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Selon des chercheurs, l'Afrique doit agir rapidement pour diagnostiquer et traiter l'hépatite C, si le continent espère parvenir à l'éradication de la maladie d'ici à 2030, à l'instar du reste du monde.

L'hépatite C désigne désigne toute inflammation aiguë ou chronique du foie ; elle est causée par le virus de l'hépatite C et peut entraîner une maladie grave et persistante. 

Selon l’OMS, environ 71 millions de personnes dans le monde sont atteintes de l’hépatite C chronique, mais il n’existe actuellement aucun vaccin permettant de prévenir cette maladie, qui peut provoquer un cancer du foie.

Ainsi, le dépistage des personnes à risque, telles que celles infectées par le VIH, est une stratégie de contrôle essentielle.

« Nous devons inciter les gouvernements à élaborer des plans nationaux [visant à lutter contre l'hépatite C] », a déclaré Emma Thomson, chargée de d'enseignement clinique au Centre de recherche sur les virus de l'Université de Glasgow, au Royaume-Uni, dans un entretien avec SciDev.Net.

“Nous devons pousser les gouvernements à élaborer des plans nationaux [visant à lutter] contre l'hépatite C.”

Emma Thomson, Centre de recherche sur les virus de l'Université de Glasgow

Emma Thomson ajoute qu’il y a environ dix millions de cas d’hépatite C en Afrique et que la République démocratique du Congo et le Nigéria sont particulièrement touchés.

Il y a environ 400.000 décès par an dans le monde dus à l'hépatite C. L'année dernière, Emma Thomson et une équipe de chercheurs ont publié une étude dans le Journal of Hepatology, qui montrait que sur 7.751 Ougandais testés pour l'hépatite C, 266 (environ 3,4%) étaient porteurs du virus.

Des tests supplémentaires ont permis d'identifier deux nouvelles souches du virus en Ouganda.

L’équipe a également identifié une nouvelle souche de l’hépatite C chez deux patients de la République démocratique du Congo qui ont été testés.

Les chercheurs estiment que les trois nouvelles souches du virus de l'hépatite C identifiées en Afrique subsaharienne pourraient être difficiles à traiter.

Les recherches sur la maladie en Afrique subsaharienne et dans d'autres régions à faible revenu ont été limitées, principalement en raison d'un manque de financement.

Selon l’OMS, environ 95% des personnes atteintes de l’hépatite C peuvent être soignées avec des médicaments antiviraux, mais l’accès au diagnostic et au traitement est limité, en particulier en Afrique subsaharienne.

En 2016, l'OMS a annoncé son objectif d'éliminer l'hépatite C en tant que problème de santé publique d'ici 2030.

« Le fait que les médicaments antiviraux ne soient pas aussi efficaces sur les nouvelles souches devrait être alarmant », déclare Marianne Mureithi, chargée de cours au département de microbiologie médicale de l’Université de Nairobi, au Kenya.

« Cela signifie que la lutte contre l'hépatite C en Afrique est devenue plus compliquée qu'on ne le pensait et qu'un plan stratégique clair doit être élaboré pour que l'OMS atteigne son objectif de débarrasser le monde du virus d'ici 2030. »
 
L’Afrique doit améliorer ses capacités de dépistage, car cela permettra aux chercheurs et aux décideurs politiques de comprendre la gravité de la maladie dans leur pays et de prendre des décisions éclairées sur la manière de la combattre, explique encore Marianne Mureithi.

« Alors que de nombreux pays de la région auraient du mal à financer leurs propres programmes de recherche, un projet de collaboration régional impliquant plusieurs pays présentant les mêmes souches identifiées pourrait être la solution », poursuit-elle.

Si plusieurs pays partagent le fardeau financier et collaborent avec l'OMS, les médicaments antiviraux pour les souches nouvellement découvertes pourraient être mis au point plus rapidement, au lieu d'attendre que les sociétés pharmaceutiques occidentales consacrent leurs efforts de recherche et développement à leur développement.

Références

Chris Davis et autres. De nouvelles souches très diverses de l'hépatite C détectées en Afrique subsaharienne ont une sensibilité inconnue aux traitements antiviraux à action directe (Journal of Hepatology, 2 novembre 2018).

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