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[DOUALA] La communauté scientifique appelle à ne pas baisser la garde, après la confirmation de l’efficacité de deux médicaments contre la maladie à virus Ébola, en République démocratique du Congo (RDC).
 
« Avoir des médicaments n’a de sens que si on arrive à mettre fin à l’épidémie. Il va falloir amener les communautés à référer tous les patients dans les centres de traitement, pour qu’ils reçoivent les médicaments qui viennent d’être validés », plaide Yap Boum II, enseignant-chercheur à la faculté de médecine de l’université de Yaoundé I, au Cameroun.
 
Un avis que partage Anthony S. Fauci, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID), aux Etats-Unis, pour qui la protection des populations contre la maladie doit demeurer de mise.
 
« La lutte contre l'épidémie, dit-il, passe également par la prévention de la propagation de l'infection, ce qui requiert de bonnes mesures de santé publique telles que l'identification des personnes infectées, l'isolement, la recherche des contacts et l'administration de vaccins aux contacts et contacts des contacts des personnes infectées ».
 
Pour le chercheur américain, il est très probable que le vaccin rVSV-ZEBOV, produit par l’entreprise pharmaceutique américaine Merck & Co, ait beaucoup contribué à contenir l’épidémie en RDC.
 
Sauf que, relève Yap Boum II, un seul vaccin contre une maladie comme Ébola n’est pas suffisant. Et il encourage l’évaluation en cours en Ouganda et bientôt en RDC du MVA-BN, le vaccin proposé par la firme américaine Johnson & Johnson.
 
Interrogé par SciDev.Net, l’universitaire explique qu’on aurait ainsi « deux vaccins complémentaires, en ce sens que le rVSV ZEBOV est utilisé pour stopper une épidémie, alors que le MVA-BN serait plutôt utilisé dans le cadre d’une stratégie de prévention à plus ou moins long terme ».
 
Enfin, les chercheurs estiment qu’au-delà de la disponibilité de médicaments efficaces, la lutte contre Ébola passe aussi par l’engagement communautaire, la surveillance et la fin des conflits pour permettre aux travailleurs de la santé d’atteindre les patients et vice-versa.
 
C’est le 12 août dernier que la communauté scientifique a annoncé dans plusieurs communications la mise sur pied de deux médicaments efficaces dans le traitement de la maladie à virus Ébola.
 
Les deux médicaments en question sont le REGN-EB3 et le mAb114, des produits constitués d’anticorps monoclonaux développés respectivement par les laboratoires américains Regeneron et Ridgeback Biotherapeutics.
 

Anticorps monoclonaux

 
« Ces médicaments sont des anticorps monoclonaux, c’est-à-dire que ce sont des molécules qui identifient de manière spécifique le virus lorsqu’il est présent dans l’organisme. Et une fois que ces anticorps ont entouré le virus, celui-ci est neutralisé et éliminé », explique Yap Boum II.
 
« Ces anticorps monoclonaux sont dirigés contre un composant important du virus. Ils se lient au virus et le neutralisent, afin que l'infection ne puisse pas continuer chez la personne infectée », renchérit Anthony S. Fauci, dans un entretien avec SciDev.Net.
 
À en croire Yap Boum II, qui a participé à l’étude en tant que chercheur à Epicentre (un programme d’activités et de recherche épidémiologiques mis en place par Médecins sans frontières), cette action est d’ailleurs très rapide.
 
« Une perfusion de mAb114, par exemple, va permettre tout de suite de voir l’évolution positive du patient. Et cette évolution est encore plus immédiate si le patient arrive tôt à l’hôpital. Cela porte sa probabilité de guérir à plus de 90% », dit-il.
 
Ces deux médicaments ont émergé d’une série d’essais et de tests réalisés en RDC et qui portaient sur quatre produits au total, comprenant aussi le ZMapp et le Remdesivir.
 
« Il s'agissait du tout premier essai portant sur plusieurs médicaments anti-Ébola. Il a été mis en œuvre dans un cadre très difficile », indiquait Mike Ryan, directeur exécutif du programme des urgences de l'OMS, lors d’une conférence de presse, le 12 août.
 

Taux de mortalité de 6%


Au final, il est apparu que le REGN-EB3 et le mAb114 présentent les meilleurs résultats, avec des taux de mortalité 29 % pour le premier et de 34% pour le second, tandis que le ZMapp affiche 49% et le Remdesivir, 53%.
 
En comparaison, au terme de l’épidémie qui avait endeuillé la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria, entre 2014 et 2016, l’OMS avait comptabilisé 28.616 personnes touchées et 11.310 morts.
 
« Nous constatons des résultats plus remarquables encore pour les personnes qui reçoivent les soins tôt », a confirmé Mike Ryan, lors de la conférence de presse.
 
Les essais ont en effet montré que les taux de mortalité sont encore plus faibles dans les groupes de patients qui commencent le traitement aussitôt qu’ils sont infectés, soit de l’ordre de 6% pour le REGN-EB3 et 11% pour le mAb114.
 
« Je n'utilise pas le mot "guérir". Il est plus approprié de dire qu'il existe maintenant des données scientifiquement fiables qui ont montré que le REGN-EB3 et le mAb114) peuvent réduire de manière significative le taux de mortalité des patients atteints de la maladie à virus Ébola », nuance tout de même Anthony S. Fauci.
 
Ce dernier se dit toutefois convaincu que cela donnera beaucoup d'espoir aux personnes atteintes du virus Ébola qui, auparavant, ne disposaient d'aucun traitement « efficace ».
 
 

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