Republier

Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.

The full article is available here as HTML.

Press Ctrl-C to copy

[MOMBASA] Selon un scientifique, l'Afrique de l'Est pourrait bientôt faire face à la menace d'un ravageur suceur de sève d'agrumes susceptible de provoquer l'effondrement de l'industrie fruitière régionale.

Le psylle asiatique des agrumes (Diaphorina citri) transmet une bactérie qui cause la maladie du dragon jaune, qui à son tour, déforme les fruits et réduit leur valeur commerciale.

Selon la FAO, cette affection, qui provoque des pertes de récoltes pouvant atteindre 100%, est la maladie des agrumes la plus dévastatrice au monde, en raison de sa rapidité de propagation, de la difficulté à la diagnostiquer et des dégâts qu’elle cause.

“Si la question n'est pas examinée, alors dans cinq ans, nous allons avoir une épidémie de psylle asiatique des agrumes à travers l'Afrique.”

Inusa Jacob Ajene, icipe

La FAO ajoute que les petits exploitants sont les plus durement touchés, car ils ne disposent pas des capitaux nécessaires pour gérer la maladie.

En ligne de front pour lutter contre ce ravageur se trouve l'icipe [International Centre of Insect Physiology and Ecology - Centre international de physiologie et d'écologie des insectes, basé au Kenya.]

« L'Icipe travaille en étroite collaboration avec les autorités de réglementation concernées et leur fournit des méthodes, des outils et des technologies tels que des pièges, des appâts, un plan d’échantillonnage et des méthodes permettant de surveiller et de détecter rapidement l’organisme nuisible afin de guider l’intervention et de minimiser la propagation », a déclaré Sunday Ekesi, directeur de recherche et des partenariats à l'Icipe.
 
« Nous préconisons des efforts pour maintenir l'organisme nuisible en dehors d'une zone géographique qu'il n'a pas envahie… et mettre en œuvre des mesures de gestion intensives pour limiter la population d'insectes et limiter sa propagation », ajoute Sunday Ekesi.

Dans un entretien avec SciDev.Net, le chercheur a déclaré qu'en Afrique de l'Est, le ravageur avait été détecté pour la première fois en Éthiopie en 2010.

Mais les scientifiques l'ont également détecté en Tanzanie et au Kenya en 2015 et 2016 respectivement.

« Le psylle des agrumes asiatiques peut vivre dans les zones à climat chaud et froid, car il peut tolérer des températures allant jusqu'à 30 degrés Celsius, alors que le psylle africain, sensible à la chaleur, ne peut se développer qu'à des températures comprises entre 22 et 25 degrés Celsius », a expliqué Sunday Ekesi.

Les agrumes constituent une culture fruitière majeure pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle mondiale et le commerce international.
Les espèces d’importance commerciale généralement connues sont les oranges douces, les citrons, les limes et les pamplemousses.

Selon un rapport de la FAO, la production mondiale annuelle d'agrumes était de 12 millions de tonnes métriques en 2016.

Le Kenya a produit environ 114.000 tonnes d’agrumes, contre 426.000 tonnes pour la Tanzanie.

Le mois dernier (du 3 au 5 décembre), une réunion internationale s'est tenue au Kenya pour discuter des leçons à tirer en matière de gestion de l'organisme nuisible.

« Nous sommes encore loin de développer des cultivars [variété de plante (arbres compris) obtenue en culture, généralement par sélection] résistants, mais c’est un domaine de recherche qui nécessite de l’attention », a déclaré Sunday Ekesi, ajoutant que la propagation du ravageur pourrait provoquer l'effondrement de l’industrie des agrumes au Kenya et dans d’autres pays africains.

Il exhorte les décideurs à agir de toute urgence pour faire face à une imminente catastrophe. Inusa Jacob Ajene, un doctorant qui participe à un programme régional africain en sciences des insectes de l'icipe, ajoute que la situation doit être examinée de manière approfondie, avant qu'il ne soit trop tard.

"Si le problème n'est pas examiné, d'ici à cinq ans, nous aurons une épidémie de psylle asiatique des agrumes en Afrique", a-t-il déclaré.

Kinyua Zachary, responsable de la santé des cultures à l'Organisation de recherche sur le bétail et l'agriculture du Kenya, a quant à lui déclaré à SciDev.Net : « Ce que nous devons faire, c'est générer suffisamment de connaissances sur la manière dont le ravageur affecte les fruits à proximité et sur les efforts déployés pour le gérer.

Thèmes apparentés