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Selon une étude sur l’impact du changement climatique sur le commerce régional du bétail, la Côte d’Ivoire risque de connaître une réduction de plus de 50% du flux commercial de bétail (bœufs, moutons, cabris) vers son sol à partir du Mali et du Burkina Faso, ses principaux pourvoyeurs en la matière, en cas d’une hausse des température de l’ordre de 0,5°C.
 
Or, selon des projections, le hausse de la température dans ces pays sahéliens pourrait avoisiner 1°C à l’horizon 2050.
 
D’après la principale auteure de l’investigation, Ariane Amin, chercheure associée au CSRS-CI, les projections du climat futur montrent que ce risque de réduction de l’approvisionnement en bétail n’est pas négligeable pour les décennies à venir.
 
« Le modèle de gravité a montré qu’une hausse de 1°C des températures minimales dans la zone soudanienne du Mali et du Burkina Faso pourrait entraîner une réduction potentielle de 85% des exportations de bovins vers la Côte d’Ivoire », précise cette scientifique qui officie également à l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. 

“Cette augmentation de température va causer des problèmes de santé au niveau du bétail, provoquer une hausse de la mortalité et impacter les conditions de nutrition du bétail”

Inza Koné, directeur du CSRS-CI

« Cette augmentation de température va causer des problèmes de santé au niveau du bétail, provoquer une hausse de la mortalité et impacter les conditions de nutrition du bétail au niveau de l’eau et du fourrage. Ce qui va aussi impacter les coûts d’approvisionnement de la Côte d’Ivoire à partir du Sahel », explique pour sa part le superviseur de cette étude, Inza Koné, interrogé par SciDev.Net.
 
Or, le marché ivoirien du bétail est fortement dépendant du Mali et du Burkina Faso, les deux voisins du Nord, qui l’approvisionnent aussi bien par les moyens de transports classiques (camions, trains), qu’à travers la transhumance transfrontalière informelle.
 
Cette étude a été menée par le Centre suisse de recherche scientifique en Côte d’Ivoire (CSRS-CI), en collaboration avec Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD).
 
Ses résultats ont été présentés à l’occasion d’un atelier tenu du 22 au 23 juillet 2020 à Grand-Bassam, non loin d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne, en présence d’acteurs locaux de la filière bétail.
 
Pour faire face à cette menace, les chercheurs exhortent la Côte d’Ivoire et ses voisins de la sous-région à « anticiper », à travers une approche régionale visant à réduire l’action de l’homme sur le climat.
 

Initiatives solidaires

Le changement climatique constituant une problématique transversale, les scientifiques encouragent surtout les Etats à des initiatives solidaires pour améliorer la résilience. Car, estiment-ils, autant la Côte d’Ivoire ne sera jamais assez productives en bétail pour rivaliser avec ses voisins sahéliens, autant ceux-ci auront besoin de toujours produire pour exporter leurs produits vers la Côte d’Ivoire.
 
« Dans un élan de solidarité, la Côte d’Ivoire peut mettre l’accent sur la production du fourrage plutôt que sur le développement de l’élevage parce qu’il ne sera jamais aussi compétitif que les pays sahéliens au niveau de l’élevage. Mais au niveau de la production fourragère, il a tous les atouts », préconise Inza Koné, par ailleurs directeur du CSRS-CI.
 
Cette solution aura aussi pour avantage de permettre de mieux maitriser la transhumance informelle, et de réduire par la même occasion les risques de conflits.
 
Toutefois, un préalable serait, selon le secrétaire général de l'Interprofession de la Fédération nationale de la filière viande et bétail de Côte d'Ivoire, Pierre N'Guetta, de mettre en valeur les ranchs qui existent déjà sur le territoire ivoirien.
 
« Car, explique ce dernier, la transhumance est liée à la recherche d’eau et de nourriture pour les bêtes ».
 
L’étude sur l’impact du changement climatique sur le commerce régional du bétail en Côte d’Ivoire, s’inscrit dans le cadre l’initiative “Climate Research 4 Development[1] exécutée par l’Académie Africaine des Sciences (AAS).
 
En dépit des politiques de développement de l’élevage déployées ces dernières années par ses autorités, la Côte d’Ivoire en était, en 2019, à une production locale de 63 000 tonnes de viande par an selon les chiffres officiels. Ce qui couvre seulement 48% de ses besoins.

Références

[1] Recherche climatique pour le développement