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[KIGALI] C’est dans un grand bâtiment situé dans la zone économique spéciale de Masoro, à Kigali (Rwanda) que se trouvent les lignes de production du "MaraPhone", le tout premier smartphone entièrement fabriqué en Afrique.
 
L’usine est constituée d’une quinzaine de rangées d’assemblage électronique presque entièrement automatisées, les opérateurs présents dans l’usine se contentant pour l’essentiel de veiller au bon fonctionnement des machines et à l’emballage des téléphones au bout de la chaîne.
 
Tout commence par une simple carte-mère vierge ; matériau est ensuite inséré dans une première machine en début de chaîne. Les opérateurs d'autres machines s’emploient ensuite à alimenter les machines en composants constitués en grande majorité de transistors contenant les puces qui commandent toutes les fonctions de l’appareil.

“Nous nous sommes fixé pour objectif d'investir dans une chaîne de production de haute qualité, et cela doit aller de pair avec le renforcement des capacités des ressources humaines”

Ashish Thakkar, président-directeur général de « MaraPhones Group ».

Une fois les cartes-mères remplies, les opérateurs enchaînent avec le processus d'assemblage du téléphone, avec par exemple l’insertion des derniers composants, parmi lesquels les écrans, avant de procéder au test du téléphone, suivi de son emballage et de sa mise sur le marché.
 
Mais avant de sortir de l’usine, les téléphones et leurs accessoires, tous fabriqués sur place par la même unité, passent plusieurs heures dans des caissons qui font monter la température afin de tester leur capacité à résister aux chocs thermiques.

Un employé de Maraphone devant sa station de travail, au siège de l'organisation. Crédit Photo : SDN/Aimable Twahirwa


 
« Dans un premier temps, l'usine va avoir un rythme de production de 1.000 et 1.200 smartphones par jour », explique Eddie Sebera, le représentant de "MaraPhones" au Rwanda, dans un entretien accordé à SciDev.Net.
 
Mais l’on apprend des promoteurs de l’usine que sa capacité de production est de l’ordre de deux millions d’unités par an.
 
C’est au début du mois d’octobre que l’entrepreneur rwandais Ashish Thakkar a lancé les premiers modèles de « MaraPhones », fruit d’un investissement initial de quelque 50 millions de dollars américains.
 

Main d’œuvre locale

 
Cette unité de production emploie une abondante main d'œuvre locale qui représente 90% de l'effectif d’environ 200 personnes recrutées par l'usine avec une projection d'atteindre 650 employés dans un proche avenir.
 
« Nous nous sommes fixé pour objectif d'investir dans une chaîne de production de haute qualité, et cela doit aller de pair avec le renforcement des capacités des ressources humaines », affirme Ashish Thakkar, propriétaire et président-directeur général de « MaraPhones Group ».
 
« Notre objectif est de nous assurer que tous les matériaux utilisés et les finitions sont de meilleure qualité et disponibles à des prix défiant toute concurrence sur marché local et sous-régional », explique Eddie Sebera.
 
Les responsables de l'usine indiquent que ce premier smartphone « 100% made in Rwanda » va privilégier l'utilisation d'une interface permettant un développement plus rapide des mises à jour avec des applications supplémentaires.
 
« L'objectif est de proposer un smartphone fonctionnel à bas prix et doté d'un design sobre avec une longue autonomie grâce à sa batterie », affirme Eddie Sebera.
 

Modèles

 
Pour l’instant, deux modèles sortent des lignes de production rwandaises : le Mara X doté d’un écran de 5,5 pouces et le Mara Z avec un processeur plus puissant, pourvu d’un écran HD de 5,7 pouces, tous deux étant équipés du système d’exploitation Android avec son cortège d'applications.
 
Côté coût, la version X est vendue à 175.750 francs rwandais, soit 130 dollars américains, contre 190 dollars pour la version Z.
 
Pour sa part, le gouvernement dit avoir pris des dispositions pour soutenir cette entreprise. « Pour orienter ces innovations, les incitations fiscales en faveur de ces investissements figurent en bonne place dans l'arsenal des mesures déployées par le gouvernement », affirme Paula Ingabire, la ministre rwandaise chargée de l'Innovation et des technologies de l'information et de la communication (TIC).
 
Le pays mise en effet sur l'accélération des ventes de ce smartphone de fabrication locale pour réduire progressivement la fracture numérique.