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"90% de l'eau embouteillée et 83% de l’eau du robinet contiennent des particules de plastique". Soulignées dans le rapport "State of plastics : world environment day outlook 2018" [1], produit à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement 2018 qui se célèbre ce 5 juin, ces données en disent long sur l’ampleur du péril plastique aujourd’hui.

Au soutien de ce constat, le document, produit par le Programme des Nations unies pour l’Environnement, indique qu’un million de bouteilles en plastique sont achetées chaque minute tandis que cinq trillions de sacs en plastique sont utilisés chaque année à travers la planète.
 
"Si les modes actuels de consommation et de gestion des déchets se poursuivent, il y aura environ 12 milliards de tonnes de déchets plastiques dans l'environnement d'ici 2050", met en garde ledit rapport.

Les mesures incitatives mises en place par les producteurs de ces bouteilles ne sont pas suffisantes pour que la collecte soit effective.

Sidi Baré - Ministère de l’Environnement du Cameroun

D’où le thème de l’édition 2018 de la journée mondiale de l’environnement qui est "Combattre la pollution plastique", assorti de la mention : "Refusez ce que vous ne pouvez pas réutiliser".

Dans son message de circonstance, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres se veut même plus direct : "Bannissez les produits en plastique à usage unique".

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Ces produits sont souvent cités comme responsables de l’aggravation de la pollution plastique dans le monde ; en particulier dans les pays en développement, où les bouteilles d’eau minérale et de boissons gazeuses, ainsi que les sachets en plastique font partie du paysage.

Au Cameroun par exemple où l’on produit 600.000 tonnes de déchets plastiques par an, nombre de drains, de rivières et de rigoles de la ville de Douala sont obstrués par ces bouteilles qui provoquent des inondations au moment des fortes pluies.



"Dans le nord du pays, les animaux ingèrent en grand nombre ces emballages plastiques et cela entraine un fort taux de mortalité chez ces bêtes", ajoute Sidi Baré, ingénieur agronome et délégué du ministère de l’Environnement du Cameroun dans la région de Douala.

Si peu de chiffres circulent sur l’impact de la pollution plastique sur la vie et la santé de l’homme, il semblerait que pour l’heure, ce soit la faune aquatique qui en pâtisse le plus…

D’après le "State of plastics" 2018, quelques 100.000 animaux marins meurent chaque année du fait des 13 millions de tonnes de plastique qui sont déversées dans les mers et océans tous les ans.

Modèle circulaire

"À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, nous demandons à tous les gouvernements de promulguer des lois robustes pour freiner la production et l'utilisation de plastiques à usage unique", lance par conséquent l’ONU.
 
Il est en effet question de se tourner vers un modèle circulaire de conception et de production de plastiques à travers des bouteilles et des sachets qui peuvent être réutilisés au lieu d’être jetés dans la nature après usage.

Léonard Ellang Engamba, chef de service Environnement à la Société anonyme des brasseries du Cameroun (SABC) justifie l’option actuelle des bouteilles à usage unique : "Il y a d’abord un problème hygiénique. Avec le comportement de nos populations, on sait qu’un peu de tout se retrouve dans les bouteilles. Alors, vu leur composition et par rapport à notre activité, il est donc très difficile de nettoyer ces bouteilles pour les réutiliser".

D’autant plus que, poursuit-il, "en les réutilisant, on peut activer certaines réactions chimiques susceptibles de nuire à la santé du consommateur".

Sidi Baré pense pour sa part que si les sociétés émettrices de bouteilles en plastique ne les collectent pas en vue de leur réutilisation, cela tient en grande partie au coût de l’opération.

"Les mesures incitatives mises en place par les producteurs de ces bouteilles ne sont pas suffisantes pour que la collecte soit effective. Par exemple, donner 100 FCFA de contrepartie au consommateur qui ramène 1kg de bouteilles n’est pas encourageant pour ce dernier", explique-t-il.

Stratégie

Justement, en 2012, la SABC et Hysacam (société en charge de la collecte des ordures ménagères) ont lancé une campagne dénommée Plastic Récup pour collecter les bouteilles en plastique. Hélas, l’opération n’a pas connu le succès escompté…

Pour autant, les initiatives de collecte des matières plastiques continuent de se multiplier à l’instigation des différents acteurs sociaux.

Pour le gouvernement du Cameroun, le projet est clair : "Notre stratégie vise à retirer de la circulation 40% du plastique, à recycler 30% et le reste pourra être éliminé par incinération", confie Pierre Hélé, le ministre de l’Environnement.
 

Du côté de la SABC, première entreprise brassicole du Cameroun avec 300 millions de bouteilles en plastique produites par an, un autre partenariat a été signé, cette fois avec une société de recyclage appelée Namé Recycling.

A en croire Diane Djaba, l’une des responsables, l’objectif est de "collecter 350 tonnes de plastiques. Une fois ces déchets collectés, ils sont traités et broyés. Nous utilisons ensuite des flocons pour en faire des fils qu’on utilise pour attacher les marchandises afin de faciliter leur transport".

Beaucoup d’autres programmes de recyclage existent à travers le pays, à l’instar de la fabrication de pavés par une organisation dénommée Cœur d’Afrique.

Références

[1] THE STATE OF PLASTICS - World Environment Day Outlook 2018

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