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[YAOUNDE] Réunis dans la capitale camerounaise du 10 au 12 mars à la faveur du symposium international sur l’agroforesterie dans la culture du cacao, des chercheurs, enseignants, producteurs et autres experts appellent à promouvoir une cacaoculture durable et respectueuse de l’environnement.
 
Selon les spécialistes présents à cette conférence organisée par le Centre International pour la recherche en agroforesterie (ICRAF), cela passe par un système agroforestier. C’est-à-dire un système qui associe aux cacaoyers des arbres d’ombrage.
 
« Nous essayons de pousser les gens à davantage planter les arbres et à lutter contre la déforestation », explique Christian Djuideu, membre du comité scientifique du symposium et doctorant à la faculté des Sciences de l’université de Yaoundé I au Cameroun

“Avec l'agroforesterie, tout au long de l’année, il va y avoir un produit qui va rapporter de l’argent ou de la nourriture aux producteurs, pour qu’ils n’attendent plus la récolte du cacao pour avoir des ressources”

Ann Degrande, ICRAF

A en croire les participants à ce symposium, le cacaoyer est une plante qui n’aime pas la lumière du soleil et qui a plutôt besoin d’ombrage pour pouvoir s’épanouir. « Par contre, en enlevant ces arbres, on a remarqué qu’il a beaucoup de problèmes, à l’instar des parasites qui attaquent plus le cacaoyer quand il exposé au soleil », précise Christian Djuideu.
 
En conséquence, Ann Degrande encourage des systèmes qui permettent non seulement de produire du cacao, mais aussi d’avoir d’autres produits et services en associant des arbres qui sont utiles, soit pour la consommation, soit pour la commercialisation. A l’exemple des arbres fruitiers : citronniers, orangers, mandariniers, manguiers, voire des palmiers à huile…
 
« On crée ainsi des systèmes plus durables sur le plan écologique, mais aussi sur le plan économique parce que nous apportons une diversification », fait remarquer la représentante de l’ICRAF pour l’Afrique centrale.
 
« Tout au long de l’année, il va y avoir un produit qui va rapporter de l’argent ou de la nourriture aux producteurs, pour qu’ils n’attendent plus la récolte du cacao pour avoir des ressources », ajoute Ann Degrande.
 
Dans le même ordre d’idées, les chercheurs pensent que les producteurs peuvent aussi planter des essences forestières et les couper après un certain temps pour les vendre ou pour en faire du bois d’œuvre.
 

Volet social

Au-delà des bénéfices économiques de ce système agroforestier, les chercheurs mettent un accent particulier sur le volet social. Dans beaucoup de pays producteurs de cacao, relève Ann Degrande, le cacao est un produit qui est toujours géré par l’homme.
 
Les femmes et les jeunes qui apportent pourtant une contribution importante lors des phases de production, de récolte et de post-récolte du cacao, ne bénéficiant pas des revenus issus de ce travail.
 
Pour y faire face, l’ICRAF implémente un programme d’accompagnement des femmes à travers le « Djangsan ». C’est un produit qui est cultivé et vendu par les femmes et qui leur rapporte pas mal de revenus.
 
« Quand ce produit est intégré dans la cacaoyère, on peut dire que la cacaoyère sur le plan social, devient plus durable », confie Ann Degrande.
 
Cependant, Géraldine Sonkoue Tchiadze, la directrice exécutive de la Confédération nationale des producteurs de cacao et café du Cameroun, regrette la pression que subissent les cacaoculteurs en ce qui concerne la production durable.
 
A l’en croire, ce système de production requiert « beaucoup d’efforts et beaucoup d’activités supplémentaires comparativement à ce que les producteurs ont l’habitude de faire au quotidien ».
 
« Aujourd’hui, on pose les problématiques de déforestation et de changement climatique ; mais en retour, on a tendance à oublier la question du revenu vital. Si ce sont ces problématiques qui sont mises au centre en excluant la notion du revenu vital du producteur, nous ne pouvons jamais avoir de production durable », affirme Géraldine Sonkoue Tchiadze.
 
Cette dernière s’explique en ajoutant que si le producteur ne peut pas satisfaire ses besoins primaires, il ne pourra pas non plus mettre en œuvre toutes les exigences d’une production durable.