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Une étude publiée le 10 janvier dernier dans The Review of Higher Education par des chercheurs de l’université de Binghamton dans l’Etat de New York (Etats-Unis) révèle que les universités les mieux classées ne garantissent pas nécessairement une meilleure expérience éducative aux étudiants.
 
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont travaillé sur un échantillon de 80.000 étudiants issus des 64 établissements qui ont participé au National Survey of Student Engagement (NSSE) aux Etats-Unis.
 
Le NSSE est une enquête annuelle destinée à évaluer le degré de participation des étudiants à des activités pédagogiques à même d’induire leur succès, "comme l'effort individuel, la collaboration entre pairs ou l'interaction avec le corps professoral", précise John D. Zilvinskis, l’un des auteurs de l’étude.
 
Le chercheur, qui est également professeur adjoint d'administration des affaires étudiantes à l’université de Binghamton, ajoute : "notre étude a constaté que les étudiants sont tout aussi susceptibles d'être engagés dans les institutions de rang inférieur que dans celles de rang supérieur".
 
"Cela est juste une preuve supplémentaire que les critères de classement, basés sur les pratiques institutionnelles et la politique gouvernementale, ne sont pas liés à l'engagement des étudiants de premier cycle", conclut John D. Zilvinskis.

Formation et recherche
 
Jemaiel Ben Brahim, directeur régional de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) en Afrique de l’Ouest, appelle aussi à la prudence dans la lecture des classements…
 
"Les établissements d’enseignement supérieur sont des organisations complexes dont les activités couvrent des missions très larges (formation, recherche, innovation, valorisation et transfert technologique) et la plupart des classements internationaux ont tendance à représenter chacune de ces organisations par un score, par un seul point et à hiérarchiser tous les points sur un axe unique", estime-t-il.
 
Et d’ajouter : "Ces classements favorisent les grandes universités et donnent une place importante à la fonction recherche via l’analyse bibliométrique ; mais aucun classement international n’offre la granularité requise pour comparer les programmes de formation. Les méthodologies déployées permettent difficilement d’apprécier la qualité de la formation".
 
"Cet exercice est donc très réducteur et sans renier le lien indissociable entre l’enseignement et la recherche, la dimension formation n’impacte qu’à la marge ces classements", poursuit l’intéressé.

Apprentissage en petits groupes
 
C’est dire si Jemaiel Ben Brahim comprend la conclusion de l’étude américaine. Des universités de petite taille "confiant les cours de première année à des enseignants chercheurs confirmés, organisant l’apprentissage en petits groupes, offrant un accompagnement personnalisé des étudiants, favorisant le contrôle continu des connaissances et des aptitudes…, exercent plus d’attrait sur les étudiants que de grandes universités figurant en bonne place dans les classements internationaux", souligne-t-il.
 
"Mais, nuance-t-il, à l’inverse, le fait de ne pas figurer en bonne place dans les classements internationaux, comme c’est le cas des universités francophones d’Afrique, ne permet pas d’affirmer que la mission de formation y est correctement accomplie".
 
Au final, John D. Zilvinskis invite "les futurs étudiants et les parents à en apprendre davantage sur l'expérience réelle des étudiants à l'université qu'ils sollicitent".
 
Par exemple en interrogeant les anciens étudiants sur l'expérience éducative, la prévalence des activités éducatives comme la recherche au premier cycle ou les stages.

Références

[1] Enquête nationale sur la participation étudiante