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Le Togo vient de lancer une plateforme numérique pour le contrôle et l'approvisionnement en eau potable en zone rurale.
 
L'initiative, dénommée Sofie (Suivi des Ouvrages de Forage et des Indicateurs pour l'Eau), est une technologie basée sur la téléphonie mobile et a pour but d'assurer aux populations un approvisionnement continu et permanent en eau potable.

“Quand les ouvrages tombaient en panne, il fallait attendre des pouvoirs publics pendant plusieurs mois pour réparer les forages, parce que les pouvoirs publics n’étaient pas informés des problèmes de forage.”

Cina Lawson, ministre des Postes, de l'Économie Numérique et des Innovations Technologiques - Togo

La plateforme permet de suivre en temps réel le fonctionnement des ouvrages de forage d'eau, en détectant et en localisant des pannes sur ces installations.
 
« Quand les ouvrages tombaient en panne, il fallait attendre des pouvoirs publics pendant plusieurs mois pour réparer les forages, parce que les pouvoirs publics n’étaient pas informés des problèmes de forage », affirme Cina Lawson, la ministre togolaise des Postes, de l'Économie Numérique et des Innovations Technologiques.
 
Cina Lawson souligne que « cette plateforme est un système qui permet aux populations de signaler la panne sur un numéro vert et le forage qui correspond au numéro de la localité d’où provient l’appel passe au rouge sur la carte des forages du ministère. »
 
Le projet a été lancé en collaboration avec son homologue Antoine Gbegbeni, ministre de l'Eau, de l'équipement rural et de l'hydraulique villageoise.
 
Le président du « Comité Eau » de Togblekopé, une localité située à quelques kilomètres de Lomé, la capitale togolaise, précise pour sa part que « Sofie permet à la population d'informer les services concernés à temps, en cas de panne. Il suffit de prendre son téléphone portable et d’envoyer le numéro 1020 et les données sur la panne sont signalées. »
 
Un dispositif lumineux est installé sur les ouvrages hydroélectriques et la panne est signalée par une lumière rouge.
 
C'est à partir de là qu'interviennent des agents du « Comité Eau ». Ces sont des personnes issues des communautés rurales dans lesquelles le projet est mené.
 
Ces personnes ont été formées sur la technique et l’usage de Sofie et sont dotées d'un téléphone portable. Elles sont chargées de signaler et de remonter par ce téléphone l'information concernant les pannes et les problèmes constatés.
 
L'agent du « Comité Eau » appelle un serveur vocal accessible au numéro gratuit 1020. Le serveur identifie le numéro de téléphone et le localise grâce aux données GPS du forage et la nature de la panne est analysée.
 
Un SMS est ensuite envoyé automatiquement à un réparateur à qui toutes les informations sur les défaillances de l'ouvrage, ainsi qu'une commande des réparations sont envoyées.
 
Le réparateur confirme à son tour au serveur qu'il accepte la commande puis il se rend dans la localité et sur le lieu de la panne avec le matériel nécessaire pour procéder aux réparations, le tout dans un délai de 72 heures.
 
« Quand les forages tombaient en panne, on manquait d'eau potable et cela nous exposait à des maladies ; maintenant, il y a une amélioration avec Sofie », confie une habitante de Togblekopé.
 
L'eau infectée, contaminée par des bactéries ou impropre à la consommation peut être à l'origine de maladies comme le choléra, la diarrhée, l'hépatite A ou E, la méningite ou la poliomyélite.
 
Sofie permet ainsi d'assurer un accès permanent à l'eau potable aux populations rurales.
 
Selon le gouvernement togolais, 2.406 forages répartis sur 114 cantons ont bénéficié à ce jour du dispositif Sofie et le projet a aussi permis de former plus de 4.812 agents au sein des « Comités Eau », ainsi que 200 artisans réparateurs.
 
Selon les données fournies par les autorités togolaises, le gouvernement, en collaboration avec des partenaires au développement, a mis en place un vaste programme de construction de puits et de forages en milieu rural, qui a permis d'installer 9.460 forages dans des villages.
 
D’après les autorités togolaises, pour assurer le bon fonctionnement des installations à ces populations longtemps privées d'infrastructures en eau, un système d'informations dénommé PROGRES avait été mis en place par la direction générale de l'Eau et de l'Assainissement (DGEA), chargée de la gestion des ouvrages.
 
Mais très vite, ce système s'est avéré inopérant, étant donné qu'il ne permettait pas d'assurer en temps réel le suivi des forages. Les villages restaient donc sans eau en cas de panne pendant des mois, avant la réparation des installations.
 
Pour ces autorités, Sofie vient à point nommé pour corriger les anomalies constatées dans les précédents projets et qui privaient les populations des zones rurales d'eau potable dont elles ont besoin.
 
En 2010, l'Organisation des Nations unies (ONU) a reconnu que « le droit à l'eau potable et à l'assainissement est un droit de l'homme, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l'exercice de tous les droits de l'homme ».
 
Selon l'ONU, des milliards de personnes dans le monde ne disposent toujours pas d'eau potable, chez elles, à l'école, dans les villages, dans les champs, ou à l'usine et ces personnes luttent pour survivre et se développer.
 
A l'occasion de la journée mondiale de l'eau célébrée le 22 mars dernier et qui avait pour thème "Ne laisser personne de côté", les Nations unies ont voulu rappeler la principale promesse du Programme de développement durable à l'horizon 2030, qui stipule que tout le monde doit pouvoir bénéficier des progrès accomplis en matière de développement durable.
 
En matière d'accès pour tous à l'eau potable, les groupes marginalisés tels que les femmes, les enfants, les réfugiés, les peuples autochtones, les personnes handicapées et beaucoup d'autres, y compris ceux en milieu rural, sont souvent négligés et font parfois l'objet de discrimination quand ils essaient d'accéder à l'eau potable dont ils ont besoin.
 
Au Togo, selon un rapport sur l'aide publique au développement publié en 2017, 57% de la population a accès à l'eau potable et selon des chiffres du Fonds des Nations unies pour l'Enfance (Unicef) datant de 2016, 39% de la population rurale togolaise n'a pas accès à une source d'eau améliorée.

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