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[N’DJAMENA] La ville d’Abéché dans la province du Ouaddai au Tchad connaît depuis quelques semaines une épidémie de chikungunya. Depuis le 14 août, date de la mise en évidence de la maladie, plus de 15 000 personnes, dont environ 1 500 enfants de 1 à 4 ans, ont déjà été infectées.
 
Bien qu’aucun décès ne soit à déplorer pour le moment, les malades continuent d’affluer dans les centres de santé et hôpitaux d’Abéché et de la ville voisine de Biltine.
 
« La situation tend vers une amélioration. La maladie est sous-contrôle, le nombre de cas diminue progressivement. Au début, nous recevions entre 400 et 500 malades par jour, maintenant nous en recevons 200 à 250 par jour », indique Oumar Ramadan, chef du service des urgences de l’hôpital provincial d’Abéché. 

“Tout au début, parmi les malades qui arrivaient dans les centres de santé, beaucoup étaient positifs au test rapide du paludisme. Il était possible que les malades aient les deux maladies à la fois. Mais il n’y avait pas de test pour le chikungunya. Donc, il était difficile de le déceler”

Brahim Hamit, ministère de la Santé, Tchad

C’est au mois de juillet2020 que cette pathologie caractérisée par de la fièvre, des nausées, des douleurs articulaires intenses était apparue à Abéché. Le ministère de la Santé avait alors affirmé que d’après les premières analyses, il s’agissait du paludisme.
 
« Tout au début, parmi les malades qui arrivaient dans les centres de santé, beaucoup étaient positifs au test rapide du paludisme. Il était possible que les malades aient les deux maladies à la fois. Mais il n’y avait pas de test pour le chikungunya. Donc, il était difficile de le déceler », justifie Brahim Hamit, le directeur général technique de lutte contre la maladie et de la promotion de la santé au ministère de la Santé du Tchad..
 
Mais la contagiosité de la pathologie et le nombre croissant des cas avaient inquiété les autorités sanitaires qui avaient demandé des investigations supplémentaires. « Lorsque les cas ont commencé à augmenter, on a pensé à une arbovirose, c’est-à-dire une maladie virale transmise par les insectes. On a pensé au chikungunya, à la dengue, au zika puis les résultats ont révélé le chikungunya », poursuit Brahim Hamit.
 
En effet, lors des investigations épidémiologiques dans la ville d’Abéché au début du mois d’août, il a été mis en évidence la présence d’Aedes aegypti, le moustique vecteur du chikungunya. A la mi-août, les examens des prélèvements biologiques envoyés au Laboratoire mobile de N’Djaména ont révélé le virus du chikungunya ; ce qui a été confirmé par l’Institut Pasteur de Yaoundé (Cameroun) le 26 août 2020.
 
Selon Albachir Mahamat Albachir, doctorant en médecine à l’université de N’Djamena, la méprise dans l’identification de la maladie vient aussi du fait que chaque saison de pluie qui dure entre juin et septembre, les cas de paludisme sont croissants. En plus de ce que les symptômes du paludisme et ceux du chikungunya sont assez semblables.
 
Pour ce dernier, la contagiosité de la maladie est due à la durée assez brève d’incubation du virus. « Après une période d’incubation de 2 à 10 jours, les premiers symptômes apparaissent ; notamment les douleurs des petites articulations. E aussi, le système immunitaire n’est pas préparé à cette nouvelle maladie pour mettre en place un système de défense », explique-t-il.
 

Moustique tigre

A en croire le ministère de la Santé, c’est la toute première fois que le Tchad enregistre une épidémie de chikungunya, une maladie virale provoquée par un virus transmis par la piqûre du moustique tigre, encore appelé Aedes aegypti.
 
Pour l’heure, le ministère de la santé rassure les patients en disant que tous les médicaments sont disponibles pour une prise en charge des malades. Une équipe du ministère a été envoyé en soutien à Abéché pour mettre en place un protocole de traitement. La prise en charge est gratuite bien qu’il n’y ait pas de traitement pour le chikungunya.
 
« La maladie de chikungunya n’a pas de traitement spécifique. Il y a juste un traitement symptomatique. Nous avons reçu des antalgiques et des anti-inflammatoires, notamment le paracétamol. C’est ce que nous prescrivons aux patients », explique Oumar Ramadan.
 
Dans le même temps, des mesures ont été prises pour combattre le vecteur de la maladie. Ainsi, la sensibilisation a débuté dans les médias nationaux et les habitations ont été désinfectées dans 43 quartiers de la ville d’Abéché. En outre, tous les véhicules quittant de la ville d’Abéché pour se rendre dans les autres provinces du pays sont systématiquement désinfectés, selon Brahim Hamit.

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