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"Mon passage à cette fondation l’an dernier a été un facteur déterminant dans mon choix de m’inscrire à la filière de génie biomédical au moment d’entrer à l’université". C’est avec passion qu’Esther Rosane Bimaï, raconte son expérience à la Fondation Rubisadt de Douala au Cameroun.
 
Créé en 1993, cet établissement s’est donné pour mission de susciter l’intérêt des jeunes filles pour les STEM (science, technology, engineering and mathematics)[1] à travers des formations pratiques, suivies de compétitions entre groupes de filles sur des projets qu’elles ont proposés pour résoudre un problème précis
 
C’est pendant les vacances scolaires de 2017 alors qu’Esther Rosane Bimaï est dans l’attente des résultats du Baccalauréat qu’elle participe aux activités de cette fondation.

“Notre objectif, c’est qu’elles sachent, dès le bas âge qui elles sont, quels sont leurs rêves. Et quand elles arrivent quelque part, qu’elles puissent identifier des problèmes et qu’elles y recherchent des solutions qu’elles peuvent implémenter”

Florence Tobo Lobé, présidente de la Fondation Rubisadt

 
"En discutant dans mon groupe qui s’appelait Smart African girls[2], nous avons constaté que de plus en plus de jeunes ne parlent plus leurs langues maternelles qui risquent de disparaître au profit du français et de l’anglais. Nous avons alors décidé de créer un robot qui apprend aux enfants à parler leurs langues maternelles", raconte la jeune fille.
 
"Pour faire fonctionner le robot baptisé Mallé[3], nous avions aussi créé une application qu’il fallait d’abord télécharger sur Playstore afin de choisir le niveau d’apprentissage entre débutant, intermédiaire et avancé", ajoute Esther Rosane Bimaï.
 
Grâce à ce robot (photo ci-dessous), le groupe Smart African Girls était parvenu en finale ; mais n’avait pu remporter la compétition parce que l’appareil s’était enrayé.
 Robot Rubisadt 2
Néanmoins, dit l’étudiante de 18 ans, "cette expérience m’a vraiment galvanisée et m’a permis de comprendre que je peux réaliser de grandes choses".
 
Aussi opte-t-elle pour la filière de génie biomédical de l’Institut universitaire de technologie de Douala dès l’annonce de son succès au baccalauréat quelques jours plus tard.
 
"J’ai choisi cette filière parce que je pourrai être ingénieur de conception et fabriquer par exemple des prothèses", ambitionne l’étudiante qui, même si elle n’est encore qu’en première année, projette déjà, avec ses camarades, "de fabriquer un robot pouvant travailler sur les maladies cardiaques".
 
C’est tout ce qu’espérait Florence Tobo Lobé, la présidente de la fondation Rubisadt : "voir une nouvelle génération de jeunes filles qui sont ambitieuses et qui aiment les STEM, et contribuer ainsi à baisser le taux de déperdition scolaire chez les filles".
 
Interrogée par SciDev.Net, cette dernière s’explique : "Là où les filles sont scolarisées, elles sont les meilleures de la 6ème en 3ème. A partir de la seconde, leurs résultats commencent à chuter et lorsque vous arrivez en terminale, elles sont très peu qui s’inscrivent dans les filières scientifiques. A l’université, ce problème s’accentue et dans les centres de recherche scientifique, il y a beaucoup trop peu de femmes encore".
 

Inverser la tendance


Pour aider à inverser cette tendance, la fondation qui projette d’ouvrir cette année un institut, organise une gamme d’activités, parmi lesquelles les journées d’éveil aux STEM et les camps annuels d’excellence scientifique.
 
"Notre objectif, c’est qu’elles sachent, dès le bas âge qui elles sont, quels sont leurs rêves. Nous voulons aussi que quand elles arrivent quelque part, qu’elles puissent identifier des problèmes et qu’elles y recherchent des solutions qu’elles peuvent implémenter", explique Florence Tobo Lobé.
 
A la Fondation, l’on peut d’ailleurs voir plusieurs autres robots construits par les promotions successives d’élèves. A l’instar de celui qui soulève des charges ou de celui qui explore les mines…
 
"Les filles sont d’abord formées à la partie mécanique pour le montage et à la partie programmation pour l’intelligence de leur robot. Puis, à l’aide d’un logiciel, elles font un modèle sur ordinateur et ce logiciel ressort un film qui leur montre les étapes d’assemblage de leur robot", explique Guy Constant Zoa, ingénieur en mécatronique et bénévole à la Fondation.
 
Ce dernier indique que l'établissement entend à l’avenir travailler avec des imprimantes 3D "pour sortir des produits qui peuvent directement être commercialisés", et accorder un peu plus de temps au programme, "question de permettre aux jeunes filles de mieux exprimer leur savoir-faire".

Références


[1] Science, technologie, ingénierie et mathématiques
[2] Filles africaines intelligentes
[3] Maître en langue bassa’a, parlée dans la région de Douala