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Selon un expert, il est urgent que les décideurs en matière de santé renforcent l'accès rapide et sûr à la césarienne en Afrique, afin de réduire le nombre de décès de mères et de nouveau-nés, à la suite de cette procédure chirurgicale.

L'OMS indique que les pays d'Asie du Sud et d'Afrique subsaharienne comptent pour 85% des décès maternels et 73% des décès néonatals dans le monde.

Bruce M. Biccard, anesthésiste et enseignant à l'Université du Cap, en Afrique du Sud, qui a dirigé une étude multicentrique ayant révélé que le nombre de femmes et de nouveau-nés décédés après une césarienne en Afrique était plus élevé que celui des pays à revenu élevé, indique que les décideurs doivent agir rapidement et rendre la césarienne plus sûre, car l’Afrique reste en deçà du niveau minimum de procédure médicale.

“Pour le moment, cette étude montre que nous perdons des mères de familles et des enfants sont arrachés à l'affection de leurs familles.”

Bruce M. Biccard, Université du Cap, Afrique du Sud

Une césarienne est une intervention chirurgicale qui consiste à couper la paroi abdominale d’une mère pour l’accoucher. « Les mères et les enfants sont un élément important de l'intégrité et de l'avenir de toute société », a-t-il déclaré à SciDev.Net.

« Pour le moment, cette étude montre que nous perdons des mères de famille, que la mort arrache des enfants à leurs familles et les enfants qui survivent ont un risque accru d'épilepsie. »

L'étude, menée en 2016 dans 22 pays d'Afrique et publiée dans le numéro d'avril de la revue Lancet Global Health, a révélé que les mères africaines présentent au moins 50 fois plus de risques de mourir après une césarienne que les mères des pays à revenu élevé.

Il s'agissait d'une étude observationnelle prospective portant sur toutes les césariennes pendant une semaine de chirurgie en Afrique.
Le suivi était jusqu'à la sortie de l'hôpital.

Les 22 pays incluent l’Algérie, le Bénin, le Burundi, le Cameroun, le Ghana, le Kenya, Madagascar, la Namibie, le Nigéria, l’Afrique du Sud et la Zambie.
 
L’étude, qui visait à déterminer la situation des mères et des bébés africains, après une césarienne en raison du manque de données sur le sujet, a révélé qu’après la procédure médicale, le décès des mères en Afrique était 50 fois plus élevé que celui des femmes des pays à revenu élevé, alors que les décès de nouveau-nés en Afrique étaient deux fois plus élevés que dans les pays à revenu élevé et que le risque d'épilepsie était deux à 11 fois plus élevé chez les nouveau-nés.
 
Selon Bruce Biccard, beaucoup meurent d'une césarienne en Afrique, en raison de facteurs tels que le manque d'accès à la chirurgie et les ressources humaines limitées pour gérer la procédure.
 
Mais le taux de césariennes est inférieur à celui attendu pour fournir des soins obstétricaux sûrs en Afrique, explique-t-il.
 
Les solutions comprennent la sensibilisation, l’augmentation de l’accès précoce aux soins liés à l’accouchement et la formation de spécialistes à la gestion de l’accouchement et des césariennes.
 
Marleen Temmerman, gynécologue, professeure et directrice du Centre d'excellence pour la santé des femmes et des enfants de l'Université Aga Khan, au Kenya, a déclaré qu'il était nécessaire de prendre en compte la qualité des soins dispensés pendant la grossesse et l'accouchement.
 
« Le problème est que les femmes et les bébés qui ont besoin d’une césarienne et n’ont pas accès au système mourront en raison de complications. D'autre part, en Afrique également, trop de césariennes sont pratiquées là où cela n'est pas nécessaire, ce qui peut entraîner des complications… lors des grossesses suivantes », explique Marleen Temmerman.
 
« Une césarienne devrait être disponible au besoin pour toutes les femmes à risque par un personnel bien formé et dans des installations bien équipées », dit-elle.
 
Cet article a été produit par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net.

Références

Bruce M Biccard et autres - Maternal and neonatal outcomes after caesarean delivery in the African Surgical Outcomes Study: a 7-day prospective observational cohort study (Lancet Global Health, avril 2019).