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Madame Aïssata Issoufou Mahamadou, Première dame de la République du Niger, plaide pour que la lutte contre les maladies tropicales négligées bénéficie désormais de la même attention que la lutte contre le paludisme.
 
Le paludisme et les maladies tropicales négligées, communément appelées MTN, ne sont pas toujours examinées en parallèle. Après tout, l'une est bien connue, la communauté internationale travaille depuis des décennies à son élimination, tandis que les autres sont un groupe de maladies qui ont été négligées sur la scène mondiale jusqu'à la dernière décennie.
 
Cependant, il existe de grandes similitudes entre les défis posés par le paludisme et plusieurs de ces MTN, que nous devons utiliser à notre avantage pour les combattre. Une ressemblance se démarque d’ailleurs : ce sont des maladies qui entraînent des changements irréversibles qui sont évitables et traitables.
 
Malgré le faible coût du traitement pour certaines MTN (à peine 300 FCFA par personne et par an), la lutte contre ce groupe de maladies est constamment sous-financée et n'attire pas la même attention que d'autres maladies. 

“Nous devons travailler ensemble pour débarrasser l'Afrique du paludisme et des MTN et ainsi assurer un avenir sain et prospère à notre continent”

Aïssata Issoufou Mahamadou, Première dame du Niger

Pourtant, plus d’1,5 milliard de personnes à travers le monde souffrent directement ou indirectement d'une MTN.[1] Cela signifie qu'en plus de l'impact sur leur santé, les personnes touchées par les MTN et leurs familles peuvent être victimes de stigmatisation ou souffrir de l’incapacité d’aller à l’école ou d’exercer leurs activités professionnelles.
 
Une proportion encore plus grande de personnes (environ la moitié de la population mondiale) vit sous la menace du paludisme, entraînant également des conséquences économiques à vie pour les personnes touchées.
 
En outre, ces maladies et leur impact sur la société entravent les progrès mondiaux vers la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), la couverture sanitaire universelle et le développement économique des Nations en général.

Aïssata Issoufou Mahamadou
Aïssata Issoufou Mahamadou
 
Tout comme le paludisme, la lutte contre les MTN implique à la fois la distribution effective des traitements disponibles, l'amélioration de l'accès aux soins de santé pour les populations les plus marginalisées et vulnérables, le renforcement des systèmes de santé, la sensibilisation et enfin un investissement dans la recherche de traitements et outils innovants.
 
Travailler à réduire le nombre de personnes à risque et contrôler puis éliminer les MTN aux côtés du paludisme dans le cadre des ODD sont une cause qui sauverait des millions de personnes et révolutionnerait la santé mondiale, tout en nécessitant plus de soutien politique.
 

Inégalités

Le paludisme et les MTN sont toutes des maladies reposant sur les inégalités ; elles touchent de manière disproportionnée les femmes, les enfants de moins de cinq ans et les personnes vivant dans l'extrême pauvreté ou les communautés vivant dans des zones reculées. Le paludisme et les MTN ont un impact généralisé sur le développement économique et social des pays d'Afrique et du monde.
 
Plus de 90% du fardeau mondial du paludisme et 40% des MTN sont uniquement concentrés en Afrique.[2] Dès lors, et parce que les systèmes de santé africains ressentent les conséquences de la pandémie COVID-19, il y a un risque élevé pour que l'impact de ces maladies s'intensifie si les personnes affectées ne peuvent pas bénéficier de soins médicaux, ou si l'accès aux outils et traitements préventifs est affecté
 
Au Niger, le paludisme demeure un problème majeur de santé publique et est endémique dans tout le pays. Alors que cette maladie est à l'origine de 50% des décès enregistrés, les enfants de moins de cinq ans représentent 62% du fardeau national porté par le paludisme.[3]
 
Le fait que plus du quart de nos concitoyens décède encore d'une maladie évitable et traitable est inacceptable. C'est pourquoi, en octobre 2018, notre pays a lancé sa campagne nationale « Zéro Palu ! Je m’engage », conçue pour mobiliser tous les secteurs de notre société contre le paludisme.
 

Coalition

Parce que le Niger représente 4% du fardeau mondial du paludisme et 4% des décès dus au paludisme à la même échelle,[4] il est clair que nous devons continuer à travailler dur si nous voulons atteindre notre objectif d'éliminer cette maladie d'ici 2030.
 
Les MTN sont tout aussi répandues au Niger et tous nos 42 districts sanitaires sont touchés par ce groupe de maladies. On estime que 17 millions de personnes sont à risque d'au moins une MTN au niveau national, soit environ 71% de la population.[5] Il est clair que les MTN sont un autre problème de santé publique que nous devons surmonter en tant que Nation, c'est pourquoi l'année dernière nous avons créé la « Coalition nationale pour l’élimination des maladies tropicales négligées ».
La campagne « Zéro Palu ! Je m’engage » et cette « Coalition contre les MTN » présentent une similitude évidente :. En nous unissant, nous pouvons reconnaître l'importance de renforcer les systèmes de santé, mobiliser les communautés et inciter les gouvernements et le secteur privé à prendre des engagements significatifs.
 
J'exhorte les gouvernements et les chefs d'État à augmenter le financement en faveur de ces maladies et à poursuivre les efforts existants pour les éliminer tout au long de la pandémie de la COVID-19. Chaque année, 2 milliards de dollars manquent à la lutte contre le paludisme.
 

Aide au développement

D’autre part, malgré le fait que les interventions de lutte contre les MTN sont l'un des meilleurs investissements de santé publique, seulement 0,6% de l'aide au développement allouée à la santé est dédiée aux MTN qui affectent pourtant environ 20% de la population mondiale.[6] Ceci est une preuve tangible de l'iniquité du financement mondial, qui doit être corrigée.
 
Cette semaine, notre continent célèbre sa première Journée de l'intégration africaine, suite à l’accord du 12è sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine qui s’est déroulé au Niger l'année dernière. Dans l'esprit de cette journée qui commémore l'intégration économique réalisée à travers le continent, nous devons travailler ensemble pour débarrasser l'Afrique du paludisme et des MTN et ainsi assurer un avenir sain et prospère à notre continent.
 
L’impact qu’ont les MTN et le paludisme sur la santé mondiale est évident, toutefois ces maladies sont souvent ignorées. Les maladies tropicales négligées ont été nommées comme telles pour souligner le manque de financement mondial, mais cela ne doit pas continuer.
 
Lorsque nous commençons à négliger certaines maladies, nous négligeons les personnes et les sociétés qu’elles affectent. En ce qui concerne les maladies comme le paludisme, les MTN ou même des virus répandus tels que la COVID-19, nous avons appris que l’inaction n'est pas une option. Nous devons continuer d’aller de l’avant, pour ne pas risquer de reculer.
 

Références

[2] World Health Organisation, World Malaria Report 2019
[4] World Health Organisation, World Malaria Report 2019