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Lorsque les petits producteurs agricoles plantent des arbres et des arbustes sur leurs terres, cela augmente leurs revenus de près de 50 dollars par personne et par an, a révélé une étude.
 
Cette pratique, connue sous le nom d'agroforesterie, a longtemps été promue comme un moyen de protéger l'environnement en réduisant le risque de sécheresse et en prévenant l'érosion des sols.
 
Cependant, l’étude réalisée au Kenya révèle qu'il existe également une incitation économique pour les agriculteurs à l'adopter.
 
« Cela représente un peu moins de 50 dollars par an et par habitant, soit environ 3% des dépenses totales de consommation des ménages », explique Karl Hughes au World Agroforestry Centre, qui était l'auteur principal de l'étude. 

“La plupart des agriculteurs ruraux n'ont peut-être pas adopté cette pratique faute d'informations sur le besoin d'agroforesterie”

Augustine Bunyasi, producteur agricole

Au cours de l'étude, publiée dans la revue World Development ce mois de janvier 2020, l'équipe a étudié le niveau de croissance des arbres et des arbustes chez 432 petits exploitants dans 60 villages kenyans où l'agroforesterie était promue depuis plus d'une décennie.
 
Ils ont jumelé 61 villages n'utilisant pas l'agroforesterie aux 60 villages des comtés de Bungoma et Kakamega au Kenya où Vi Agroforestry, un programme d'organisations non gouvernementales suédoises, avait promu l'agroforesterie auprès des petits exploitants.
 
Judith Oduol, co-auteur de l'étude et économiste agricole au World Agroforestry Centre, dit que si l'agroforesterie a été promue pour son potentiel de réhabilitation des paysages dégradés, son potentiel d'amélioration du statut des bénéficiaires en termes de revenus des ménages, de sécurité alimentaire et d'aide aux populations pour faire face aux conséquences du changement climatique sont limitées en raison de leur faible adoption.
 
« L'adoption de l'agroforesterie et d'autres pratiques de gestion des ressources naturelles est encore faible dans les pays à faible revenu », explique Judith Oduol, ajoutant qu'il est nécessaire d’avoir de nouvelles approches pour stimuler l'extension et l'adoption d'interventions agroforestières innovantes.
 
Mais Augustine Bunyasi, un petit producteur qui a adopté l'agroforesterie il y a une dizaine d'années, dit que la plupart des agriculteurs ruraux n'ont peut-être pas adopté cette pratique faute d'informations sur le besoin d'agroforesterie.
 
« Un agriculteur veut comprendre pourquoi chaque activité à la ferme compte », explique Bunyasi. Il appelle à une sensibilisation accrue, en particulier sur les avantages socio-économiques pour les petits exploitants dans les villages.

Défis

Cela, dit-il, devrait être fait par le biais de groupes de pairs pour avoir un impact durable plutôt que d'utiliser des non-locaux pour sensibiliser les petits exploitants.
 
Oscar Simanto, chef du département de la gestion et de la vulgarisation forestière au Kenya, dit qu'il n'est pas surpris que l'étude ait révélé que l'agroforesterie avait augmenté les revenus des ménages des petits exploitants.
 
« Le pouvoir des systèmes agroforestiers en tant que source importante de revenus ruraux et de nourriture n'a pas encore été pleinement exploité », explique-t-il à SciDev.Net.
 
Il cite les défis auxquels est confrontée l'agroforesterie au Kenya, notamment le partage biaisé des avantages en faveur des hommes au niveau des ménages, le faible accès aux marchés et la faible capacité institutionnelle des associations à représenter les intérêts des agriculteurs.
 
Oscar Simanto déclare également que les services de soutien des travailleurs agricoles, qui enseignent aux agriculteurs de nouvelles connaissances et pratiques pour les aider à acquérir les informations essentielles nécessaires à la culture d'arbres de qualité, sont inadéquats.
 
« Pour que l'agroforesterie prospère au-delà de la subsistance, le gouvernement devrait délibérément fournir une politique et un environnement législatif propices et des incitations à son développement », conclut-il.

Références

Karl Hughes and others Assessing the downstream socioeconomic impacts of agroforestry in Kenya (World Development, 7 January 2020).