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L’administration à dose unique de deux variantes d'un vaccin mis au point récemment est capable de prévenir à la fois la survenue de cinq grandes maladies au total qui ravagent le bétail, en particulier en Afrique.
 
Le premier de ces vaccins, appelé LSDV[1]-RVF[2]-PPR[3], prévient à la fois la dermatose nodulaire contagieuse, la variole ovine, la variole caprine, la fièvre de la vallée Rift et la peste des petits ruminants (5 en 1).
 
Le second, baptisé LSDV-RVF, est pour sa part destiné à l’Afrique australe où la peste des petits ruminants est inexistante et est donc efficace contre les quatre autres patholgies (4 en 1). 

“Des vaccins combinés offrent la possibilité de vacciner contre une maladie pour laquelle l’éleveur est fortement motivé, tout en vaccinant en même temps contre une autre maladie pour laquelle l’éleveur n’a que peu d’intérêt”

Matthew Stone, directeur général adjoint, OIE

SciDev.Net a appris auprès des chercheurs que les deux produits ont été mis au point et testés jusqu'au stade de la démonstration de faisabilité, en utilisant le virus de la dermatose nodulaire contagieuse (LSD) comme principal pilier.
 
Par exemple, outre la LSD, « le premier vaccin protège contre la fièvre de la vallée du Rift (FVR) et la peste des petits ruminants (PPR) », décrit David B. Wallace, l’un des auteurs de ces travaux.
 
« Étant donné que le virus de la variole ovine et celui de la variole caprine sont étroitement liés au virus LSD, nous avons également constaté une protection des ovins et des caprins contre ces maladies en utilisant ce même vaccin », ajoute l’intéressé qui est aussi chercheur principal à l’Institut de recherche vétérinaire d’Onderstepoort[4] (ARC-OVR) à Prétoria (Afrique du Sud).
 
Développés par des chercheurs canadiens et sud-africains avec l’appui du CRDI (Centre de recherches pour le développement international), ces vaccins sont actuellement dans la phase des tests sur le terrain et d’homologation qui sera suivie par leur commercialisation.
 
En attendant, David B. Wallace, en présente les autres spécificités. « Ces vaccins sont thermostables, explique-t-il. Cela éliminera le besoin de les transporter et de les stocker à basse température et réduira ainsi son prix ».
 
« Cela évitera également le problème d'efficacité réduite rencontré avec les vaccins existants lorsqu'ils sont stockés à des températures incorrectes », ajoute le chercheur.
 
« Le coût de ces vaccins sera réduit du fait que l'agriculteur achètera un vaccin unique qui protègera contre plusieurs maladies plutôt que d'acheter individuellement un vaccin pour chaque maladie », précise-t-il.
 

Normes

Cet argument du coût est aussi apprécié à l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Interrogé par SciDev.Net, Matthew Stone, son directeur général adjoint relève que « l’offre de vaccins pour l’élevage est généralement suffisante, de bonne qualité et financièrement abordable ».
 
Mais, il souligne avec force que, « les coûts d’acheminement du vaccin de l’usine à l’animal peuvent tripler ou quadrupler le coût du vaccin même, surtout dans des zones reculées avec des infrastructures et services insuffisamment développés ».
 
Néanmoins, sur le caractère thermostable de ces vaccins, l’Organisation se montre un peu plus réservée. « De nombreux produits sont commercialisés comme étant thermo-tolérants, mais sont souvent à peine plus "tolérants" que les vaccins classiques qui nécessitent un maintien de la température autour de 4°C », indique Matthew Stone.
 
Par conséquent, ajoute-t-il, « l’OIE développe actuellement des normes pour définir exactement ce que signifie la thermo-tolérance ».
 
Pour sa part, Emil Berberov préfère mettre l’accent sur une autre spécificité de ces vaccins qui est qu'ils sont fabriqués avec une technologie flexible qui peut « permettre d'adapter la protection en ajoutant ou en supprimant des maladies, y compris celles qui se présenteront dans le futur ».
 
« La méthode d’insertion de parties de virus étrangers dans le LSDV nous permet d’insérer des parties de tout autre virus et d’adapter ainsi le profil protecteur du vaccin aux maladies qui ont le plus fort impact négatif à tout moment dans le futur », explique ce dernier qui est chef de projet au Centre international pour les vaccins (VIDO-InterVac), le laboratoire canadien qui a participé à la préparation desdits vaccins.
 

Maladies prioritaires

Selon les explications de ce chercheur, cela est possible car les vaccins utilisent le virus de la dermatose nodulaire contagieuse comme vecteur. Un virus conçu, à l’en croire, par manipulation génétique pour ne pas provoquer de maladie chez les animaux vaccinés, et pour produire des parties des virus responsables de la fièvre de la vallée du Rift et de la peste des petits ruminants.
 
« Ainsi, un animal vacciné développe une immunité contre la dermatose nodulaire contagieuse la variole ovine et caprine, dont les virus ressemblent beaucoup au virus de la dermatose nodulaire, et contre la fièvre de la vallée du Rift. »
 
« En plus de ces maladies, l’autre vaccin protège aussi contre la peste des petits ruminants, car il contient des éléments du virus de cette maladie », conclut Emil Berberov.
 
A en croire l’OIE, les maladies ciblées par ces différents vaccins sont parmi les priorités en matière de santé animale.
 
« Les cinq maladies sont considérées comme très importantes sur le plan international. A l’échelle de la région Afrique, la lutte contre la peste des petits ruminants et la fièvre de la vallée du Rift figure parmi les priorités », indique Matthew Stone.
 
Celui-ci invite au passage les Etats à identifier les priorités nationales relevant de la santé animale et de la santé publique vétérinaire à travers des analyses épidémiologiques et économiques.
 
« Un des défis majeurs, en Afrique comme ailleurs dans le monde, est de motiver des éleveurs à poursuivre la vaccination de leurs animaux au moment où, grâce à cette même vaccination par le passé, la maladie n’apparait pratiquement plus », dit le dirigeant de l’OIE.
 

Peste porcine africaine

Dans cette perspective, croit-il savoir, « des vaccins combinés offrent la possibilité de vacciner contre une maladie pour laquelle l’éleveur est fortement motivé, tout en vaccinant en même temps contre une autre maladie pour laquelle l’éleveur n’a que peu d’intérêt ».
 
Pour cela David B. Wallace évoque aussi la simplification de la tâche pour les vétérinaires qu’apportent les nouveaux vaccins : « L'avantage de ces vaccins est que les animaux ne doivent être manipulés qu'une seule fois pour l'administration du vaccin afin de les protéger contre plusieurs maladies ».
 
Ce qui constitue, remarque-t-il, un gain de temps quand on sait que les éleveurs en Afrique ne disposent généralement pas d'installations adéquates pour le traitement des animaux, rendant particulièrement pénible la tâche des vétérinaires qui doivent vacciner de gros animaux.
 
Selon le CRDI, le projet de recherche qui a duré de 2014 à 2018 vise entre autres à combattre la propagation des maladies afin d’accroître les revenus des petits agriculteurs grâce à une réduction des pertes, du fait de troupeaux en meilleure santé et plus productifs.
 
Le programme a d'ailleurs permis dans la foulée la fabrication d’un troisième vaccin qui vise uniquement la prévention de la peste porcine africaine.

Références

[1] Lumpy Skin Disease Virus (virus de la dermatose nodulaire contagieuse)
[2] Rift Valley Fever (Fièvre de la vallée du Rift)
[3] Peste des petits ruminants
[4] ARC-Onderstepoort Veterinary Research (ARC-OVR) (Institute)

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