Republier

Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.

The full article is available here as HTML.

Press Ctrl-C to copy

Des chercheurs appellent les décideurs africains à agir urgemment pour contrôler l’utilisation des néonicotinoïdes, une classe de pesticides qui constituent une menace pour l’écosystème et la sécurité alimentaire et qui ont déjà été interdits par l’Union Européenne.
 
Les néonicotinoïdes sont des pesticides utilisés dans des produits servant à la protection des plantes, pour combattre les insectes nuisibles.
 
Des études antérieures menées par le Conseil consultatif scientifique des académies européennes et d’autres organisations, sur les effets nocifs des néonicotinoïdes sur les écosystèmes ont abouti à des actions en matière de régulation, puis à l’interdiction de plusieurs néonicotinoïdes dans l’Union Européenne, affirme Enock Dankyi, représentant de l’Académie des arts et sciences du Ghana.

“Les services de vulgarisation devraient être indépendants des fournisseurs de pesticides et devraient inclure une formation en agriculture durable. ”

Sue Nicholson, Université de Pretoria, Afrique du Sud

« Il était donc opportun d’examiner dans quelle mesure les préoccupations concernant les effets des néonicotinoïdes sur les services écosystémiques plus vastes devraient s’appliquer à l’Afrique », a ajouté Enock Dankyi, qui a participé à des ateliers pour évaluer les impacts potentiels des insecticides en Afrique.
 
Enock Dankyi, chargé de cours au département de chimie de l'Université du Ghana, estime qu'une action urgente est nécessaire pour empêcher que la durabilité de l'agriculture et de la biodiversité en Afrique ne se détériore davantage à la suite d'une utilisation aveugle et préventive des néonicotinoïdes.
 
Selon un rapport publié par le Réseau des académies africaines des sciences le 11 novembre, l'utilisation accrue de pesticides tels que les néonicotinoïdes en Afrique est nocive pour l'environnement et réduit la pollinisation et le contrôle naturel des insectes nuisibles, mettant ainsi en péril la sécurité alimentaire du continent.
 
« Cet examen conclut qu'une réglementation plus stricte des insecticides est nécessaire dans toute l'Afrique et que les bonnes pratiques agricoles en matière de protection des végétaux doivent être encouragées pour assurer une agriculture durable qui protège l'environnement, la santé humaine et la biodiversité », indique le rapport.
 
« Au cœur de cela, il faudrait maximiser l'utilisation de moyens de lutte naturels pour équilibrer la pression des insectes nuisibles et réduire le besoin de pesticides. »
 
Les effets néfastes des néonicotinoïdes comprennent la perte de colonies d'abeilles mellifères et la contamination des produits agricoles, des sols et des systèmes d'eau douce par des résidus de néonicotinoïdes, a déclaré Enock Dankyi.
 
« Les résidus dans les échantillons de miel et de pollen recueillis dans les comtés de Kiambu et de Nairobi [au Kenya] ont indiqué que 14,4% des pesticides utilisés sur les cultures cultivées autour des ruchers étaient des néonicotinoïdes », ajoute le rapport.
 
Enock Dankyi explique que les services bénéfiques offerts par la nature, tels que la pollinisation et la lutte antiparasitaire naturelle, constituent l'un des fondements de l'agriculture durable dont dépend la sécurité alimentaire future.
 
« Les insectes utiles augmentent la productivité agricole et la qualité des cultures. Ils sont aussi importants, sinon plus, dans le contexte africain que dans le reste du monde », a-t-il ajouté.
 
Christian Pirk, professeur d'écologie chimique et comportementale et responsable du groupe de recherche sur les insectes sociaux à l'Université de Pretoria, en Afrique du Sud, ajoute que les insecticides à base de néonicotinoïdes sont maintenant homologués et utilisés dans la plupart des pays africains.
 
Le rapport examine les données disponibles sur l’Afrique, notamment sur l’ampleur de l’utilisation, la contamination et les effets sur les écosystèmes, ainsi que sur la poursuite des recherches, la réglementation et la mise en application.
 
Il indique que l'utilisation globale de pesticides en Afrique semble représenter entre 2,1 et 6,8% de l'utilisation mondiale de pesticides.
 
Des discussions sur l’utilisation des néonicotinoïdes ont été engagées entre l’Académie des sciences d’Afrique du Sud, l’Académie nationale allemande des sciences-Leopoldina et le Partenariat InterAcademy en 2017.
 
« Des recherches sur les néonicotinoïdes en Afrique avaient déjà été menées bien avant cela; la quantité de preuves vient juste d’atteindre le point que suffisamment de données étaient disponibles pour produire un tel rapport », explique Christian Pirk à SciDev.Net.
 
Les informations sur les néonicotinoïdes ont été recueillies auprès d'experts de pays africains, notamment du Bénin, du Botswana, du Cameroun, d'Éthiopie, d'Égypte, du Ghana, du Kenya, du Malawi, du Sénégal, d'Afrique du Sud, d'Ouganda et du Zimbabwe.
 
Volker ter Meulen, président du Partenariat InterAcademy, qui a collaboré avec le Réseau des académies africaines des sciences pour produire ce rapport, a déclaré qu'il espérait que celui-ci « amorcerait un changement d'avis concernant l'application de ce groupe de pesticides dans l'agriculture africaine pour protéger la biodiversité. »
 
Sue Nicholson, professeur au département de zoologie et d'entomologie de l'Université de Pretoria, en Afrique du Sud, explique à SciDev.Net que le rapport est important, car il s'agit de la première évaluation des néonicotinoïdes en Afrique.

Références