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Selon un expert, les gouvernements africains doivent de toute urgence élaborer et mettre en œuvre des normes fondées sur des données factuelles, afin de freiner la montée de l'utilisation inappropriée des opioïdes.
 
L'appel a été lancé après la publication des résultats d'une série de synthèse en trois parties sur la gestion de la douleur et l'utilisation post-chirurgie d'opioïdes, qui font d’état d’une utilisation accrue et abusive d'opioïdes sur ordonnance dans le monde, pendant la dernière décennie.
 
Les opioïdes sont une classe de médicaments habituellement utilisés pour soulager la douleur modérée à sévère, certains pouvant être utilisés pour soulager la toux et la diarrhée.
 
Selon les experts, les patients peuvent créer une dépendance aux opioïdes, entraînant leur mauvaise utilisation. 

“ Certaines sociétés pharmaceutiques ont fortement commercialisé leurs produits pour inciter les cliniciens à prescrire plus d'opioïdes.”

Paul S. Myles, Université Monash

« Certaines sociétés pharmaceutiques ont fortement commercialisé leurs produits, pour inciter les médecins à prescrire davantage d'opioïdes », déclare Paul Myles, co-auteur de l'une des études et responsable de la série, publiée dans la revue The Lancet le mois dernier (13 avril).
 
« Cependant, nous savons qu’il est possible de mieux maîtriser la douleur avec un mélange d’analgésiques, en partie pour réduire le besoin en opioïdes. »
 
La série est issue d’études sur l’utilisation des opioïdes après les chirurgies, la plupart des données provenant de pays à revenu élevé tels que l’Australie, le Canada et les États-Unis.
 
L’une des études indique que les données sur les pharmacies délivrées au Brésil entre 2009 et 2015 ont fait état d’une « augmentation plus de quatre fois supérieure des ventes d'opioïdes au cours de cet intervalle », ce qui suggère que le problème des opioïdes est de portée mondiale.
 
« Pour les pays dans lesquels l'accès aux opioïdes est officiellement limité mais en expansion, les expériences décrites montrent qu'il est important d'établir et de mettre en œuvre des normes fondées sur des preuves, pour encourager la prescription responsable d'opioïdes, tout en promouvant une gestion efficace de la douleur des patients après une chirurgie », ajoute l'étude.
 
Paul Myles, directeur du département d'anesthésie et de médecine périopératoire de l'Université Monash en Australie, explique à SciDev.Net que le problème est en partie lié aux attentes des patients et estime qu'il appelle à une éducation accrue sur les effets négatifs des opioïdes.
 
Paul Myles explique que beaucoup de gens, y compris les médecins et les infirmières, pensent qu'il est préférable de réduire toutes les douleurs et que les analgésiques les plus puissants sont les opioïdes.
 
Les opioïdes sont presque essentiels pour de nombreux types d'opérations, mais ils ne sont généralement nécessaires que pendant quelques jours, voire quelques semaines au maximum, renchérit-il.
 
Selon cette série, les directives et politiques cliniques doivent également permettre de prescrire des opioïdes après une chirurgie, offrant ainsi aux cliniciens des niveaux de prescription par défaut et maximaux.
 
Par exemple, il n’existe actuellement aucun guide sur la durée pendant laquelle les patients opérés doivent rester sous opioïdes.
 
Paul Myles recommande de mieux gérer la douleur après une chirurgie grâce à des médicaments alternatifs sans risque de dépendance.
 
Dave Nkosi, responsable médical du bureau de santé du district de Lilongwe, au Malawi, a déclaré : « Au Malawi, les problèmes de dépendance [aux opioïdes] sont principalement gérés par un système de contrôle strict de l'accès aux médicaments prescrits dans les hôpitaux. »
 
Dave Nkosi ajoute que, parfois, des opioïdes peuvent être disponibles en dehors des hôpitaux, y compris dans les marchés, ce qui peut conduire à une utilisation abusive, car les gens peuvent en obtenir sans ordonnance.

Références

Mark D. Neuman et autres - Prescription inappropriée d'opioïdes après une chirurgie (The Lancet, 13 avril 2019)

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