifique africain pour l'excellence de la recherche interventionnelle)
[1] Acide désoxyribonucléique 

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